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Ministère de la Défense : Le CFOP demande un audit et une enquête parlementaire

Ministère de la Défense : Le CFOP demande un audit et une enquête parlementaire

 

Lors de son traditionnel point de presse qu’il a donné le mardi 26 novembre 2019 à Ouagadougou, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) au Burkina Faso a donné sa lecture de l’actualité. Mamadou Dicko, président de la NAFA (Nouvelle alliance du Faso), et Abdoulaye Arba, président du PMP (Parti des militants pour le peuple), sont montés à l’offensive et ont décoché des flèches contre le MPP et ses alliés qu’ils accusent d’être responsables de la crise sécuritaire que connaît le Burkina Faso, dénoncé l’absence de cadre réglementaire pour le recrutement annoncé des volontaires de la défense, demandé un audit des comptes de l’armée.

    

 

 

Comme à l’accoutumée, le CFOP a commencé son point de presse par l’affaire de Yirgou. «Nous sommes au 329e jour des massacres de Yirgou, jusque-là justice n’a pas été faite. La triste manière dont nos autorités ont traité l’affaire Yirgou fait qu’il y a des velléités de récidive», s’est alarmé Mamoudou Dicko de la NAFA, à qui est revenu l’honneur de lire la déclaration liminaire.

 

Quand la France peint le Burkina Faso en rouge sur la carte sécuritaire, et que l’ambassade des Etats-Unis décide de rapatrier les enfants de son personnel, cela «fait évidemment mal » au CFOP. Mais pour l’Opposition politique, en pareille situation, «ce n’est pas le thermomètre qu’il faut casser, c’est la fièvre qu’il faut soigner». Et M. Dicko d’assener : «Le problème pour notre pays, c’est le pouvoir du MPP». Pour le conférencier du jour, «les Burkinabè ont confié la destinée du pays à un pouvoir incompétent, qui est en train de détruire les fondements de notre nation». Pour avoir «livré le Burkina aux terroristes» et devant «l’échec lamentable», l’Opposition politique interpelle les militants du MPP et des partis de la majorité sur leurs responsabilités.

 

C’est dans ce contexte délétère que le CFOP a pris connaissance de la note du CEMGA (Chef d’état-major des armées) qui suspend l’examen des demandes de démission  et de disponibilité. «C’est très grave, car cette note révèle que de nombreux éléments de nos Forces de défense et de sécurité (FDS) sont en train de quitter les rangs», a indiqué M. Dicko.  Puis il a poursuivi : «C’est le lieu pour l’Opposition politique de lancer un appel solennel à tous les membres de nos FDS à ne pas abandonner le navire en ces moments difficiles de la vie de la nation». La note du CEMGA ramène à l’ordre du jour la question des effectifs dans l’armée. «Aucune main n’est de trop», et c’est pourquoi l’Opposition politique déclare «qu’elle n’est pas contre le principe de recruter des volontaires de la défense». Cependant, elle déplore que jusque-là «aucune disposition juridique n’ait été prise pour encadrer l’initiative. Ce qui démontre l’impréparation et le tâtonnement qui entourent l’idée ». Autre fait  marquant  indexé  par le CFOP, c’est le problème autour de l’audit des comptes du ministère de la Défense.  «L’Opposition politique s’insurge contre l’interdiction qui est faite à l’inspecteur général Marius Ibriga et à ses collègues de l’ASCE/LC» de fouiller dans les comptes de l’armée. Selon M. Dicko, aucune disposition légale ne permet au gouvernement d’opposer le secret-défense à l’ASCE/LC, dont les membres sont du reste assermentés et soumis au secret professionnel. Le CFOP demande qu’on lève le secret-défense qu’on oppose à l’ASCE/LC. Pour elle, cette demande est plus que jamais pressante suite aux révélations du journal  «La lettre du continent» du 20 novembre 2019 qui fait état des liens du président Roch Marc Christian Kaboré avec Rafi Dermardirossian, marchant d’armes franco-libanais. Cet homme d’affaires aurait facilité l’achat, l’année dernière, d’un hélicoptère de combat pour l’armée burkinabè. «Combien ont coûté cet hélicoptère et toutes les autres armes lourdes» acquises par son entremise ?  Afin de faire la lumière sur l’argent destiné aux achats d’armes, l’Opposition politique demande que l’Assemblée nationale initie dans les meilleurs délais «une enquête parlementaire» sur ce dossier. Ces derniers temps, des rumeurs font croire à l’opinion publique que le président du Faso a refusé de renouveler des contrats militaires et financiers avec la France pour une période de 75 ans. L’Opposition politique y réagit en déclarant aux Burkinabè «qu’il s’agit d’un gros mensonge véhiculé par le MPP. Il n’existe pas de contrats sur le franc CFA que le président Roch Kaboré a refusé de signer ou de renouveler», il n’a pas non plus refusé de signer un quelconque  accord militaire avec la France. Au contraire, «les accords militaires en vigueur entre le Burkina et la France ont été signés par le président du Faso le 17 décembre 2018».

 

Concernant les allégations de la Majorité présidentielle accusant le général Djibrill Bassolé de détenir la «liste des terroristes», le CFOP estime que «le MPP a perdu les pédales».

 

 

Dieudonné Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 27 novembre 2019 17:53

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