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Parlement de la CEDEAO : Session budgétaire sur fond de préoccupations sécuritaires

Parlement de la CEDEAO : Session budgétaire sur fond de préoccupations sécuritaires

 

La deuxième et dernière session ordinaire de l’année 2019 du Parlement de la CEDEAO se tient actuellement à Abuja. Elle a été ouverte le 20 novembre  sous la direction de son président, le Sénégalais Moustapha Cissé Lo, en présence d’illustres invités dont le vice-président du sénat nigérian et le président de la Cour de justice de la CEDEAO. La clôture des travaux interviendra le 14 décembre.

 

 

C’est l’amphithéâtre du Centre internationale de conférences d’Abuja, dont une aile sert de siège au Parlement de La Communauté qui fait office d’hémicycle pour les députés de la CEDEAO. 96 députés sur les 115 que compte l’institution prennent part aux débats de la présente session qui se déroulent en plénières, en commissions et en ateliers. Outre le principal sujet à l’ordre du jour, l’adoption du budget de la Communauté exercice 2020, cette session, à travers l’examen des rapports-pays des 15 Etats membres se penche sur les problèmes de sécurité, de dialogue politique et d’intégration économique de la région ouest-africaine.

 

Le Parlement examinera également plusieurs autres saisines de la Commission de la CEDEAO notamment celles portant  sur le règlement relatif au programme régional pour la facilitation de la fourniture des produits pétroliers dans la région , le plan d’action 2019-2023 de la Communauté sur le retour des biens culturels africains dans leurs pays d’origine et la directive sur les normes minimales pour l’harmonisation des législations du travail des Etats membres.

 

Bien que ces sujets soient importants dans la poursuite des objectifs communautaires d’intégration, il faut rappeler que l’examen et l’adoption du  budget reste le point focal de cette session. Le président du Parlement communautaire, Moustapha Cissé Lo, l’a d’ailleurs souligné en déclarant à l’ouverture des travaux que « c’est un moment très attendu parce que c’est l’occasion où la Commission de la CEDEAO, le Comité de l’administration et des finances (CAF) et le Parlementcommunautaire engagent collectivement leurs responsabilités sur les moyens financiers à mettre en œuvre afin de répondre aux attentes légitimes des populations ».

 

Les questions sécuritaires, politiques et d’intégration économique ne pouvaient pas ne pas s’inviter à cette session. Elles sont d’actualité avec les attaques terroristes presque quotidiennes dont sont victimes les pays du Sahel, les élections présidentielles prévues en 2020 dans 5 pays de la zone et la décision du Nigeria  à la mi-août 2019 de fermer ses frontières terrestres avec le Niger et le Benin. Ces questions ont pris en effet une part importante des débats au cours de l’examen des rapports-pays notamment ceux du Burkina, du Mali, du Niger, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire.

 

Sur les questions sécuritaires, les parlementaires de la CEDEAO dans leurs interventions, ont appelé à une solidarité régionale avec les pays déstabilisés, à l’union des leurs populations et à plus d’engagement de la communauté internationale pour aider les pays du Sahel à vaincre les forces du Mal.

 

Sur les questions politiques, précisément celle des élections présidentielles qui devraient avoir lieu en 2020 au Burkina, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Togo, il ressort des débats en plénière que les députés souhaitent l’instauration ou la poursuite du dialogue dans ces pays entre tous les acteurs du processus électoral pour qu’elles se tiennent dans un climat social apaisé.

 

Sur l’intégration économique, les parlementaires ont fortement déploré dans leurs discussions la décision unilatérale du Nigéria de fermer ses frontières terrestres en violation du traité fondateur de la CEDEAO en espérant que le dialogue en cours entre le Nigeria, le Benin et le Niger aboutira à une réouverture rapide des frontières. Sur la création de la monnaie unique, l’ECO, les avis sont unanimes sur ses avantages mais restent partagés sur les échéances de sa mise en œuvre notamment dès 2020.

Zéphirin Kpoda

 

Encadré :

 

Le député Joseph Sama du Burkina apprécie l’ordre du jour de la présente session

 

Outre l’examen du budget, quels sont les points inscrits à cette session parlementaire qui retiennent votre attention ?

 

Cette deuxième session ordinaire de l’année du Parlement communautaire comme vous l’avez souligné est consacré à l’examen du budget de la CEDEAO. C’est dans la logique de ce qui se passe au niveau des Parlements nationaux où le législatif doit approuver le budget de l’Etat présenté par l’exécutif.

 

Mais au niveau du Parlement de la Communauté, l’examen du budget n’empêche pas l’examen de ce que nous appelons les rapports-pays. Ce sont des exposés faits par délégation nationale qui nous donnent l’opportunité de nous informer sur la situation sociopolitique de chaque pays membre. Durant cette session nous nous intéresserons particulièrement à la situation en Guinée et en Guinée Bissau où la CEDEAO a dû taper du point sur la table pour la tenue d’une élection présidentielle transparente.

 

Par ailleurs, il y a actuellement les difficultés quant à la libre circulation des personnes et des biens entre le Nigeria, le Benin et le Niger avec la fermeture de ses frontières décidée par le 1er pays cité. Nous allons discuter des problèmes que cela entraine.

 

Je n’oublie pas la question sécuritaire et les problèmes que vivent des pays comme le Burkina, le Mali et le Niger. Les parlementaires des autres pays veulent s’informer sur les stratégies et les moyens mis en œuvre par les pays affectés pour vaincre les terroristes.

 

Je voudrais aussi souligner les travaux en atelier qui porteront sur les droits de l’homme, l’énergie et l’agriculture avec l’impact de l’aflatoxine sur la production.

 

Il faut également noter les travaux en commission. Celle chargée des technologies de l’information et de la communication (TIC) à laquelle j’appartiens, rencontrera le commissaire de la CEDEAO qui s’occupe de ces questions. Nous discuterons du développement des TIC dans nos pays.

 

 Il y a enfin le discours sur l’Etat de la Communauté que présentera le président de la Commission de la CEDEAO qui sera un moment très important de cette session.  

Dernière modification lemardi, 03 décembre 2019 22:07

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