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Me Prosper Farama, avocat des victimes du putsch manqué : «Nos clients auront des difficultés à se faire payer»

Me Prosper Farama Me Prosper Farama

Après la publication du verdict du putsch manqué, nous avons tendue notre micro aux avocats. Seuls ceux de la partie civile et de l'Etat ont accepté parler. Les avocats de la défense, eux, n'ont pas voulu réagir sur le vif.

 

«Le premier sentiment, c'est le soulagement, car nous sommes à la fin d'un long feuilleton qui a duré deux ans. Si quelqu'un perd sa femme ou son enfant,  il n'y a pas de compensation suffisante pour apaiser les cœurs meurtris. Dans cette décision, le tribunal a jugé irrecevable l'appel en garantie de l'Etat ; nos clients  auront des difficultés à se faire payer. Plus de 300 personnes seront dédommagées à hauteur de plus de 947 millions ; d'autres ont, par contre, été déboutées. Si on échange avec certaines victimes, la déception est grande si bien qu’il n’est pas exclu qu’après concertation nous fassions appel. On ne répare pas une vie ou un bras perdu, mais on est en droit de s'attendre à quelque chose d’assez compensatoire ».

 

Propos recueillis par

A.K.S. & A.D.

 

 

Me Awa Savadogo, avocate de l’Etat burkinabè

«Cette décision est partiellement bonne pour nous»

«Cette décision a été prononcée à l’égard de deux parties : les parties civiles et les accusés qui avaient été condamnés sur le plan pénal. En ce qui concerne l’Etat burkinabè, en tant que partie civile, on retiendra qu’il a été débouté de sa demande de dommages et intérêts. Nous avions demandé la condamnation des accusés qui ont été à l’origine des infractions du putsch à payer à l’Etat plus d’un milliard de francs CFA pour les préjudices qu’il a subis à cette occasion. C’est cette demande qui a été rejetée. Une décision de justice n’est jamais très bonne pour toutes les parties. Mais elle est partiellement bonne pour nous parce que la responsabilité civile de notre client a été écartée par le tribunal ; nous en sommes satisfaite. Concernant la suite à donner, nous rendrons d’abord compte à notre client, et il lui appartiendra de nous donner les instructions et nous aviserons».

Propos recueillis par

A.K.S. & A.D.

NB : Les avocats de la défense que nous avons approchés n’ont pas voulu réagir sur le vif.   

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