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Massacres de civils à Barsalogho: 48 heures après l’horreur

Massacres de civils à Barsalogho: 48 heures après l’horreur

Suite aux massacres perpétrés contre les innocentes populations de Nagraogo et d’Alamou par les forces du Mal le lundi 20 janvier dernier, une délégation des autorités régionales du Centre-Nord, conduite par le gouverneur, Casimir Séguéda, s’est rendue hier mercredi à Barsalogho. Présenter les condoléances du gouvernement et de la nation burkinabè aux familles éplorées et les soutenir moralement étaient, entre autres, les objectifs de cette sortie.

 

 

Après les évènements dramatiques de Yirgou et environs en début janvier 2019, la commune rurale de Barsalogho, dont le chef-lieu est situé à une quarantaine de kilomètres au nord de Kaya, refait parler d’elle en ce début d’année : en effet, dans l’après-midi du 20 janvier 2020, des individus armés non identifiés ont perpétré un carnage (36 morts selon le dernier bilan officiel) au marché de Nagraogo, situé à 15 kilomètres du centre-ville de la commune. Le marché et les biens de ceux qui s’y trouvaient ont été incendiés par les indésirables « sans foi ni loi ». Dans leur repli, les forces du Mal ont assassiné 4 autres personnes et blessé 3 civils à Alamou, un village de Barsalogho situé à 7 kilomètres du chef-lieu de la commune. Suite à cette attaque terroriste meurtrière, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a décrété dans la soirée du mardi 21 janvier un deuil national de 48 heures à compter du mercredi 22 janvier 2020 à 00h au jeudi 23 janvier à 24 heures.

Dans la matinée du mercredi 22 janvier, une délégation des autorités administratives, sécuritaires, coutumières et religieuses régionales et provinciales, conduite par le gouverneur, Casimir Séguéda, a effectué le déplacement à Barsalogho. Accueillis à l’entrée de la ville par les autorités communales et les représentants des familles éplorées, les membres de la délégation venue de Kaya se sont recueillis sur les tombes des victimes, dont les corps ont été inhumés dans un cimetière de Barsalogho. Des prières pour le repos des âmes des victimes du massacre de Nagraogo et d’Alamou ont été faites sur les lieux par les représentants des communautés musulmane, protestante et catholique, qui sont respectivement l’imam Simporé Sayouba, le pasteur Dieudonné Sawadogo et Mgr Théophile Naré.

A la suite du recueillement et des prières au cimetière, la délégation régionale s’est rendue sur une place publique de la ville où attendaient plus d’un millier de membres des familles des victimes, réfugiés dans la ville depuis les attaques terroristes du lundi.  L’émotion était vive, et la tristesse se lisait sur les visages de nombreuses personnes massées autour de la place et dont la majorité était constituée de femmes et d’enfants. Certaines personnes âgées n’arrivaient toujours pas à contenir leurs larmes. Au milieu de la foule, où régnait un silence de cimetière, le maire de la commune, El hadj Abdoulaye Pafadnam, a, au nom de son conseil municipal et du chef coutumier de Barsalogho, souhaité la bienvenue à la délégation régionale venue compâtir à leur douleur. Les leaders religieux venus de Kaya ont transmis des messages de consolation aux familles attristées. Le porte-parole des familles des victimes a traduit sa reconnaissance aux autorités locales et aux populations de Barsalogho pour le soutien multiforme dont elles ont bénéficié pour l’inhumation des corps et la prise en charges des déplacés internes. Il n’a pas manqué de solliciter du gouvernement un accompagnement afin de permettre aux populations d’aider les FDS dans la lutte contre le terrorisme. S’adressant aux familles éplorées, le gouverneur du Centre-Nord, Casimir Séguéda, a déclaré être venu présenter les condoléances et exprimer la compassion du président du Faso, du gouvernement et de la nation pour toutes les victimes qui ont été fauchées par les balles assassines des forces du Mal. Casimir Séguéda a appelé les populations au calme, au renforcement de la solidarité et à la collaboration avec les Forces de défense et de sécurité. Suite au vote par le Parlement du projet de loi portant institution de volontaires pour la défense de la patrie, le premier responsable de la région a appelé les populations à l’union sacrée aux côtés du gouvernement et des FDS pour combattre les forces du Mal et défendre l’intégrité du territoire.

                                                                                                                       D.D. Windpouyré Ouédraogo

 

Encadré 1 :

 

Barsalogho se vide de ses fonctionnaires

 

Barsalogho, ville carrefour de la province du Sanmatenga, enregistre depuis les attaques meurtrières de Nagaraogo et d’Alamou un départ massif des travailleurs du public et du privé. Au nombre de ceux-ci : les enseignants et les agents de santé. Selon les informations, la trentaine d’écoles primaires de la commune qui fonctionnaient toujours en dépit des menaces sécuritaires ont fermé leurs portes depuis le mardi 21 janvier. Il en est de même pour les collèges d’enseignement général (CEG), les lycées et certains centres de santé dont les personnels ont trouvé refuge à Kaya.

 

Encadré 2 :

Barsalogho, une ville morte

                                                                                           

Les rues de Barsalogho étaient désertes le mercredi 22 janvier. La majorité des commerces étaient fermés. Sur le grand axe routier Barsalogho-Kaya, l’on pouvait apercevoir des déplacés internes à bord de tricycles, de charrettes à traction asinienne et sur des motos. Selon les dernières données du Comité départemental de secours d’urgence et de réhabilitation (CODESUR), la commune enregistrait avant les attaques terroristes du lundi 20 janvier environ 78 000 personnes déplacées internes.

                                                                                                                               

D.D.W.O

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