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Vote des Burkinabè de l’extérieur : «Un échec programmé par le pouvoir en place» (Pr Augustin Loada, membre du CFOP)

Le président du MPS, Augustin Loada faisait son baptême du feu à ce traditionnel point de presse du CFOP Le président du MPS, Augustin Loada faisait son baptême du feu à ce traditionnel point de presse du CFOP

L’Opposition politique n’a pas dérogé hier, mardi 28 janvier 2019, à son habituel point de presse hebdomadaire.  Les commis à la tâche, le président du Mouvement patriotique pour le salut (MPS), Augustin Loada, et le vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdioda Dicko, ont, entre autres,   évoqué comme sujets avec les journalistes l’aggravation de la situation sécuritaire et les questions électorales, en particulier le faible enrôlement de la diaspora sur le fichier.

 

 

C’est par un décompte macabre des récentes attaques terroristes qui ont fauché  des civils, à Nagraogo et à Silgadji notamment, que l’Opposition a entamé sa conférence de presse. Occasion pour elle de rappeler dans sa déclaration liminaire lue par le Pr Augustin Loada, la nécessité pour l’Etat de «donner des moyens de combat nécessaires aux FDS et d’organiser les renseignements et les relais locaux pour contrer l’ambition des terroristes qui est d’installer la terreur».

Dans la même lancée, le CFOP indique se réjouir du recrutement annoncé de 2000 militaires pour apporter du sang neuf  sur le champ de bataille. Il rappelle avoir voté en faveur de la loi sur les volontaires pour la défense de la patrie. Un oui qu’Augustin Loada justifie par un devoir de patriotisme. Les opposants auraient, selon lui, donné un mauvais signal en ramant à contre-courant au moment où l’unité nationale doit être de mise pour un sujet aussi crucial que la lutte contre le terrorisme. Cependant, l’enseignant-chercheur précise que toutes les réserves que le CFOP a émises contre cette loi n’ont pas été levées. Des réserves qui portent entre autres sur la durée de la formation (14 jours), jugée insuffisante, et sur la procédure de recrutement de ces jeunes. Amadou Diemdioda Dicko s’inquiète par exemple que des armes se retrouvent entre de mauvaises mains et que les querelles ethniques virent en affrontements entre volontaires de localités différentes.

Un autre texte pour lequel l’équipe à Zéphirin a donné son quitus, la modification du Code électoral, adoptée à l’unanimité.  S’il se  félicite de ce lifting apporté au code, le CFOP estime que cette révision aurait dû intervenir plus tôt, pour permettre au plus grand nombre de Burkinabè de l’extérieur de se faire enrôler. De fait, seulement 22 858 Burkinabè de l’étranger se sont inscrits sur le fichier sur un potentiel de plus de 2 millions. «C’est un échec programmé par le pouvoir en place», fustige Augustin Loada. «Le MPP a posé plusieurs barrières pour empêcher un vote massif de nos concitoyens de la diaspora. Des pièces de votation aux lieux de vote, en passant par le cafouillage entre l’ONI et la CENI, tout a été savamment orchestré pour en arriver à ce résultat squelettique», estime celui pour qui  la CENI est aussi  responsable  de ce faible engouement pour n’avoir pas fait sa part du boulot en ce qui concerne le sensibilisation des Burkinabè se trouvant hors des frontières.

Concernant toujours l’activité parlementaire, les conférenciers ont salué les deux résolutions votées pour deux enquêtes parlementaires, portant respectivement sur les sociétés immobilières et les compagnies de téléphonie mobile, mais s’interroge : «Quelles suites ont été données aux rapports des enquêtes parlementaires sur le foncier et les titres menée sous l’ancien président de l’Assemblée nationale, feu Salifou Diallo ?»

Augustin Loada et les siens craignent que les prochaines enquêtes annoncées ne soient de «la poudre aux yeux» car, estiment-ils, «ce sont les protégés du régime en place qui sèment le désordre dans la promotion immobilière et qui se retrouvent dans certaines sociétés de téléphonie mobile».

Le dernier rapport sur l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency internationnal qui classe le Burkina à la 85e place sur 180 a aussi été commenté par les porte-parole  du jour. «Entre 2016 et 2019, le régime du MPP a réussi en 4 ans de mandat présidentiel la triste performance de hisser le Pays des hommes intègres de la 72e place à la 85e dans le classement ; ce qui signifie que notre pays est perçu comme de plus en plus corrompu», a regretté Augustin Loada.

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification lemercredi, 29 janvier 2020 17:14

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