Logo
Imprimer cette page

Une lettre pour Laye : Un chef traditionnel assassiné à Tanghin

Une lettre pour Laye : Un chef traditionnel assassiné à Tanghin

Cher Wambi,

La semaine dernière, je n’ai pu t’envoyer ma lettre hebdomadaire du vendredi du fait de la fête de Tabaski qui a eu lieu ce jour-là, déclaré chômé et férié sur toute l’étendue du territoire national.  J’espère qu’à Laye, malgré les retrouvailles et la ripaille, les gens ont songé à respecter les mesures barrières, car un peu partout dans le monde l’on redoute une seconde vague de la covid 19 dont le nombre de contaminations repart à la hausse depuis quelque temps.

 

 

 

Aussi, je te prie de bien vouloir réitérer ma gratitude au facteur lorsqu’il te transmettra la présente lettre pour l’invitation qu’il m’a faite le jour de la fête du mouton. En tout cas il m’a gâté, comme on le dit, avec un menu riche en viande frite et autres mets succulents. Sauf que, côté boisson, il m’a privé de la bonne bière, et je comprends bien pourquoi. N’empêche la fête fut belle chez notre ami postier dont le domicile a refusé du monde à l’occasion de l’Aïd el-Kébir.

Cela dit, cher cousin, le mois d’août, période pluvieuse par excellence dans notre pays, reste capricieux dans la région du Centre, et cela commence à susciter des inquiétudes chez bien des gens.

Durant la semaine du jeudi 30 juillet au mercredi 5 août, Ouagadougou n’a enregistré que 20,6 mm d’eau, comme tu peux le constater à travers le relevé pluviométrique hebdomadaire de l’ASECNA :

Dori : 131,8 mm ; Ouahigouya : 54,7 mm ; Ouagadougou-Aéro : 20,6 mm ; Dédougou : 79,9 mm ; Fada N’Gourma : 82 mm ; Bobo-Dioulasso : 68,7 mm ; Boromo : 27,7 mm ; Pô : 31,1 mm ; Gaoua : 17,6 mm ; Bogandé : 62,4 mm.

Cher Wambi, l’affaire du charbon fin suit son cours au pool économique et financier du Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI) où les différentes parties au procès se tiraillent sur la teneur de l’or contenu dans ce matériau utilisé dans l’extraction du métal jaune par la société minière Essakane.

Et comme les parties n’arrivent pas à s’entendre sur les conclusions de la première expertise, le tribunal a finalement commis deux nouveaux experts, tous Burkinabè : il s’agit de Moussa Gomina, docteur d’état en sciences physiques et chargé de recherche en cristallographie et sciences des matériaux, et de Rayimwendé Joël Ilboudo, ingénieur métallurgiste.

Les analyses dans le cadre de cette expertise se feront au laboratoire CRISMAT de l’Ecole nationale supérieure des ingénieurs (ENSI) de Caen en France où exerce le Dr Gomina. Il s’agira pour les experts de déterminer la nature, les quantités et les teneurs en métaux précieux contenus dans les sacs de charbon fin.

Après leurs prestations de serment le 22 juillet dernier, les experts étaient hier au TGI où ils ont exposé leur méthodologie de travail. Toutes les parties prenantes à ce procès étaient présentes à cette séance. A cette occasion, les experts ont détaillé les différentes étapes du déroulement de l’expertise. Pour faire l’état des lieux, une sortie a déjà eu lieu sur le terrain à Bobo-Dioulasso où sont entreposés les conteneurs saisis en fin d’année 2019. Il a été recommandé d’acheminer dans la ville de Sya les deux derniers conteneurs qui sont toujours à Ouagadougou afin que toute la cargaison soit réunie en un seul et même endroit.

L’expertise consistera à extraire des échantillons du charbon fin pour une analyse hors du pays.

Et vu les enjeux et pour une question de transparence, il a été décidé de filmer tout le processus. Ainsi, pas moins d’une quarantaine de caméras seront installées de sorte que toutes les parties au procès puissent suivre en temps réel et de A à Z la procédure d’expertise.

Selon le chronogramme avancé, le Dr Gomina et l’ingénieur Ilboudo disposent d’une vingtaine de jours pour boucler leurs travaux. C’est dire que d’ici la première semaine du mois de septembre, on devrait voir plus clair dans cette affaire de charbon fin.

Il faut noter, cher cousin, que les frais de cette expertise sont à la charge de la mine d’Essakane puisqu’elle avait rejeté les conclusions de la première expertise.

Cher Wambi, comme tu le sais, Souleymane Coulibaly qui occupait le poste de premier président du Conseil d’Etat est parti à la retraite en fin d’année. Depuis, c’est le magistrat Marc Zongo qui assure l’intérim du poste. Alors que ce dernier s’attendait à être confirmé sur ce strapontin, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) lui a préféré Victoria Kibora qui était alors la secrétaire permanente du CSM.

Mais cette délibération a eu du mal à passer, car elle est critiquée par nombre de magistrats et surtout par Marc Zongo qui estime que son challenger ne remplissait pas toutes les conditions requises pour postuler à la présidence de la plus haute juridiction administrative de notre pays : en effet, il soutient que la loi oblige tout candidat, au moment de sa candidature, à être en juridiction ou dans l’administration centrale de la justice depuis deux ans. Outre cela, il y a aussi la question de l’ancienneté dans le corps. Sur ce point Marc Zongo est au 8e échelon du grade exceptionnel de magistrat alors que Dame Kibora en est au 5e. De plus, il totalise 15 ans de service sans discontinuer au Conseil d’Etat.

C’est au regard de tout cela que Marc Zongo a décidé d’attaquer, dans une procédure de référé, non seulement la délibération du CSM nommant Victoria Kibora à la tête du Conseil d’Etat mais également le décret présidentiel confirmant cette nomination.

Au finish, le Conseil d’Etat a infirmé la décision du tribunal administratif, qui avait refusé la suspension de la délibération du CSM, mais l’autre partie a formé un pourvoi, quant au décret présidentiel, il a été suspendu par le Conseil d’Etat. Cette décision fait aussi l’objet d’un pourvoi.

A présent, il reste le fond du dossier dont l’examen n’a pas encore été programmé. Comme le prédisait le journal de ton oncle Nakibéogo dans son édition du lundi 08 juin 2020, c’est dans un feuilleton judicaire que sera désigné le premier président du Conseil d’Etat.

Cher Wambi, dans ma missive du 24 juillet 2020, je t’informais que le procureur du Faso du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso avait décidé de classer sans suite la plainte de l’ancien directeur général des douanes Ousmane Guiro contre le procureur général de la Cour d’appel de Ouagadougou, Laurent Poda, pour « bris et enlèvement de scellés et de toute autre infraction qui sera relevée lors de l’instruction du dossier », l’absence d’infraction étant le motif invoqué par le parquet. Toutefois, comme le prévoit la loi, le procureur a indiqué des voies de recours à la partie demanderesse qui doit alors se constituer partie civile si elle veut malgré tout faire instruire sa plainte.

En recevant cette notification, Ousmane Guiro avait été irrité par le dernier paragraphe qui martelait : « Votre attention sera cependant attirée sur les conséquences que pourrait entraîner pour vous une constitution de partie civile insuffisamment motivée ou injustifiée ».

En effet, l’ancien patron des gabelous voit dans ce passage une intimidation. Et conformément donc aux recommandations du parquet de Sya, Guiro a décidé de se constituer partie civile. C’est ainsi qu’il a déposé, hier au TGI de Ouagadougou, une plainte auprès du doyen des juges d’instruction. C’est dire que la procédure contre Laurent Poda reprend alors qu’elle était en voie d’enterrement à Bobo-Dioulasso.

Cher Wambi, comme tu le sais, Adama Kanazoé est dans la tourmente depuis que des audios circulent sur les réseaux sociaux et le mettent en cause dans une affaire de corruption. Il a même dû démissionner de son poste de conseiller spécial du chef de l’Etat et a perdu dans la foulée son strapontin d’administrateur de la SONABHY. A présent le président du parti politique AJIR (Alliance des jeunes pour l’indépendance et la république) peut se consacrer à sa défense devant les juges.

Et il faut dire que le dossier est vraiment sur les rails. Après avoir auditionné les différentes parties il y a une dizaine de jours de cela, le juge d’instruction a renvoyé le dossier en enquête préliminaire au niveau de la police judiciaire.

C’est ainsi que, dans la journée d’hier, Adama Kanazoé était dans les locaux d’un commissariat de police de la place pour des auditions. Lorsque cette enquête sera bouclée, le dossier retournera au tribunal pour suite à donner.

A présent je t’invite, cher Wambi, à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

- Alors qu’il se rendait hier jeudi 6 août  à la messe de 5h45 à la paroisse Saint Guillaume de Tanghin, le Daapoore Naaba de Tanghin  a été assassiné dans un espace vide.

Selon un témoin qui était de passage au moment du drame, la victime, qui était sur sa moto, a été stoppée par un individu. Après quelques échanges de mots, ce dernier aurait tiré à bout portant sur son interlocuteur avant de disparaître dans la nature. Après le constat d’usage de la police, le corps a été enlevé aux environs de 10 h.

Clément Tiendrébeogo à l’état civil avait été intronisé le 4 avril 2017.

S’agit-il d’un acte crapuleux ou d’un règlement de comptes ? On espère que les enquêtes aboutiront à l’arrestation du meurtrier qui doit répondre de son crime.  

 

- Tout porte à croire que  le village de Namsiguia dans la commune de Bourzanga bat incontestablement le record du nombre d'attaques terroristes, dont la dernière en date est celle du mardi 4 août 2020.  Cette localité située sur l'axe Ouaga-Djibo à 36 kilomètres de Djibo,  chef-lieu de la province du Soum  et qui accueille des milliers de déplacés, constitue un verrou important, car c'est le dernier village du Bam avant le Soum.

Depuis un certain temps,  les terroristes s’y comportent comme en terrain conquis, narguent  les populations et emportent le peu d’animaux qui reste.

Fait curieux, ces derniers temps, les assaillants arrivent  avec des femmes et des enfants sans qu'on sache à quelle logique répond une telle action.  Mardi dernier, une soixantaine d'entre eux  ont organisé un concert de tirs d'armes et de bruits de grosses motos à l'entrée du village avant d'être repoussés  par les gendarmes ; malheureusement, au cours de cette incursion,  un homme, en plein travaux champêtres, a reçu des balles à la tête et à l’épaule,  puis a été laissé pour mort, et une dame a  été blessée à la cuisse. 

Les deux ont été évacués à Yalgado respectivement mercredi et jeudi derniers.

Selon leurs proches, c’est l’ONG Médecins sans frontières qui s’active actuellement au chevet des blessés en prenant en charge tous les frais médicaux.

 

- A partir du 31 août prochain, le directeur général de l’OMC, le Brésilien Roberto Azevedo, quittera son poste après avoir présenté sa démission.

Dans cette perspective, des membres de l’organisation auraient encouragé Ablassé Ouédraogo, ancien directeur général adjoint de cette institution, a postulé à la succession du Brésilien.

Mais selon une source proche de notre compatriote, à la date de clôture du dépôt des actes de candidature, prévue pour le 8 juillet, le dossier de ce dernier n’aurait pas été transmis. Lenteur administrative ou acte de sabotage ?   

 

- Le renouvellement prochain du bureau de la Fédération burkinabè de football, prévu pour le 22 août prochain, continue d’influencer la vie des clubs à Bobo-Dioulasso : après l’ASFB, minée par une crise née du  choix de la date de la tenue de l’AG de renouvellement de son bureau, c’est le Racing club qui fait aujourd’hui parler de lui avec, en toile de fond, le bras de fer qui se joue actuellement entre Lazare Banssé et Amado Traoré pour la présidence de la faitière de notre football. Partagés entre les deux candidats à la présidence de la FBF, les protagonistes du RCB se livrent actuellement une guerre sans merci ayant eu pour conséquence le débarquement manu militari de l’actuel président du comité directeur, Mahamoudou Sawadogo.

Selon des indiscrétions, ce dernier ne ferait plus l’unanimité au sein du club au regard de ses résultats mitigés ; d’où les appels d’un groupe de supporters à son départ.

Mais selon certaines sources, le malaise que traversent les Tigres de Diaradougou est la résultante des grandes manœuvres en cours dans la perspective de l’élection fédérale. Visiblement remonté contre ses détracteurs, le président déchu Mahamoudou Sawadogo aurait saisi le haut-commissaire de la province du Houet pour dénoncer ce qu’il qualifierait de coup de force dans la mesure où son mandat ne serait pas encore arrivé à son terme.  L’affaire, nous apprend-on,  a été portée devant le gouverneur de la région et le ministre  de l’Administration territoriale. Une médiation, actuellement en cours,  aurait déjà abouti à  une rencontre entre les deux camps opposés sous l’égide de la direction régionale des Sports des Hauts-bassins mercredi dernier. En attendant l’issue de cette crise, c’est l’ex-président Adama Tapsoba qui revient aux affaires. Celui-ci avait d’ailleurs été débarqué  de façon tonitruante  en 2017 au terme d’une assemblée générale surchauffée.   Son retour aujourd’hui susciterait  de nouveau  quelques  grincements de dents. 

 

- Les choses sérieuses vont commencer ce week-end dans la course à la présidence de la Fédération burkinabè de football. Après la validation des dossiers de candidature ainsi qu’une précampagne assez agitée, place maintenant à la campagne proprement dite. L’opération pour charmer les électeurs débute ce samedi 8 août et ce, jusqu’au 20 août. Les deux adversaires que sont Amado Traoré et Lazare Banssé semblent adopter des tactiques différentes : pendant que le chantre de l’Action VITALE sera à Bobo pour lancer les hostilités, celui qui appelle à œuvrer « ensemble pour le développement du football burkinabè », à savoir le candidat Banssé, lui, va dérouler son programme quadriennal à Ouaga. Les deux camps n’ont qu’un seul objectif, séduire l’électorat pour qu’au soir du 22 août prochain, le meilleur soit désigné successeur de Sita Sangaré.

 

 

- Du monde, du beau monde et du beau linge ce samedi 08/08/2020 à la mairie centrale de Ouagadougou à partir de 11h. la raison de cela :

Jean-Christophe Béouindé, fils du maire de la capitale, Armand Roland Pierre, par ailleurs Tansoba de Zamngho, prendra pour épouse sa dulcinée Hapsa, fille de notre confrère Souleymane Ouattara de SYFIA. Avant la cérémonie civile, une bénédiction nuptiale aura lieu à la cathédrale de l’Immaculée Conception à 9h.

Un lunch sera servi à la salle des banquets de Ouaga 2000 à partir de 13h.

Félicitations et heureux ménage au jeune couple.

 

- La municipalité de Pensa a un nouveau maire.  En effet, l’élection du nouvel édile  de cette localité  était à l’ordre du jour de la session extraordinaire délocalisée du conseil municipal de ladite commune qui s’est tenue à Kaya le lundi 03 août dernier. Ce renouvellement fait suite à la mort tragique, le 6 juillet 2020, du maire el hadj Souleimane Zabré, élu du RDS et chef coutumier du village de Doro, lors d’une embuscade tendue par des individus armés non identifiés sur l’axe Pensa-Barsalogho. D’un vote à bulletin secret, Issaka Sawadogo, dit « Excellence Isaac », du MPP, parti minoritaire au conseil avec 25 élus, est sorti victorieux face à l’actuel premier adjoint au maire, Abdoulaye Zabré du RDS, parti qui y est majoritaire avec 47 conseillers municipaux. Le fait marquant est que l’élection du candidat MPP signe le retour d’un parti au pouvoir à la tête de la municipalité de Pensa après huit années d’absence.

Sebgo Saaga, le  septuagénaire conseiller municipal MPP de Pensa, est décédé 48 heures après avoir participé à la session extraordinaire pour l’élection du maire. Hospitalisé la veille de la session dans une formation sanitaire de Kaya, l’élu du village de Bou s’était présenté dans la salle, tenant en main une perfusion et assisté par un de ses enfants. Il avait par la suite rejoint son lit d’hôpital après avoir contribué à la victoire d’Issaka Sawadogo, le candidat de son parti. Libéré de l’hôpital dans la matinée du mercredi 5 août, le conseiller municipal Sebgo Saaga rendra l’âme dans l’après-midi de la même journée par suite d’un malaise sur le chemin du retour chez lui à Pensa. Sa dépouille a été transférée dans le chef-lieu de la commune de Pensa pour inhumation.

  

- Décédé le mercredi 5 août 2020, le Pr Jean-Baptiste Kiethéga sera inhumé le lundi 10 août au cimetière municipal de Gounghin après l’absoute à l’église Saint Pierre du même nom. Avant l’enterrement, le programme des obsèques prévoit la levée du corps à la morgue de Yalgado le dimanche 9 août à partir de 15h suivie d’une veillée de prière au domicile du défunt à 20h.  

Premier archéologue du Burkina Faso, Jean-Baptiste Kiethéga a été l’un des grands artisans de l’inscription des Ruines de Loropéni au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

- Demain samedi 8 août 2020 à partir de 10h à la maison du Peuple,  l’association « Action concorde » tient  une manifestation citoyenne pour le retour de Blaise Compaoré au Burkina Faso. Selon les organisateurs, ce meeting « apolitique et non partisan » procède d’une démarche en faveur de la réconciliation et de l’unité ». Pour ce faire, ils invitent les partisans à se vêtir de blanc, symbole de la paix.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va  la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

 Passek Taalé

Dernière modification lelundi, 10 août 2020 23:54

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.