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Elections couplées : Paroles de candidats

Elections couplées : Paroles de candidats

Comme pour montrer la voie à suivre à leurs militantes et militants, les treize candidats en lice pour le fauteuil de Kosyam sont allés accomplir leur devoir civique hier dimanche 22 novembre 2020. Si pour le président-candidat à sa propre succession l’heure n’est plus à la polémique concernant les « cas de suspicions de fraude », beaucoup de ses challengers de l’opposition, après avoir glissé leurs bulletins dans les urnes, ont une fois de plus fait part de leur inquiétude. Voici ce que les présidentiables nous ont confié à l’exception de l’exilé au Canada, Yacouba Isaac Zida, qui n’avait toujours pas réagi ne serait-ce que sur sa page Facebook :

 

    

Roch Marc Christain Kaboré, candidat MPP

«Concernant les velléités de fraude, je ne répondrai pas à cette question»

«Par rapport aux velléités de fraude brandie par l’opposition politique, c’est une question à laquelle je ne vais pas répondre parce que l’heure est au vote, non au politique. J’aurai l’occasion en son temps de revenir sur cette question. Mais aujourd’hui, ce que je voudrais simplement dire, c’est que je suis venu poser un acte patriotique et citoyen qui est celui de voter. J’appelle donc tous les Burkinabè, quelles que soient leurs tendances, à ne pas faire preuve de paresse parce qu’il s’agit de la démocratie du pays, de son développement et de la paix. Il est donc important que chaque Burkinabè aille choisir celui qui dirigera le pays les cinq prochaines années. C’est tout ce qu’on demande.  Les polémiques, c’est pour une autre fois, nous avons fait la campagne, chacun a parlé et c’est terminé, aujourd’hui on vote. Je demande aux Burkinabè de se mobiliser et de faire leur choix.»  

 

Tahirou Barry, candidat MCR

« Que tous les citoyens aillent accomplir leur devoir en

en mesurant tous les enjeux »

« Je suis très heureux d’avoir effectué mon devoir civique et j’invite l’ensemble des citoyens burkinabè à accomplir ce devoir en  en mesurant tous les enjeux. Ce jour consacre la fin de 21 jours de campagne et je souhaite que nous célébrions la victoire de la démocratie, la victoire des vertus de transparence et de crédibilité. Je prie pour que Dieu sécurise tout ce processus et fasse en sorte qu’à l’issue des scrutins, tous les observateurs et les autres acteurs s’accordent sur sa fiabilité.»

 

Zéphirin Diabré, candidat UPC

« Je suis un homme de paix, mais pas l’idiot du village »

« Comme nous l’avons dit hier (ndlr : 21 novembre 2020) à l’occasion d’une conférence de presse tenue par l’ensemble des candidats signataires de l’Accord politique de l’opposition, nous sommes inquiets au vu d’un certain nombre de faits que nous constatons sur le terrain. Ce sont des faits d’achat de cartes d’électeurs, d’achat de conscience et plus récemment des faits de modification de la cartographie électorale : il y a des endroits où il était prévu des bureaux de vote, mais maintenant on n’y votera plus ; de plus, il y a des zones où il n’était pas prévu de vote, mais les gens peuvent y voter à présent. Le cas le plus illustratif, c’est dans l’Oudalan à Gorom-Gorom, où il semble que le ministre de la Défense nationale et ses services ont procédé à la suppression de beaucoup d’endroits, où on devait voter parce que l’opposition y serait forte, et autorisé de voter dans d’autres où ce n’était pas prévu. Dans la Gnagna aussi, à Liptougou, dans une province qui n’a connu aucune attaque terroriste, on a décidé, comme par hasard, qu’il n’y aurait pas de vote car l’opposition y est forte. Cela pose un problème sérieux d’équité. La cartographie électorale a été arrêtée depuis longtemps, et nous avons décidé que c’est le Conseil constitutionnel qui doit dire les cas de force majeure dans les endroits où on n’est pas en droit de voter. Donc, il n’est pas normal qu’à 48h, à 24h du scrutin, on assiste à des opérations frauduleuses de cette nature. On vient de me signaler que dans la province du Yatenga, il n’y a pas encore de P-V pour l’élection présidentielle ; ce sont des faits qui nous interpellent et c’est pourquoi nous avons décidé de poser plainte auprès du procureur du Faso et souhaitons que cette question soit tranchée dès maintenant. Nous avons dit et redit que nous sommes des républicains, tout résultat qui est sincère, nous allons l’accepter et aller acclamer et féliciter le vainqueur et si c’est nous le vainqueur, le MPP et son candidat doivent nous féliciter. En 2015, j’ai eu à poser cet acte qui est unique dans notre histoire politique et celle de l’Afrique. En la matière donc, nous n’avons pas de leçon à recevoir de qui que ce soit, et cela veut dire que je suis un homme de paix et d’honneur. Mais en même temps, nous n’accepterons pas de  cautionner une mascarade et des résultats qui seraient entachés de fraude et d’irrégularités. Un homme de paix oui, mais pas l’idiot du village et encore moins le dindon de la farce.»  

 

Do Pascal Sessouma, candidat Vision pacifiste

« Peu importent les résultats, tous les Burkinabè doivent exercer leur droit de vote »

« C’est la première fois, depuis que je suis adulte et en âge de voter, que je vote chez moi à N’dorola, mon village d’origine. D’habitude, je vote à mon lieu de résidence qui est Ouaga, mais cette fois-ci j’ai tenu à voter chez moi pour dire que N’dolora aussi mérite le déplacement de la presse nationale pour assister à des élections présidentielle et législatives. J’en suis très heureux et ému. C’est dans cette école où nous nous trouvons en ce moment que j’ai fait mes premiers pas scolaires en 1963, ça relève donc d’une grande symbolique. Peu importent les résultats, il est important que les Burkinabè exercent leur droit de vote quels qu’ils soient, où qu’ils soient, quelles que soient leurs conditions de vie, leur condition sociale. C’est l’élection qui nous permet de dire à nos dirigeants qu’on approuve ou désapprouve leurs actions. C’est un acte hautement citoyen, et, en tant que candidat à la présidentielle et aux législatives, il était important que je vienne exercer ce droit.»  

         

Gilbert Noël Ouédraogo, candidat ADF/RDA

« S’il n’y a pas de P-V, nous demanderons l’arrêt pur et simple du vote »

« C’est le moment pour les Burkinabè de choisir leurs dirigeants pour les cinq prochaines années, et il est important que chacun reparte au plus profond de lui, qu’il fasse une analyse de la situation du pays et opère le meilleur choix pour que nous ayons un pays fort, réconcilié et prospère. Mais il est déplorable de constater que, concernant l’élection présidentielle, des P-V manquent. Or c’est le document qui est remis au Conseil constitutionnel et aux différents organes qui interviennent dans le processus. C’est aussi sur ces documents qu’est marqué tout ce qu’il y a comme irrégularités, et j’espère que cela va être régularisé parce que ça voudrait dire autrement que c’est une élection qui risque d’être annulée s’il n’y a pas de P-V. Et on ne pourra pas accepter que ces procès-verbaux ne soient pas acheminés. Nous ferons l’évaluation et si à un moment donné nous n’avons pas ces P-V dans les bureaux, nous allons demander l’arrêt pur et simple du vote et qu’on le reprenne un autre jour. Il ne faut pas qu’on s’amuse à ce jeu où on sait qu’on va perdre pour ne pas envoyer de P-V et ne tenir compte que des bureaux de vote où ces documents ont été acheminés. Nous avons eu vent de beaucoup de tentatives de fraude, l’opposition reste vigilante, et nous appelons nos militants à être calmes, du côté de la paix. Ces élections ont des enjeux qui font que personne ne peut accepter de résultat qui ne reflète pas la sincérité du vote. Il est clair que nous sommes déterminés, et il faut que les instances de la CENI fassent correctement leur travail ; la paix est à ce prix. Si nous nous rendons compte qu’il y a de la fraude, que les choses ne sont pas respectées, nous prendrons des dispositions pour que la vérité des urnes soit respectée.»

 

Claude Tassembédo, candidat indépendant

« Je me réjouis d’être l’un des candidats que citent les observateurs »

« Je me réjouis d’être l’un des seuls candidats que citent les observateurs. Cela voudrait dire que ce que je dis est pertinent. Nous sommes en démocratie, nous ne pouvons plus chasser quelqu’un, nous ne pouvons plus faire quoi que ce soit, mais nous pouvons tout changer par le vote. Ce geste est capital pour la vie des citoyens, pour leur avenir, pour l’avenir de la jeunesse, pour l’émancipation de la femme, du pays, de l’Afrique. Je voudrais sincèrement que les citoyens me fassent confiance pour que je puisse être dans le leadership transformationnel, c’est-à-dire démocratique.» 

 

 

Eddie Komboïgo, candidat CDP

« Rendez-vous bientôt à Kosyam »

« Nous avons souhaité qu’il n’y ait pas d’exclusion. Malheureusement en 2015 avec la loi du Conseil national de la Transition, le Congrès pour la démocratie et le progrès avait été exclu. Mais cela ne nous a pas empêchés d’avoir 18 députés et une trentaine de mairies. Aujourd’hui, le CDP s’est restructuré, a tiré une leçon. Nous sommes convaincus que nous allons gagner ces élections parce que le peuple a eu le temps de faire le bilan de la gestion sous le CDP et de la gouvernance actuelle qu’on juge très négatif. Il y a des alertes dans les bureaux de vote où il n’y a pas d’urnes. Nous interpellons la CENI pour que cela soit résolu. Dans l’ensemble, je pense que nous pouvons avancer sereinement. Nous souhaitons qu’il n’y ait pas de heurts et que le meilleur gagne. Comme nous savons que nous sommes les meilleurs, rendez-vous bientôt à Kosyam.  Le CDP ne vient pas au pouvoir pour se venger. Il y vient pour chercher le bien-être des Burkinabè et nous allons chercher ce bien-être.»

 

Monique Yeli Kam

«… tous les acteurs accepteront les résultats des urnes »

«Ces élections sont très importantes pour moi. Elles se tiennent dans un contexte assez difficile pour les Burkinabè ; un contexte marqué par une crise sécuritaire et sanitaire. C’est une occasion pour le peuple de s’exprimer et de décider de l’avenir de notre pays. C’est vrai que nous avons eu des contraintes, mais nous avons voulu aller à ces élections pour remettre notre pays en marche dans un Etat de droit. J’appelle le peuple, mes fils à sortir massivement voter pour s’exprimer parce que c’est leur droit, c’est un acte ultime à travers lequel ils décident de l’avenir de notre pays. Aujourd’hui je m’en réjouis et je lance aussi un appel à des élections apaisées. Je déclare que cette journée est une journée de paix pour tous les Burkinabè, que le soir nous allons avoir des résultats et que tous les acteurs, le peuple acceptera la vérité des urnes.»

 

 

Kadré Désiré Ouédraogo, candidat Agir ensemble

« Je suis confiant dans les résultats »

«Aujourd’hui est un grand jour pour la démocratie au Burkina Faso, car les élections sont la façon pour les citoyens de choisir leurs dirigeants. Avec les candidats, nous avons eu une campagne très fair-play, et je souhaite que cela continue jusqu’au bout. Les partis politiques ont signé un pacte de bonne conduite, et je pense que jusqu’à présent ce que nous avons pu observer sur le terrain, ce sont des comportements exemplaires. Nous n’avons pas noté d’incident. Je pense que c’est quelque part une preuve de la maturité de notre système politique. J’invite tous les acteurs à œuvrer pour que ces élections soient des élections de paix, de tolérance et de respect mutuel. Je suis confiant dans les résultats. Je fais confiance au peuple burkinabè auquel j’ai présenté mon programme qui, je crois, est un programme qui devra nous mener vers la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité.»

 

Pr Abdoulaye Soma, candidat Soleil d’avenir

« Je n’admettrai jamais que quelqu’un qui a fraudé accède ou reste au pouvoir »

« J’ai voté à l’école primaire publique de Toungouena de Banfora qui est celle dans laquelle j’ai fait le primaire. J’ai voté dans la classe du CP1 et c’est là que j’ai commencé.  C’est tout un symbole. Je vote au milieu des miens. C’est également un symbole. L’appel que j’ai à lancer, c’est que les gens regardent ma sincérité, ma crédibilité, mon engagement, mon programme. Qu’ils regardent la nécessité de changer ce pays et d’avoir un homme neuf à la tête de l’Etat pour changer ce pays. Parmi les candidats à la présidentielle, je suis le seul qui a ce profil, le plus adapté en ce moment. Je dis à ceux qui ont des ambitions de fraude que je n’admettrai jamais que quelqu’un qui a fraudé accède ou reste au pouvoir. Mais si quelqu’un a gagné correctement, je serai le premier à m’en réjouir même si ce n’est pas moi parce que selon moi, c’est Dieu qui donne le pouvoir et il me donnera ce pouvoir le jour où Il lui plaira de me le donner pour que je gouverne mieux ce Burkina Faso.»

 

 

Ambroise Ségui Farama, candidat de l’OPA-BF

« …Nous n’accepterons pas que notre victoire nous soit volée »

 « Je suis serein, mais je constate qu’il y a beaucoup de difficultés d’ordre pratique : ici jusqu’à 6h30, ils n’avaient pas commencé alors qu’ils étaient censés le faire 30 minutes plus tôt. Il aura fallu que je vienne tôt pour le constater. En sus, il nous revient que, dans plusieurs localités, il y a des tentatives d’achats des cartes d’électeur, donc nous devons rester vigilant et nous n’accepterons pas que notre victoire nous soit volée.»

 

 

Ablassé Ouédraogo, candidat de Le Faso Autrement

« Si Dieu m’a donné la force d’aller en compétition, c’est que j’ai toutes mes chances »

« La démocratie fait des progrès au Burkina Faso. Il y a cinq ans, on n’avait pas la même maîtrise. Vous avez vu que j’ai vérifié l’état du matériel pour les votes, et tout était en place ici à Dabaré, mon village. Du fond de moi-même je prie Allah, le Seigneur, que ce jour historique pour le Burkina il choisisse la femme ou l’homme à même de diriger ce pays. Que ce dernier soit en mesure de diriger le Burkina avec la vision que nous avons. C’est-à-dire une vision de prospérité, de paix, de sécurité, de vivre ensemble pour que notre pays puisse se réconcilier avec lui-même, pour que les Burkinabè puisse se réconcilier, et cela permettra la relance du Burkina sur la voie du développement durable. C’est Dieu qui donne le pouvoir. C’est déjà une grâce pour nous d’être ici en bonne santé et d’avoir été sélectionné parmi 25 millions de Burkinabè. Dieu fera le reste. S’il m’a donné la force d’aller en compétition pour accéder à Kosyam, c’est que j’ai toutes mes chances.»  

 

Propos recueillis par

Aboubacar Dermé

et Rabiatou Congo

Dernière modification lelundi, 23 novembre 2020 22:11

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