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N° 7712 DU JEUDI 09 AU DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 |
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S’il y a un président dont l’attitude ne cesse de provoquer une véritable levée de boucliers, c’est bien Tandja du Niger. Voilà un homme d’Etat qui, après sa réélection en 2004, avait juré sur le Coran de ne pas toucher à la Constitution. mardi 30 juin 2009
Le 26 mai dernier, Tandja tape fort sur la table et dissout le Parlement tandis que le principal parti qui le soutenait, la Convention démocratique et sociale (CDS), claque la porte du gouvernement. Comme si cela ne suffisait pas, le président nigérien vient de franchir le Rubicon en procédant à la dissolution de la Cour constitutionnelle. Une mesure qui a été annoncée le lundi 29 juin dernier par la « Voix du Sahel », la radio officielle. Pour une nouvelle stupéfiante, c’en est vraiment une. Décidément, ce Tandja s’obstine à tout contrôler lui-même. Dans sa voie pour atteindre son objectif, il a même signé deux décrets suspendant les articles 104 et 105 de la Constitution. Ces deux décrets ont trait à la nomination des sept membres de la Cour et surtout à leur inamovibilité durant leurs mandats, de six ans. Tandja a également abrogé trois décrets remontant à 2004, 2006 et 2008 qui concernaient les nominations des membres de la Cour. Comme on le voit, il tient à dire par là qu’il est le seul qui gouverne ce pays et que les dispositions de la loi fondamentale qui limitent le mandat présidentiel ne sont rien à ses yeux. A 71 ans, c’est en décembre 2009 que le président devrait quitter le pouvoir, mais il estime qu’il n’a pas totalement « achevé ses chantiers ». Cet homme, qui est en train de braver son peuple, a perdu tous sens de la démocratie, et là, on se rend compte qu’il n’est pas mieux que Baré Maïnassara, l’ancien président lâchement assassiné. En politique, le destin d’un chef d’Etat dépend de son comportement. Tandja, qui ne quitte jamais ses bazins brodés, le sait-il ? Aujourd’hui, il s’arroge des « pouvoirs exceptionnels » pour gouverner par décrets et ordonnances. Face au pouvoir personnel qu’il est en train d’instaurer, il est prévu une grande marche ce mercredi 1er juillet 2009 dans la capitale nigérienne. Les défenseurs de l’Etat de droit et de la démocratie veulent user de tous les moyens pour que ce despote revienne à la raison. Mais est-ce suffisant pour l’empêcher de dormir dans son palais ? Et les Forces armées dans tout ça ? Dans un récent communiqué, elles ont réaffirmé leur caractère républicain et leur entière disponibilité à assurer leur devoir de préservation de l’intégrité du territoire, de protection des personnes et des biens et de sauvegarde des institutions de la République. En outre, les Forces armées n’entendent nullement servir des intérêts partisans et demandent aux différents acteurs de les exclure une fois pour toutes du jeu politique. Mais que faisaient-elles quand Maïnassara était pris dans un guet-apens le jour de sa mort à l’aéroport ? L’imbroglio nigérien peut nous réserver des surprises parce que les risque-tout, ça existe aussi dans une armée. Par Justin Daboné , par lobservateur
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