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A réformes, réformes et demi

Préparez-vous à la guerre. Les Gaulois  de  France sont en train de nous chercher des noises. Ils ont décidé de cultiver  le sorgho pour nourrir leurs vaches. Au prétexte que   leurs fourrages habituels consomment trop d’eau et détruisent par conséquent  leurs sols. Ces Franchouillards mangeurs de grenouilles, c’est la solution qu’ils ont  trouvée pour combattre la sécheresse qui sévit en ce moment  dans leur pays et dont l’intensité n’a jamais atteint ce pic depuis l’année 1900.

 

Le réchauffement climatique va donc provoquer de nouvelles guerres. Notre sorgho, le sorgho de nos ancêtres, le sorgho de nos aïeux, cette céréale sans laquelle  le Burkina n’existerait pas, voici que des mangeurs d’escargots veulent le semer pour nourrir leurs vaches. En tout cas, on verra ce qu’on va voir, nous n’allons point accepter cet affront. Si jamais ils donnent notre sorgho national à manger à leurs vaches, nous donnerons leur blé à manger à nos vaches. Et pas seulement leur blé. Leurs pommes de terre aussi. Plus de pain au Faso. Plus de frites. N’en déplaise à Maxime KABORE, notre Belgo- Burkinabè.

Du sorgho aux vaches ! Qu’est-ce que ça veut dire !? Et ne prenez pas cette  information pour des élucubrations. Je l’ai vu et entendu à la télé, de la bouche d’agronomes français. L’enfer de Bado à mes pieds si je mens.

Vous savez qu’il y a longtemps que j’ai produit des élucubrations .Je veux dire, de vraies élucubrations, des élucubrations à balles réelles. Je faiblis. La faute à cet Alzheimer qui me ronge la mémoire. C’est de plus en plus  grave, je vous  dis. L’autre jour par exemple, mon portable  s’est mis à sonner pendant que je l’avais en main .

Et moi de le chercher  partout en criant : «Où est mon portable ? Où  est mon portable ?». Il a fallu qu’un gosse me dise : «Mais tu l’as en main, tonton». Une  autre fois, j’avais mis le même  portable à charger dans  ma chambre. Peu de temps après, je me suis mis à le chercher dans tous les coins de la maison, sauf dans la chambre, et ai fini par me convaincre que je l’avais égaré en ville. C’est par suite d'un appel fortuit que je me rappelai qu’il était en chargement.

Mon Dieu ! Pourvu que je ne tombe pas dans la situation de Madame Toégui. Lorsqu’elle est au téléphone, ça se termine souvent par le scénario suivant :

- Allo ! Tu veux mon numéro de portable ? Attends.

Puis s’adressant à moi :

- Toégui, donne-moi mon numéro-là…

Et moi de rechigner :

- Ne me demande pas. C’est pas mon numéro, c’est le tien.

- Toégui, faut faire pardon. Pardon weh !

- Tu n’as qu’à retenir ton numéro comme tout le monde.

- Ce n’est pas que je ne le retiennes pas, je le retiens, mais je l’oublie. Dis-moi mon numéro, pourquoi tu es  comme ça ?

Demain, ce sera encore la même scène. Peut-être même ce soir. Ça se passe chez les Toégui.

En attendant donc que mes neurones ne m’abandonnent totalement, j’élucubre du mieux que je peux. Avec même parfois des extras comme la leçon d’histoire de mardi dernier et sur laquelle j’ai été interpellé en plein Charles-De-Gaulle.

- Toégui, les frères ministres-là, pourquoi tu as cité certains et pas d’autres ?

- J’ai cité tout le monde.

- Non, tu n’as pas cité Basile Guissou et Joséphine Ouédraogo.

C’est chaque fois la même chose. Encore un qui sous-estime Toégui. Je sais tout, moi. J’ai parlé des frères ministres, pas des cousins ministres. Si je devais parler des cousins ministres, je serais amené à parler également des beaux-frères ministres. Et il y en a. Et puis, quel est le plus difficile ? Savoir qu’untel est le frère d’untel ou savoir qu’untel est le cousin d’untel ?

Des cousins ministres ? J’en connais, pardi ! Que j’en connais ! Basile Guissou et Joséphine Ouédraogo ? Je peux même vous dire qu’ils ont été respectivement Ministre des Relations extérieures et de la Coopération et Ministre de l’Essor Familial et de la Solidarité Nationale. Bof ! Tout le monde sait ça. La particularité de Basile et de sa cousine Joséphine, c’est qu’ils ont siégé ensemble dans le Gouvernement Révolutionnaire d’Août 83. Ça, il fallait le faire !

Et les Barry ? Djibrina Barry, Ministre du Commerce, du Développement Industriel et des Mines et son cousin Yacouba Barry, Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme. Les cousins, il y en a beaucoup. Et Jérôme Bougouma ? Il n’est pas tout seul, Bougouma. Il a un cousin aussi… Et pas un petit cousin.

J’ai dit tantôt que je savais tout ? Non, j’ai plus dit ça. J’ai dit l’autre jour que je suis un élucubreur éclairé ? Non, j’ai plus dit ça.

Ne m’écoutez pas, gens de Simonville. Je ne sais rien du tout. Je suis un petit esprit qui ne comprend rien à rien. Je n’ai même pas terminé mon cycle du Bantaaré. Eclairez donc ma lanterne, je vous en prie.

Le mouvement de colonels intervenu à la Grande Muette, c’est suite aux bidasseries, ça, je sais. Un colonel a été nommé Chef d’état-major des Armées puis immédiatement promu Général. C’est par suite des bidasseries, ça je sais. L’Enfant terrible cumule désormais ses fonctions avec le Ministère de la Défense Nationale.

C’est par suite des bidasseries, ça, je sais. Mais là ou j’y perds mon latin, ce sont ces DG,  super DG et Gouverneurs qu’on a mis dehors, soudainement et en tirs groupés. Je ne vois pas le rapport entre ces affectations et les bidasseries. Hein ! Dites-moi un peu. Les patrons, les ex-patrons de la SOFITEX et de la SONABHY, qu’est-ce qu’ils ont à voir avec les bidasseries ? Si ça se trouve, peut-être même qu’ils n'ont jamais croisé un bidasse sur leur chemin.

Ce n’est qu’avant-hier, en regardant la TNB, que j’ai découvert que le Ministre Albert Ouédraogo venait de Saaba. Tiens ! Tiens ! Tiens ! Je comprends maintenant. Auparavant, quand il passait à la Télé, je le regardais bizarrement. Je lui trouvais un air qui me rappelait quelque chose. Un petit quelque chose mais je ne savais quoi. Je le sais à présent : les pupilles.

Autrefois, quand il n’était pas encore érigé en sous-quartier de Simonville, je ne ratais pas un marché de Dimanche de Saaba. Les 21 de Saaba. Le marché de Saaba, j’en connaissais tous les hangars. Saaba ? Dis donc ! Y a des mangeurs de chien partout au Mosstenga, mais les mangeurs de chien de Saaba, c’est autre chose.

C’est à Saaba que pour la première fois j’ai vu griller du chien. Sur un grillage. Avec la tête et la queue. Ça bouffe le chien à Saaba ! Comment peut-on vivre avec un chien durant trois ou quatre années, puis l’attraper un beau matin par le cou, le tuer et le manger !?

Maintenant que je vous l’ai dit, désormais, si vous rencontrez un gars de Saaba, regardez bien ses yeux : y a un truc dedans. Et si vous faites très attention, vous verrez que ce truc va tantôt à gauche tantôt à droite. C’est la viande de chien qui fait ça à la longue. La viande de chien en elle-même ne provoque pas de séquelles.

C’est le mélange viande de chien viande d’âne qui a des conséquences. A Saponé-marché par exemple, ils ne crachent pas sur la viande de chien, c’est bien connu, et pourtant ils n’ont pas de billes dans les prunelles. La viande d’âne non plus ne suscite pas de manifestation particulière.

Mais les Saabalais ont coutume de mettre les deux viandes dans le même plat, et quand ils mangent, ils vont allègrement d’un morceau de chien à un morceau d’âne… quand c’est pas les deux morceaux à la fois qu’ils balancent dans la bouche. Forcément, ça finit par faire bip bip dans les yeux.

Eureka ! Il faut une ‘‘Rue article 37’’ à Simonville. Vous connaissez un autre article d’une Constitution, ou une Loi qui fait ou qui a fait autant de ramdam tant dans la classe politique, que dans la société civile ? Tant chez les ‘‘Sages’’ que chez les lambdas des quartiers ?

En tout cas, le Superviseur Général des Réformes m’a relancé, me  pressant de lui faire parvenir un second lot de propositions de réformes. Vous vous  souvenez de mon premier lot? L’institution du délit d’apparence et la suppression du  suffrage  universel… le Superviseur Général des Réformes a trouvé mes propositions pertinentes.

En attendant que mes nouvelles propositions lui parviennent, je lui ai fait part au téléphone de mon point de vue sur la création d’un Sénat. C’est non a priori. C’est oui s’il y a 2 sièges permanents affectés à Toégui et à Missié Goama, du Mouvement des Eculubreurs agréés, qui ne compte plus que 2 membres depuis que Nobila Cabaret  a jeté l’éponge. Les autres nouvelles propositions sont disponibles  et je vous les livre en avant-première.

Voilà : vous savez ce que c’est que le RMI ? C’est une somme qu’en France l’Etat accorde à toute personne démunie pour lui permettre de subsister, elle et les siens. Il faut instituer le RMI ici au Faso. Mais nooon ! Il y a l’argent au Faso pour cela. Il y a l’argent dans les mines d’or… Il y a l’argent dans les  4x4…Il y a l’argent dans les dîners télévisés…Il y a l’argent à Ouaga 2000. Comment ça il n’y a pas d’argent !?

Voilà : tu es un agent de l’Etat. Tu as un salaire garanti. Tu es propriétaire de 36 R+1 en location…Mon frère il faudra choisir entre ton salaire et tes locations. Partage, mon frère…Cède ton bureau à un jeune diplômé demandeur d’emploi.

Voilà : pour les nominations des grands commis de l’Etat, étant entendu qu’aux termes de la loi nul ne peut être attributaire de plus d’une parcelle accordée par la commune, aucun postulant à un poste de Direction ne pourra être nommé s’il a déjà bénéficié d’au moins deux parcelles.

Voilà : pour les candidatures à l’élection présidentielle, nul ne peut être candidat si au préalable il n’a été élu député, pour la simple raison que qui ne peut le moins ne peut le plus.

Voilà : pour les élections législatives, nul ne peut être candidat à la députation s’il  n’a jamais été élu conseiller municipal, pour le même motif que pour l’élection présidentielle : qui ne peut le moins ne peut le plus.

Tu parles trop, Toégui. T’as pas d’indemnités…T’as pas de primes…T’as pas de viim-koega…Tu n’émarges nulle part chez

Bembamba…Et tu ne peux pas fermer ta gueule ?

 

Par Charles GUIBO

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