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Faux diplômes : où en est-on ?

Faux diplômes : où en est-on ?

 

Cher Wambi,

 

On est en plein dans l’hivernage que nous souhaitons source d’abondants fruits de la terre. Et comme tu le sais depuis très longtemps, à cette période de l’année, je débute toujours ma lettre par le relevé pluviométrique hebdomadaire. Alors pour la semaine allant du jeudi 18 au mercredi 24 juin 2020, les quantités d’eau enregistrées dans les stations météo font état de :

 

 

Dori : 0 mm ; Ouahigouya : 23,4 mm ; Ouagadougou-Aéro : 18,9 mm ; Dédougou : 17,7 mm ; Fada N’Gourma : 16,2 mm ; Bobo-Dioulasso : 52,4 mm ; Boromo : 28,4 mm ; Pô : 9,6 mm ; Gaoua : 28,6 mm ; Bogandé : 0,4 mm.

 

Cher Wambi, je ne sais pas si, au moment où tu lis la présente lettre, Laye a déjà reçu son ambulance flambant neuve. Mais sache que cette promesse de campagne du président Roch Marc Christian Kaboré, alors candidat à la présidentielle de 2015, vient d’être concrétisée mardi dernier par la remise de 185 ambulances au profit des communes du Burkina Faso. Ce geste ne porte que sur un lot des 300 véhicules destinés à chacune des entités communales du pays.

 

Autant je me joins à toi pour partager ta joie pour ce don du gouvernement qui soulagera un tant soit peu du fardeau des évacuations sanitaires, autant je me joins à tous ceux qui ont été atterrés à la vue d’une des ambulances flanquée de l’image du chef de l’Etat.

 

Face à la vague d’indignation suscitée par cette photo présidentielle  sur le véhicule, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou, lors du point de presse hebdomadaire de mercredi, a déclaré : «   Sur la polémique de l’ambulance qui porte l’image du président, nous devons rester concentrés sur l’essentiel. Ce qui est important, c’est que nous avons l’opportunité d’offrir une meilleure prise en charge sanitaire, notamment en matière  d’évacuation. C’est l’utilité des véhicules qui importe ».

 

Non, Monsieur le Ministre ! La manière d’offrir est aussi essentielle que l’objet offert.

 

Associer une image du chef de l’Etat à une des ambulances n’est autre qu’une manière de dire que c’est le président Kaboré qui les a généreusement achetées ou louées, qui sait. Or il s’agit là d’un don de l’Etat burkinabè, c’est-à-dire une acquisition sur des fonds publics, sur la base de l’argent du contribuable.

 

A-t-on déjà vu sur ces nombreux véhicules offerts par des gouvernements amis du Burkina une photo de l’Américain Trump, du Nigerian Buhari, du Japonais Shinzo Abe ou du Chinois Xi Jinping, pour ne citer que ces dirigeants dont les pays nous apportent toutes sortes d’aides ?

 

A quelque cinq mois de la présidentielle, c’est-à-dire en pleine précampagne, l’usage de l’effigie du locataire de Kosyam en pareille circonstance ne peut qu’éveiller des soupçons bien fondés. L’auteur ou les auteurs de ce nauséeux coup de com politique auraient voulu faire de ces ambulances des objets de campagne du MPP qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement.

 

Mais, cher cousin, c’est toujours comme ça avec ces militants zélés, plus royalistes que le roi lui-même, capables de tout et surtout du pire sans que le chef leur donne son aval.

 

Cher Wambi, tu te souviens qu’à l’issue du Conseil des ministres du 12 avril 2019, le gouvernement avait annoncé le lancement d’une opération de contrôle de l’authenticité des diplômes des fonctionnaires en activité. Cette opération était planifiée pour débuter dès le mois de mai 2019. Quelque temps après, dans une circulaire datée du 17 juillet de la même année, le chef du gouvernement, Christophe Dabiré, invitait les présidents d’institution et les membres du gouvernement à se soumettre à l’opération en cours de contrôle des diplômes des agents publics : « Je vous prie de bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour me faire parvenir au plus tard le 31 juillet 2019 sous pli fermé les copies légalisées de vos diplômes mentionnées dans votre curriculum vitae lors de votre nomination », avait écrit le Premier ministre, convaincu que l’exemple de la « réelle transparence dans notre gouvernance » doit venir du sommet.

 

Depuis, on n’avait plus de nouvelle de cette opération jusqu’au 05 mars 2020 où, à l’issue d’un séminaire gouvernemental, le ministre de la Fonction publique, le Pr Séni Ouédraogo, a tenu a assuré à l’opinion que le processus avançait bien et dans la sérénité. Il avait également indiqué que l’opération de contrôle allait concerner la période de 1990 à nos jours tout simplement parce que nombre de ceux qui ont été intégrés à cette date dans la fonction publique sont déjà à la retraite ou à la porte de la retraite.

 

Ce jour-là, le ministre avait affirmé que les contrôles avaient déjà permis de détecter des documents non conformes mais que les autorités allaient gérer ces cas avec prudence. C’est pourquoi il a confessé que le gouvernement en avait saisi le Conseil d’Etat pour avis, car il se pourrait que « ceux qui vont être interpellés pour des problèmes sur leurs diplômes ouvrent un contentieux contre nous, en se prévalant peut-être du principe du droit acquis, parce que le gouvernement ou l’administration n’aurait pas fait son travail de contrôle au moment opportun ».

 

Cher cousin, le processus d’authentification suit son cours, comme on dit, et à ce jour une base de données de plus de 133 000 références de diplômes (académiques et professionnels) appartenant à plus 83 000 fonctionnaires a été constituée.

 

Evidemment pour cette opération, la Direction générale des examens et concours et l’Office du Bac sont fortement sollicités. La phase de vérification de diplômes des universités publiques et privées ainsi que des écoles supérieures devrait débuter ces jours-ci selon le chronogramme de travail.

 

Concernant les diplômes acquis à l’étranger, soit un peu moins de 2 000, ils doivent faire l’objet d’un contrôle spécifique à travers les services de la « valise diplomatique » et par le biais de missions de vérification à l’extérieur dès que les conditions le permettront, car, comme tu le sais, un peu partout dans le monde les frontières sont fermées à cause de la covid19.

 

C’est après tout cela que l’opération de contrôle sera finalisée et on aura un aperçu de ses résultats.

 

A ce qu’on dit, au finish, la liste des diplômes jugés douteux sera transmise à l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC).

 

Il se susurre également qu’après cette opération, un dispositif de contrôle pour sécuriser l’accès à la fonction publique sera mis en place, de même qu’une plateforme de vérification mettant en lien toutes les bases de données nationales de diplômes par les soins de l’Agence générale de recrutement de l’Etat.

 

Cher Wambi, à présent je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

 

 

-Dans une de ses précédentes Lettres, Passek Tallé faisait cas de la tentation de Venise de Tahirou Barry, candidat investi du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR) à la présidentielle du 22 novembre 2020.

 

En effet, sous la pression de son entourage familial et face à l’attitude de certains de ses soutiens qui tardent à délier les cordons de la bourse, l’ancien ministre de la Culture envisagerait de se retirer définitivement de la scène politique. Malgré l’opposition des cadres de son parti, cette option serait toujours sur la table de Tahirou Barry. 

 

Partira ? Partira pas ? La réponse demain samedi 27 juin  à Bobo-Dioulasso à partir de 10 h à la maison de la Culture Anselme-Titiarma Sanou où le MCR animera une conférence de presse relative à la présidentielle de 2020.

 

 

 

-C’est une nomination qui est passée quasi inaperçue mais qui n’a pas manqué de susciter la stupéfaction chez ceux qui, pour une raison ou une autre, ont pu remarquer son caractère étrange :

 

en effet, au sujet des nominations en Conseil des ministres du mercredi 10 juin 2020, et plus précisément au titre du ministère de la Santé, l’on s’est rendu compte qu’un magistrat a été désigné directeur général de l’Agence nationale de gestion des soins de santé primaires.

 

C’est vrai qu’il existe des passerelles entre plusieurs domaines d’activités différentes. Tout comme il est vrai que la fonction de directeur général est aussi une question de capacités managériales et non forcément d’aptitudes techniques.

 

Mais dans le cas d’espèce, où il s’agit de soins de santé, l’on est en droit de se demander comment un magistrat pourra trouver son chemin de Damas ; autrement dit, comment la toge pourra-t-elle  diriger la blouse blanche sur un terrain qui est celui de cette dernière ?   

 

 

 

-Selon des sources concordantes, un groupe de transporteurs de minibus couramment appelés « dina » de Zabré et de Gonbousgou dans la province du Boulgou, région du Centre-Est, ont manifesté dans la matinée du samedi 20 juin 2020 contre la société de transport Sana Rasmané plus connue sous l’appellation de « TSR ». Cette compagnie dessert de nombreuses localités aux niveaux national et sous-régional. Sous prétexte que leurs affaires tournent au ralenti depuis l’arrivée des cars TSR dans la province, les manifestants, qui, selon certaines indiscrétions, étaient à bord d’un minibus, ont fait sortir le personnel et les passagers en attente avant de  saccager les locaux des gares de ladite société à Zabré et a Gonbousgou. Les transporteurs anti-TSR du Boulgou se seraient rendus par la suite chez le chef coutumier de Zabré avec les clés de la gare de la localité. Après le refus de ce dernier de les recevoir, ils se sont rendus à la préfecture de Zabré. Depuis lors, les passagers de TSR de Zabré et de Gonbousgou en possession de leurs tickets de voyage ainsi que les fidèles clients de la société parmi lesquels les fonctionnaires de la zone ne savent plus à quel saint se vouer.  

 

 

 

-Le journaliste Adama Ouédraogo Damiss est à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) où il purge une peine de 5 ans infligée par le tribunal militaire de Ouagadougou dans le cadre du procès du putsch manqué de septembre 2015. On connaissait déjà son problème d’asthme mais ces derniers jours, sa santé s’est détériorée puisqu’il souffre d’un mal plus grave. C’est la raison des dernières consultations qu’il a effectuées en clinique. Le mal qui lui a été diagnostiqué commande un aménagement de sa peine de sorte qu’il puisse rapidement débuter un traitement adéquat pour éviter que son état empire. Sa situation carcérale ne permettra pas une bonne prise en charge de sa santé. C’est d’ailleurs pourquoi il aurait récemment introduit une demande de remise en liberté, quitte à ce que cette liberté soit encadrée, assortie de toutes les conditions jugées nécessaires par les autorités judiciaires compétentes. Une demande pour raison humanitaire donc. Et c’est en raison de cet humanisme que les autorités devraient faire un geste avant qu’il ne soit trop tard pour que Damiss puisse se soigner et recouvrer la santé.

 

 

 

-Ces dernières heures, les réseaux sociaux ont fait état de ce que Christiane Savadogo, la jeune dame qui avait appelé au meurtre par empoisonnement de Bassolma Bazié, le secrétaire général de la CGT/B, a été arrêtée et déférée à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) il y a déjà quelques jours. Il faut espérer que le droit sera dit dans toute sa rigueur.

 

Il faut dire qu’on ne sait pas ce qui se passe dans la tête des Burkinabè ces derniers temps. Il y a eu avant cela le cas de l’étudiant qui avait appelé à tuer les Peuhls ;  heureusement qu’il a été identifié, arrêté, jugé et condamné comme il faut. Alors que cette affaire infâme créée par ce baudet qui se dit étudiant ne s’est pas encore estompée, voici que Dame Savadogo nous sert un truc macabre et nauséeux.

 

On a déjà suffisamment de problèmes. Les propos de la dame peuvent être considérés comme des élucubrations, mais à supposer que juste après cet appel Bassolma ait eu une migraine ou tout autre mal, difficile de ne pas y voir, de prime abord, un lien de cause à effet. C’est pourquoi il faut sévir pour dissuader tout internaute d’imiter cette dame ou cet étudiant.

 

 

 

-93 élèves sous-officiers de gendarmerie ont été radiés des effectifs alors qu’ils étaient en 2e année de formation à Bobo-Dioulasso. Le ministre de la Communication, Rémis Dandjinou, a annoncé lors du dernier point de presse du gouvernement qu’en plus de refuser de participer à la marche, ils avaient quitté l’école et « un certain nombre d’entre eux ont continué d’exercer une pression sur les autres pour qu’ils ne retournent pas à l’école. Parmi les 93 sanctionnés, il y a ceux qui ont abandonné les postes de garde et les armes ce jour-là, et ceux qui incitaient au mouvement ».

 

Et lorsqu’ils ont su qu’ils allaient être vidés, ils ont commencé à appeler au dialogue jusqu’à être mis à la porte. Mais dans pareille situation, de quel dialogue ils parlent, ces jeunes gens ? En 2e année de formation, ils doivent savoir que la discipline est la force principale de toute armée et sa colonne vertébrale. Déjà en formation, ils demandent des garanties de sécurité, que n’exigeront-ils pas plus tard avant d’aller combattre les terroristes sur le terrain ? C’est pourquoi il faut saluer le commandement, qui a préféré se séparer de la vermine tout de suite pour ne pas avoir à gérer plus tard des vipères.

 

 

 

-Il a fallu neuf jours pour  que le présumé meurtrier de Dame « Kadi café noir», vendeuse de café express dans un kiosque de Karpala, soit appréhendé par les koglwéogo. L’on se rappelle  l’agression de celle-ci devant sa porte le 15 juin aux environs de 20 h alors qu’elle revenait de son lieu de travail. Le présumé coupable, un jeune du même quartier, dit-on, aurait porté un  coup fatal à l’infortuné, enceinte, pour s’emparer de sa moto scooter. Il a été mis au frais le mercredi 24 juin.  Avec cette arrestation, il faut saluer la bravoure de ces groupes d’auto-défense étant donné que leur existence n’a cessé de faire polémique.  En plus de cet agresseur, les koglwéogo auraient, dans une grande opération menée ces derniers jours, mis la main sur plusieurs délinquants en possession des butins dérobés.

 

 

 

-Le samedi 21 juin 2020 à partir de 10 h à Kaya dans la salle polyvalente du gouvernorat du Centre-Nord, aura lieu la commémoration du premier anniversaire de l’Appel de Manéga.

 

Les activités commémoratives, qui s’étalent du 15 juin au 15 juillet, seront marquées ce samedi par la distinction d’éminentes personnalités de « l’Etalon de Manéga pour la paix ».

 

Parmi les récipiendaires, le gouverneur du Centre-Nord, Casimir Séguéda, le chef de Kaya et celui de Manga, tous trois considérés artisans de la réconciliation entre  Kaya et Manga, deux localités dont les relations s’étaient détériorées, il y a une trentaine d’années de cela, suite à  un match de football.

 

La cérémonie sera parrainée par le jeune Dima de Boussouma, le Naaba Sigri.

 

 

 

-Toujours ce samedi 27 juin, à la cathédrale de l’Immaculée Conception de Ouagadougou à partir de 10h, sera célébré le jubilé d’or sacerdotal de Séraphin Rouamba et Thomas Kaboré, respectivement archevêque émérite de Koupéla et évêque émérite de Kaya.

 

Le 12 juillet, en l’église Notre-Dame de Kologh-Naaba, dont Mgr Séraphin Rouamba est ressortissant et où Mgr Thomas Kaboré a eu à exercer la charge de curé, sera également célébrée une messe d’action de grâce.

 

 

 

-Au moment où les activités sont sur le point de reprendre, l’Association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB) veut aussi participer à cette reprise  avec les acteurs directs. C’est la raison pour laquelle elle entend servir de rampe de lancement au niveau du football. Longtemps hésitante sur la tenue de sa Supercoupe, l’AJSB veut se rendre au pied du pic Nahouri pour la 27e édition. L’opportunité est toute belle, car la finale aura lieu le 4-Août et ce jour, Pô va accueillir le chef de l’Etat pour la sortie des soldats de l’académie militaire Georges Namoano. Du coup, les journalistes sportifs veulent amener le 1er Etalon au stade provincial de la localité d’autant plus que la supercoupe est placée sous son très haut patronage. Mieux, le nouveau stade de Pô, dont on dit beaucoup de bien des infrastructures et de la pelouse synthétique, aura son baptême du feu.

 

 

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle  n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

 

 

Ainsi va  la vie.

 

Au revoir.

 

 

 

Ton cousin

 

 Passek Taalé

 

Dernière modification ledimanche, 28 juin 2020 17:03

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