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58e sommet de la CEDEAO : Les chefs d’Etat dans un marquage serré de la junte malienne

58e sommet de la CEDEAO : Les chefs d’Etat dans un marquage serré de la junte malienne

Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont tenu le samedi 23 janvier 2021 le 58e  sommet ordinaire de la Communauté. Au menu de cette visioconférence, l’examen du rapport annuel de la Commission, celui de  la 45e session ordinaire du conseil  de médiation ainsi que les conclusions de la 85e session ordinaire du Conseil des ministres.

 

 

Traiter cet ordre du jour a conduit les chefs d’Etat à se pencher principalement sur l’impact de la covid 19 en Afrique de l’Ouest, la crise sécuritaire au Sahel et la transition au Mali.

 

 

De la crise sanitaire à celle sécuritaire en passant par les questions politiques et économiques, c’est un sommet marathon qui aura permis aux premiers décideurs ouest-africains de faire un large tour d’horizon des principaux problèmes d’actualité qui préoccupent  la région. Des conclusions de ce sommet, il faut noter que les chefs d’Etat ont pris acte du report sine die de la création de l’éco, la monnaie commune de la zone, et de l’invite faite aux pays de la Communauté qui n’ont pas encore ratifié l’Accord de création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) à le faire, on retient surtout l’appel pressant aux autorités de la Transition au Mali à respecter scrupuleusement l’agenda politique vers des élections générales d’ici 14 mois dans le pays.

 

Cet appel, on s’en doute, est une suite logique du rapport de la Mission de médiation au Mali, créée par l’organisation après le coup d’Etat  du 18 août 2020 qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). La CEDEAO, on s’en souvient, avait exigé une brève période transitoire conduite par des civils. Une exigence qui induit la dissolution du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), l’organisation mise en place par la junte qui a déposé le président IBK.

 

 

Depuis lors, les putschistes prennent du temps et font les choses à leur manière et à leur rythme. Ainsi, non seulement leur chef, Assimi Goïta, a été bombardé vice-président du Mali, mais son second, Malik Ndaw, a été désigné président du Parlement transitoire (CNT). Plus grave, le CNSP, près de 5 mois après la recommandation de la CEDEAO sur sa dissolution, a toujours pignon sur rue à Bamako.

 

A quoi sert donc cet organe parallèle au gouvernement et au Parlement transitoire ? Officine de conception et d’orientation de la politique gouvernementale ou directoire de caporalisation des autorités étatiques, le CNSP est l’expression de  l’ambiguïté  de la position d’Assimi Goïta et compagnie. Ambiguïté lisible dans une stratégie de partir du pouvoir tout en y restant. C’est-à-dire nommer des civils aux postes de responsabilité tout en gardant une mainmise sur les leviers de l’appareil d’Etat.     

Les chefs d’Etat de la CEDEAO, qui perçoivent bien ce jeu à peine dissimulé des putschistes maliens, leur font un marquage à la culotte. Il faut en effet éviter toute surprise désagréable, notamment celle d’une transition qui dure plus que de raison, ou encore l’impulsion de réformes politiques sur mesure qui permettraient à un des putschistes d’être parachuté « démocratiquement » président du Mali à la fin de la Transition.

Mais quoi que fassent les dirigeants de la CEDEAO, il appartient au peuple malien, à l’aune des avatars de son histoire, d’écrire cette nouvelle page de son destin  ouverte par le coup d’Etat du 18 août 2020. Dans cette dynamique, dans un rôle d’appui-conseil, la CEDEAO ne peut que l’accompagner, pas se substituer à lui. On attend de voir.

 

La rédaction

Dernière modification lelundi, 25 janvier 2021 21:24

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