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Une Lettre pour Laye : Affaire Thomas Sankara : nouveau rendez-vous le 16 mars

Une Lettre pour Laye : Affaire Thomas Sankara : nouveau rendez-vous le 16 mars

 

Cher Wambi,

 

Après de longues années de surplace, le dossier Thomas Sankara a véritablement pris son envol au tribunal militaire de Ouagadougou,s notamment depuis l’insurrection populaire de 2014. Le juge d’instruction a bouclé son travail et le dossier a été transmis à la chambre de contrôle de l’instruction. C’est ainsi que cette juridiction a tenu du 19 au 27 janvier 2021 l’audience de confirmation des charges.

 

 

Sur cette période, les différents accusés, assistés de leurs avocats, ont défilé à la barre de la chambre de contrôle. Cette étape décisive consiste à vérifier si l’instruction a été régulière et s’il y a des charges suffisantes ou non pour renvoyer ou non devant la chambre de jugement les différents accusés.

 

Plus de 15 personnes sont poursuivies dans l’assassinat de Thomas Sankara lors du coup d’Etat du 15 octobre 1987. Parmi elles, il y a Blaise Compaoré, dit Jubal, le principal bénéficiaire du putsch, mais aussi d’autres personnes dont les plus emblématiques sont le général Gilbert Diendéré, l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando, chef de la sécurité rapprochée de Blaise, le colonel major Jean Pierre Palm, le colonel Alain Bonkian (décédé en 2018), mais aussi le Dr Alidou Diébré qui a signé le certificat de décès du leader de la Révolution avec la mention « mort naturelle ».

 

Comme tu le sais, la diversité des personnes poursuivies implique une diversité des charges. Ainsi, les infractions vont de l’assassinat au recel de cadavre en passant par l’attentat à la sûreté de l’Etat et à des charges comme la subornation de témoins et le faux en écriture publique.

 

L’audience de confirmation des charges s’est tenue en chambre de conseil sans anicroche jusqu’au mercredi 27 janvier. A présent, la décision de la chambre de contrôle est attendue avec anxiété par tous les accusés. Cette décision devrait être connue le mardi 16 mars 2021. Ce jour-là, la chambre de contrôle de l’instruction, dans le meilleur des cas, rendra un arrêt de renvoi dans lequel, comme je te le disais plus haut, on connaîtra le nom de chaque accusé et les charges retenues contre lui. Ceux-là devront répondre à la barre de la chambre de première instance du tribunal militaire de Ouagadougou lors d’un procès dont la date sera fixée ultérieurement. Mais outre cette éventualité, la chambre de contrôle pourrait, s’il y a lieu, ordonner l’inculpation de certaines personnes, prononcer des non-lieux, voire faire reprendre une partie de l’instruction.

 

Mais l’un dans l’autre, cher cousin, on peut avouer que plus que jamais, on s’achemine vers un jugement du dossier Thomas Sankara, 34 ans après son assassinat et celui de ses 12 compagnons d’infortune.

 

 

 

Cher Wambi, dans ma lettre de vendredi dernier, je te faisais cas de la saison des migrations en cours dans le microcosme politique burkinabè, avec notamment l’adhésion de l’UPC à l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) et le probable ralliement de la NAFA et des sept autres partis de l’opposition au même camp.

 

Eh bien, sache qu’au terme de la réunion du secrétariat exécutif national de la NAFA tenu samedi dernier et que je t’avais annoncée dans la même missive, les participants ont « approuvé à l’unanimité », selon un cadre du parti, ce virage à 1800 . Mais dans son changement de cap, le navire actuellement entre les mains du professeur Mamoudou Dicko n’accostera pas au quai présidentiel avec tout son équipage.

 

En effet, cher cousin, trois jours seulement après ce rapprochement politique, un membre fondateur de la NAFA et ancien député du parti, François Zilma Bacyé, dans une lettre adressée au secrétaire exécutif national, a rendu sa démission au regard des « graves dysfonctionnements dans la conduite des affaires du parti depuis le dernier Congrès ».

 

Faut-il voir dans cette défection une quelconque relation de cause à effet avec le basculement que la NAFA vient  d’opérer « à l’unanimité » ?

 

Sans pour autant répondre explicitement à la question, M. Bacyé, joint hier au téléphone, estime que cette adhésion à la majorité présidentielle s’est faite au mépris des textes du parti. Pour ce proche du général Djibril Bassolet, père fondateur de la NAFA, le secrétariat exécutif national n’a pas compétence pour entériner une telle décision majeure. Selon lui, seule une instance supérieure, comme le bureau exécutif national ou le congrès, a le pouvoir de prendre une telle option politique.

 

Sur la santé de Djibril Bassolet, évacué fin janvier 2020 en France pour y recevoir des soins appropriés, François Zilma Bacyé a affirmé que les nouvelles étaient bonnes, car le général se « porte désormais très bien », avant d’ajouter ne rien savoir sur la date de son retour à Ouagadougou.

 

 

 

Cher Wambi, un des points de l’actualité qui fait le buzz ces derniers jours est sans conteste la démission de la Fonction publique du grand syndicaliste Bassolma Bazié, secrétaire général de la CGT-B.

 

Son cas me rappelle, cher cousin, celui d’un autre « Enfant terrible » du syndicalisme dans notre pays, Boniface Kaboré, de l’Organisation voltaïque des syndicats libres (OVSL), aujourd’hui l’ONSL, lequel,  dans les années 70, avait lui aussi préféré quitter la fonction publique à cause d’une affectation en province (Fada N’Gourma) qu’il avait considérée comme une sanction.

 

C’est ainsi qu’il avait créé un journal quotidien, « Kibaré » avant de se consacrer au syndicalisme.

 

Mais bien d’autres « Enfants terribles » du syndicalisme, notre pays en a connu.

 

Sauf erreur ou omission de ma part, je peux citer par ordre d’aînesse :

 

- Joseph Ouédraogo, dit « Joe Ouéder », l’homme qui prit la tête de l’intersyndicale le 3 janvier 66 et fut à la proue du mouvement qui provoqua la chute du premier président, Maurice Yaméogo.

 

«Joe Ouéder» fut un des créateurs de la confédération africaine des travailleurs croyants, l’actuel SNTB.

 

- Zoumana Traoré, alors à la tête de la centrale Union syndicale des travailleurs voltaïques (USTV), aujourd’hui USTB, battit en fin décembre 65 le rappel  de tous les syndicats pour s’opposer au projet d’abattements salariaux et sociaux qui furent le casus belli du 3-Janvier.

 

- François de Sales Kaboré, emblématique SG de l’Organisation voltaïque des syndicats libres (OVSL), actuelle ONSL, mort prématurément dans un accident de la route sur le trajet Bobo-Ouaga dans les années 70, a longtemps croisé le fer avec les hommes politiques du pouvoir.

 

Boniface Kaboré, justement, qui prit la succession de François de Sales à la tête de l’OVSL, fut surnommé Fidèle Castro à cause de ses célèbres harangues des travailleurs à la Bourse du travail.

 

- Soumane Touré, de la Confédération syndicale voltaïque (CSV), aujourd’hui CSB qui fut à l’avant-garde des grèves qui ont sécoué les régimes de 75 à 80.

 

- Plus près des générations actuelles, Tolé Sagnon de la même CGT-B, dont le rôle est bien connu dans la lutte du Collectif contre l’impunité.

 

 

 

Cher Wambi, à présent, je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

 

 

On la croyait reléguée aux oubliettes, mais la lèpre, cette maladie invalidante, refuse résolument d’être boutée hors de nos frontières. En effet, le mycobacterium leprae ou bacille de Hansen, bactérie responsable de cette maladie, est loin de foutre le camp. La preuve nous a été donnée lors d’une campagne de dépistage en stratégie avancée dans quatre villages du district sanitaire de Dano, dans la région du Sud-Ouest, sur la période du 24 au 29 janvier 2021. Le bilan est toujours provisoire mais montre qu’il fallait mener cette campagne puisque lors des 2 premiers jours, 5 cas positifs ont été dépistés.

 

Le choix de cette zone n’est pas fortuit car en 2020, les données nationales partielles faisaient état de 143 cas dépistés, dont 23 dans la seule région du Sud-Ouest.

 

Ce travail de dépistage sur le terrain est mené par le Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées avec le soutien de la Fondation Raoul Follereau.

 

Il faut savoir que la lèpre est une maladie infectieuse chronique contagieuse. Elle se transmet par un mode qui implique des contacts étroits et durables et une promiscuité de type familial (postillons et mucosités de lépreux).

 

 

 

Le journaliste Adama Ouédraogo Damiss vient de publier un livre intitulé « Le chemin de croix d’un prisonnier politique ». L’auteur, comme on le sait, purge depuis 2019 une peine de prison de 5 ans à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) suite au procès du putsch manqué de septembre 2015. Dans cet ouvrage de 170 pages, Damiss raconte les conditions de son arrestation mais également le déroulement du procès et se disculpe de toute complicité avec les putschistes.

 

Ce livre est préfacé par le Bâtonnier Mamadou Savadogo et est disponible à la librairie Jeunesse d’Afrique au prix unitaire de 5 000 FCFA.

 

 

 

Samedi 30 janvier 2021, il y aura foule à Maasmè à Issouka de Koudougou. La raison ? La célébration du nabasga ou fête coutumière annuelle du Naaba Saaga 1er  d’Issouka.

 

La cérémonie officielle, qui débute à partir de 10 h,  se déroulera en trois phases essentielles :

 

- Première sortie du chef en toge rouge avec un sabre. Le rouge indiquant, entre autres, que le chef doit être capable d’aller au front afin de verser son sang pour son peuple.

 

- Deuxième sortie avec une toge blanche, ce qui signifie que le chef demeure un homme de paix pour ses administrés.

 

- Troisième sortie en toge multicolore en référence, entre autres, à la diversité.

 

S’ensuivront les salutations traditionnelles puis le zoom-koom, déjeuner offert par le chef.

 

Mélange des rites oblige, une messe sera dite le dimanche 31 janvier à partir de 9 h à la paroisse Saint-Joseph Mukassa.

 

Toujours dans le sens des grandes retrouvailles, signalons le doua d’anniversaire, ce samedi 30 janvier à partir de 8 h, de la mère de l’ancien député qu’on ne présente plus, le célèbre Mamady Lamine Kouanda, à son domicile de la Patte-d’Oie.

 

Toujours dans notre agenda, retenons qu’aujourd’hui vendredi 29 janvier à partir de 18 h 30 à la cathédrale de Ouagadougou, sera célébrée une messe d’action de grâce à l’issue « du déroulement apaisé des élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020 ».

 

A cette messe, initiée par le SEPAFAR (Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables) et qui sera présidée par le cardinal Philippe Ouédraogo himself,  sont conviés les membres du gouvernement, les députés, les responsables des partis politiques, les acteurs de la société civile, les membres des institutions ecclésiastiques, les médias, les membres et sympathisants du SEPAFAR et toutes les personnes de bonne volonté.

 

 

 

Créée en 1972, l’école primaire publique de Tanzéongo, dans la circonscription d’éducation de base de Mané, soufflera ses 50 bougies en 2022.  Dans cette perspective du jubilé d’or, les anciens élèves de cet établissement de la province du Sanmatenga, construit grâce à la contribution d’une Américaine, se retrouveront en assemblée générale, ce dimanche 31 janvier à Tanzéongo. Cette rencontre devrait servir de cadre pour porter sur les fonts baptismaux une association dans laquelle se reconnaîtront désormais tous les anciens écoliers de ce temple du savoir.

 

 

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle  n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

 

 

Ainsi va  la vie.

 

Au revoir.

 

 

 

Ton cousin

 

 Passek Taalé

 

Dernière modification lelundi, 01 février 2021 22:26

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