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Lutte contre le covid 19 : Des vaccins à dose homéopathique

Lutte contre le covid 19 : Des vaccins à dose homéopathique

 

Il ne manquait guère que les 21 coups de canon et les hymnes nationaux pour que le scénario soit complet.

 

 

Un avion bien spécial a atterri hier à Johannesburg. Au pied de l’échelle de coupée, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa en personne, comme s’il accueillait un de ses homologues venu pour une visite d’Etat.

 

Il faut dire que la cargaison que l’avion transportait est on ne peut plus précieuse, pour ne pas dire vitale pour le pays ; tant et si bien qu’après l’atterrissage, les forces de l’ordre, armées jusqu’aux dents, ont escorté le précieux colis jusqu’à un bunker tenu secret et hautement sécurisé.

 

Ce sont en effet un million de doses du vaccin anti-covid-19 du laboratoire britannique AstraZeneca/Oxford qui ont été réceptionnées par la Nation arc-en-ciel. 500 000 autres devraient arriver d’ici la fin de ce mois, et les premières injections avoir lieu dans deux semaines. Cible prioritaire, le personnel médical, cette armée blanche en première ligne dans cette guerre contre un impitoyable ennemi qui a mis la planète sens dessus dessous avec à ce jour plus de 100 millions de cas à travers le monde et plus de 2 millions de décès.

 

Une crise qui a pour conséquences catastrophiques l’effondrement des économies mondiales, l’arrêt des activités sociales et culturelles. Bref, une vie au ralenti avec notamment cette seconde vague encore plus foudroyante.

 

L’ennemi est d’autant plus insaisissable que des variants britannique, sud-africain, brésilien et californien ont fait leur apparition.

 

Et si les gestes barrières ainsi que les différentes mesures privatives de liberté, comme le couvre-feu, le confinement, la fermeture des lieux de culte et des lieux publics permettent tant bien que mal de limiter la casse, l’on fonde aujourd’hui un grand espoir sur ces différents vaccins aux noms aussi rébarbatifs les uns que les autres. A côté du Britannique AstraZeneca/Oxford, nous avons par exemple l’américano-allemand BioNtech et Pfizer, le chinois Sinopharm, le russe Sputnik V, les américains Novavax et Johnson and Johnson. Des vaccins à l’efficacité variable d’un laboratoire à l’autre.

 

La semaine dernière, au cours du forum de Davos traditionnellement consacré aux questions économiques et financières mondiales, le président sud-africain a poussé un coup de gueule contre « le nationalisme vaccinal » de certains Etats, occidentaux en l’occurrence, qui ont parfois commandé plus de doses qu’ils n’en avaient besoin pour leurs populations, au détriment des petits pays, notamment africains, premières victimes de ce fossé vaccinal qui s’est creusé.

 

On imagine donc combien Cyril Ramaphosa, qui pourrait d’ailleurs se faire vacciner en premier pour donner l’exemple, doit être soulagé d’avoir obtenu sa part du graal dans la mesure où son pays, avec 1,46 millions de personnes officiellement infectées pour 44 000 décès, est le plus touché sur le continent.

 

Au total, la patrie de Nelson Mandela a réservé 20 millions de doses du vaccin de Pfizer, auxquelles s’ajoutent 12 autres millions par le biais du système Covax mis en place par l’OMS, 9 millions de celui développé par Johnson and Johnson. Des provisions qui devront lui permettre de vacciner d’ici fin 2021 au moins 67% de sa population, à peu près 40 millions de personnes.

 

Mais si la première puissance continentale a obtenu gain de cause après avoir bataillé dur, la plupart des Etats africains se débattent toujours sur ce marché vaccinal où les enchères se sont envolées, ne comptant que sur les 670 millions de doses obtenues par l’Union africaine au profit de ses Etats membres mais dont on se demande si elles n’auront pas l’effet du médecin, ou du moins, du vaccin, après la mort. Pour le moment, seuls les Seychelles, Maurice, le Maroc notamment ont commencé une campagne de vaccination sur un continent qui résiste moins bien à la seconde vague qu’à la première vue l’accroissement ces dernières semaines du nombre de contaminations et de décès.

 

 

 

Hugues Richard Sama

 

Dernière modification lemercredi, 03 février 2021 21:58

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