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Contestations postélectorales au Niger : Si maintenant ils s’en prennent aux journalistes…

Contestations postélectorales au Niger : Si maintenant ils s’en prennent aux journalistes…

 

Ça tangue depuis quelques jours au Niger, mais le tango démocratique continue. Inexorablement. Après 48 heures de manifestations violentes, d’actes de vandalisme sur des biens publics et privés, le calme revenait progressivement hier à Niamey nonobstant quelques faits isolés vite maîtrisés par les forces de sécurité appuyées par l’armée.

 

 

 

 

Ces journées de surchauffe auront cependant causé la mort d’au moins  deux personnes, victimes innocentes sacrifiées sur l’autel d’ambitions politiques contrariées. A l’origine de cette tension, la contestation, rappelons-le, des résultats encore provisoires des résultats du second tour de la présidentielle nigérienne du dimanche 21 février 2021. Proclamés le mardi 23 février dernier sous réserve de confirmation par la Cour constitutionnelle, ils donnent Mohamed Bazoum vainqueur avec 55,75% des suffrages exprimés valables contre 44,25% à son rival Mahamane Ousmane.

 

Un verdict qui n’a pas eu l’heur de plaire au candidat du Renouveau démocratique et républicain (RDR-Tchandji) qui s’est autoproclamé gagnant - à 50,30% selon ses chiffres à lui - après avoir envoyé dans la rue les hordes de contestataires avec les conséquences qu’on sait. Alors même que les cibles des manifestants se limitaient jusque-là aux biens et symboles de l’Etat et assimilés ainsi qu’aux militants du parti au pouvoir, ceux de ses alliés  et leur patrimoine, la furie aveugle a même atteint maintenant les journalistes. Et quand on commence à s’en prendre aux hommes et femmes de médias qui prennent déjà de nombreux risques pour informer les populations, c’est la démocratie même qui est en danger.

 

Hier dans la matinée, le domicile de Moussa Kaka, correspondant de Radio France international au Niger, a ainsi été incendié par les vandales à la solde du mauvais perdant et de ses alliés au motif que cette voix bien connue dans toutes les chaumières de l’Afrique francophone roulerait ou, plutôt, parlerait pour le porte-drapeau du Parti nigérien pour le développement et le socialisme (PNDS-Tarayya). Sans le moindre début de commencement de preuve. On a beau en effet suspecter RFI et France 24 d’être les bras médiatiques de la France en Afrique rattachés de ce fait au ministère des Affaires étrangères, difficile pour autant d’instruire ce genre de procès en sorcellerie contre nos confrères qui s’efforcent d’être équitables et impartiaux dans le traitement de l’information comme on a encore pu le vérifier dans le cas d’espèce.

 

Du Trumpisme donc à la sauce nigérienne de la part de l’Ex, nourri aux relents fétides de la haine ethnique et raciale, qui n’honore pas les commanditaires de ces actes et il faudra sans doute que des gens paient pour les destructions, les pertes en vies humaines et le trouble à l’ordre public. Déjà, près de cinq cents personnes ont été interpellées et d’autres sont activement recherchées. A l’image d’Hama Amadou du Moden Fa-Lumana dont la candidature avait été retoquée par les Sages en raison de sa condamnation dans l’affaire dite des bébés trafiqués et qui a, de ce fait, apporté son soutien à l’ancien président Mahamane Ousmane. Plus que le mauvais perdant du RDR-Tchandji, Hama+ serait, de l’aveu même du ministre de l’Intérieur, Alkache Alhada, qui a donné hier une conférence de presse sur la situation, le véritable instigateur de la guérilla urbaine dans cette capitale qu’il maîtrise tant. Et il se planquerait quelque part, s’il n’a pas déjà traversé la frontière, de nouveau sur le chemin d’un exil qui pourrait bien être définitif cette fois-ci si cela s’avérait.

 

Si ces accusations étaient fondées, ce serait vraiment navrant. Comment en effet des responsables politiques de cette trempe pourraient allumer le feu qui menace d’embraser le pays avant de disparaître dans la nature la queue entre les jambes  après avoir envoyé au casse-pipe les enfants des autres, de pauvres hères désœuvrés utilisés comme chair à canon électoral pendant que leurs propres rejetons sont à l’abri, bien au chaud dans leurs résidences bunkérisées ou à l’extérieur ?

 

Une telle attitude, peu chevaleresque, rappelle du reste, dans un tout autre registre, ces chefs terroristes qui transforment les gamins et les femmes de leurs disciples en bombes humaines qui explosent au milieu des marchés, des gares et même des mosquées avant d’aller roucouler la nuit venue entre les jupons de leurs mousmés. Si ce n’est pas diabolique !

 

 

Ousséni ilboudo

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