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Présidentielle 2022 au Mali : Repli tactique ou définitif des militaires?

Présidentielle 2022 au Mali : Repli tactique ou définitif des militaires?

 

Enfin, ça y est ! Ils l’ont décidé : l’élection présidentielle malienne aura lieu le 28 février 2022. Eux, ce sont les autorités de la transition. Le petit soulagement, c’est que c’est maintenant clair dans les esprits.

 

Cette élection qui, rappelons-le, est couplée aux législatives, est le vœu exaucé d’une grande partie de la classe politique malienne, pour ne pas dire du Malien tout court, qui était sur des charbons ardents dans l’attente de cette décision, encouragée en cela par la mise en place chaotique d’une transition. Les faits sont en effet têtus : c’est suite à des manifestations de trois mois pilotées par le Mouvement du 5-Juin (M5), avec comme boussole l’emblématique imam Mahmoud Dicko, qu’un coup d’Etat contre le président élu Ibrahim Boubacar Kéita a été perpétré le 28 août 2020, mettant en orbite de jeunes colonels dont les têtes de proue étaient Assimi Goïta et Ismaël Wagué.

 

Le peuple a aussitôt envahi les rues, scandant le bien qu’il pense de ces soldats venus sortir la patrie de la crise dans laquelle elle s’était engluée. Un Conseil national pour le salut du peuple (CNSP) est mis en place par des colonels, braves certes, mais qui se révèleront inexpérimentés à tous points de vue. Du reste, ils n’ont pas été formés pour cela. Petit à petit donc, ils se mettront à dos bien des acteurs, à commencer par ceux-là même qui avaient ferraillé pour que le changement se fasse. Il y avait comme une espèce de détournement de la colère des populations par les militaires. Excédé, le fer de lance qu’est le M5-RFP pestera lors d’un meeting : « C’est la pire transition de l’histoire du Mali. Une transition sans boussole ni repère, ne sachant où aller ni que faire ». Ambiances…

 

Toutes les prières étaient pour la dissolution de ce CNSP vomi. Finalement, ses membres qui ont accaparé le pouvoir choisissent la stratégie du repli (tactique?) et disent oui. Un gouvernement civilo-militaire est formé en septembre 2020, où, là encore, les putschistes se taillent la part du lion. Un colonel major à la retraite (Ba N’Daw) est nommé président, le colonel Assimi Goïta, celui-là même qui réceptionnait les CV des candidats, est vice-président. Les militaires ont accaparé les leviers du pouvoir, occupant beaucoup d’autres postes stratégiques : Défense, Administration territoriale, Sécurité, Réconciliation nationale. Mieux, 13 gouverneurs sur 20 sont de l’armée.

 

« A quand la fin ? » se demande-t-on. Pour voir dans le verre à moitié plein, disons qu’une lueur d’espoir se profile à l’horizon avec les échéances électorales, même si le tout n’est pas d’aller aux élections. Le moment venu, l’on serait en effet bien curieux de voir comment vont se comporter les militaires. Vont-ils dire adieu à la politique et laisser la place aux civils ?  Ou, comme il est de coutume, un des officiers va-t-il démissionner de l’armée pour se présenter et légaliser par les urnes ce qu’ils ont obtenu par les armes ? Mystère et boule de gomme… pour l’instant. En attendant, des indices pourraient nous éclairer. On pourrait les voir venir avec leurs grosses bottes, à travers par exemple une manifestation, pour encourager à la candidature d’un des leurs. Sous nos tropiques, ce ne serait d’ailleurs pas une surprise.

 

 

 

Issa K. Barry

 

 

 

Dernière modification ledimanche, 18 avril 2021 17:29

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