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Condamnation à 25 ans d’un chef de la LRA : Dominic avait 9 ans et allait tranquillement à l’école…

Condamnation à 25 ans d’un chef de la LRA : Dominic avait 9 ans et allait tranquillement à l’école…

 

«A la lumière de la gravité des crimes que vous avez commis, la Chambre vous condamne à une période totale d’emprisonnement de 25 ans», a déclaré le juge Bertram Schmitt. Ainsi donc est tombée la sentence de la Cour pénale internationale de La Haye, hier jeudi, à l’encontre de l’Ougandais Dominic Ongwen, rebelle commandant de la LRA, l’Armée de résistance du seigneur de Joseph Kony, qui écumait pratiquement quatre pays que sont l’Ouganda, le Soudan, le Congo et la Centrafrique dans les années 2000.

 

 

Aujourd’hui en cavale, visé par un mandat de la CPI depuis 2005, le grand chef Joseph Kony avait, à la fin des années 80, déclenché une rébellion, contre Kampala, notamment pour imposer sa propre version des dix Commandements, se permettant même d’ajouter un 11e amendement interdisant de rouler à vélo. A l’actif de celui qui portait très bien son surnom de « Messie sanglant », 100 000 personnes tuées et plus de 60 000 enfants enlevés.

 

Dominic Ongwen, devenu quelques années après le fidèle lieutenant de Kony, faisait justement partie de ces mineurs transformés en machine à tuer et à violer, lui qui a été enlevé vers l’âge de 9 ans pendant qu’il se rendait à l’école. En 2015, il avait par contre eu un grain de lucidité, faisant preuve de sagesse en se rendant lui-même aux forces armées ougandaises et aux forces spéciales américaines. Depuis lors, il méditait sur son triste sort, hanté par les cauchemars, attendant son jugement. En janvier dernier, la Cour avait reconnu sa culpabilité dans 61 des 70 chefs d’accusation qui pesaient sur lui. Restait à déterminer la sentence, qui est connue depuis hier jeudi 6 mai 2021.

 

Comme nous l’avons souligné plus haut, il écope donc de 25 ans de prison, en lieu et place de la perpétuité que beaucoup pensent qu’il méritait amplement. Le tribunal ayant été quelque  peu sensible aux cris de détresse lancés par cet adulte à l’enfance volée et violée, qui se dit être lui-même une victime de la rébellion. « J’ai la malchance d’être encore en vie… Ce qui m’est arrivé, je ne crois même pas que cela soit arrivé à Jésus-Christ », a-t-il témoigné. Au vu des souffrances extrêmes que lui-même a donc endurées, la Chambre a eu la main certainement leste, trouvant que le fait pour le condamné, qui a 45 ans, de passer le reste de sa vie en prison serait excessif… même si sa culpabilité ne fait l’objet d’aucun doute.

 

Le cas Dominic Ongwen pose la problématique de l’enfant-soldat sous nos cieux et partout ailleurs. Un rapport plus récent (juillet 2019) faisait état de plus de 7 000 cas confirmés de recrutements d’enfants dans 16 pays dont les plus représentatifs sont la Somalie, le Nigeria et la Syrie. Et leur situation est gérée avec beaucoup de doigté, car ils sont cueillis et dressés tels des chiens à mordre par de perfides adultes. Et on peut dire que, quelque part, et sans le savoir, l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance) a plaidé pour le «pauvre» Dominic Ongwen. D’après cette organisation en effet, la notion d’enfant-soldat concerne « toute personne âgée de moins de 18 ans qui est, ou qui a été, enrôlée et utilisée par une force armée ou groupe  armé à quelque titre que soit, y compris, mais non exclusivement, les enfants, garçons et filles, utilisés comme combattants, cuisiniers, porteurs, espions ou à des fins sexuelles». Le petit Dominic avait 9 ans et se rendait à l’école…

 

 

Issa K. Barry

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