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Jeûne : Rupture œcuménique chez le cardinal

Jeûne : Rupture œcuménique chez le cardinal

Le jeûne du ramadan est pratiquement à sa fin. C’est le moment choisi par la Ligue islamique pour la paix au Faso pour effectuer l’ «Iftar», la rupture du temps de privation, chez le cardinal Philippe Ouédraogo à Ouagadougou. Le lundi 10 mai 2021, les frères musulmans de ce regroupement se sont retrouvés à l’archevêché pour reprendre des forces, après la prière du Maghrib, celle-là même qui intervient juste après le coucher du soleil.

Le dialogue entre chrétiens et les autres religions dont la déclaration du Concile œcuménique Vatican II (Nostra Aetate) en est le document fondateur, est réalisé dans un respect de liberté, d’ouverture, d’écoute afin d’apprendre à se connaître, à apprécier à la fois nos différences et les valeurs communes qui nous lient les uns aux autres.

 

Au Burkina, ce dialogue connaît une évolution notable. Après les différentes visites réciproques des autorités religieuses, la participation aux évènements organisés par l’une ou l’autre religion, la rupture du jeûne hier lundi à l’archevêché par la Ligue vient donner la confirmation que cette vision partagée du dialogue interreligieux a vraiment un fondement au Pays des hommes intègres.

 

Evènement original et exceptionnel qui traduit la réalité du dialogue interreligieux, s’en était vraiment un. Des disciples de l’Islam se «frottant» à leurs frères catholiques, surtout à la veille des fêtes de l’Aïd El Fitr et de l’Ascension, cela ne pouvait laisser indifférent à un moment où il est de plus en plus question de cohésion sociale.

 

Le soleil une fois couché, les membres de la Ligue ont fait leur entrée dans l’enceinte de l’archevêché. A l’heure indiquée, après la rupture proprement dite, le muezzin de service a appelé à la prière. Le maître des lieux, le cardinal Philippe Ouédraogo descendu à ce moment précis, a présenté ses civilités à ses visiteurs. Les choses se sont vite enchaînées. Après la prière, les responsables des deux communautés se retrouvent alors pour un échange familial.

 

Des propos du président de la Ligue, Ousséni Tapsoba, on retient que l’initiative, première du genre, est la traduction de la volonté de recherche d’une cohésion sociale et d’un dialogue fructueux entre les religions et entre les Burkinabè. Le choix du lieu pour l’Iftar se justifie aussi par la personnalité du cardinal qui a toujours œuvré pour la recherche de la paix et l’entente entre les fils et filles d’un même pays.

 

Celui-ci a remercié ses hôtes pour la démarche et souhaité par anticipation aux musulmans ses vœux de bonne fête de ramadan. Pour le prélat, les prescriptions de ce mois béni et de partage nous rapprochent tous de Dieu. Et comme le stipule le pape François par rapport à la fraternité universelle, dans un document qu’il a personnellement signé, et que l’évêque de Ouagadougou a remis à ses visiteurs d’un soir, «Il faut briser les barrières de la haine et construire des ponts». C’est bien ce que les responsables de la Ligue ont fait hier lundi à l’archevêché, et le cardinal s’en félicite.    

 

 

 

D. Evariste Ouédraogo

 

 

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