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Allégations de tortures et d’exécutions extrajudiciaires au Burkina : Rollo et l’exaspération du CICS

Que s’est-il passé dans la commune rurale de Rollo, dans le village de Toessin-Foulbè, province du Bam dans la région du Nord le 8 mars dernier ? Dans une déclaration en date du 10 mars, le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) relaie des ‘’allégations de tortures et  d’exécutions extrajudiciaires de 20 civils’’. Encore ?

 

 Depuis le drame de Yirgou en fin 2019, on ne compte plus les communiqués du genre qui émanent des ONG de défense des droits de l’homme comme Human  Right Watch, Amnesty international, le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples(MBDHP) ou le CISC. Ce dernier est le plus prolixe en la matière et en est à son 4e communiqué sur le sujet en 2023, comme pour dire que le temps passe et cette guerre contre le terrorisme est de plus en plus salle, sanguinolente du sang d’innocents civils dont des femmes et des enfants.

En effet, avant les allégations sur Rollo, le même Collectif avait publié une déclaration sur des exactions contre des populations civiles dans la localité de Ban, en fin décembre lors de la reconquête de Solenzo, province des Banwa, dans la région de la Boucle du Mouhoun. Auparavant, on avait pu lire une autre  déclaration du même CICS sur des ‘’exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, de pillages organisés’’ dans la ville de Nouna où 28 civils ont été tués par des présumés FDS et VDP, le 31 décembre 2022. On n’oublie pas le cas de 5 autres civils dont les corps ont été découverts le 15 décembre 2022 dans les environs de la ville de Loropéni dans le Sud-Ouest. Malheureusement on peut ajouter l’exemple de Marmisga dans la commune de Gourcy, toujours en décembre 2022, et celui du village de Taffago dans la commune de Tougouri, région du Centre-Nord parmi les cas de soupçons d’exécutions extrajudiciaires dont les FDS et les VDP pourraient être les auteurs.

Trop c’est trop, même si ces allégations n’ont pas toujours été confirmées comme des cas d’exactions de la part des FDS et de leurs supplétifs, les VDP. Toujours est-il que le scénario est le même, comme si les auteurs de ces assassinats non élucidés y apposaient une signature qui fait froid dans le dos : des victimes, généralement des hommes d’ethnie peule, exécutés d’une balle, les yeux bandés et les mains attachées par des hommes cagoulés, portant des uniformes des forces armées régulières du Burkina. Erreurs grossières d’amateurs ou suprême supercherie d’un ennemi futé qui salit méthodiquement la réputation de l’armée burkinabè ?

Dur dur de démêler le faux du vrai dans ces allégations ! Ce qui est sûr, c’est que ces accusations récurrentes n’honorent pas les forces régulières du Burkina Faso dont la hiérarchie s’est toujours contentée de communiqués laconiques y promettant des ‘’enquêtes pour vérifier la véracité et l’exactitude de ces allégations … pour élucider les circonstances de(s) drame(s) et situer toutes les responsabilités’’. De bonnes intentions jamais suivies d’actes, car desdites enquêtes, le grand public n’en a jamais vu le moindre résultat.

Pourtant la situation est si préoccupante que dès juillet 2020, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) avait fait une communication à la 44e session du comité des droits de l’homme de l’ONU. Rien n’y fit. Les soupçons d’exactions contre des civils au Burkina demeurent, enflent, grossissent les taches de cette salle guerre, tout comme certains parents de victimes révoltés devant ces exécutions extrajudiciaires vont grossir les rangs des groupes terroristes.

Alors à quand la rupture de ce cercle vicieux ? Pendant combien de temps les Burkinabè, notamment les plus hautes autorités resteront-elles indifférentes à ces alertes sur des exactions et des exécutions extrajudiciaires ?

La rédaction

Dernière modification lelundi, 13 mars 2023 21:34

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