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Capture du président vénézuélien par les USA: Or noir, sombres desseins

 

L’image du président vénézuélien, Nicolas Maduro, menotté sur le pont d’un navire de guerre américain a fait le tour du monde au petit matin de samedi dernier. Elle a été l’épilogue de l’opération “Absolute Resolve’’ qui a vu le bombardement de sites stratégiques de Caracas et de la capture du président Maduro et de son épouse.

 

 

Donald Trump peut donc exulter et déclaré en mondovision qu’il a suivi l’affaire en direct. Bravo à lui, à ses boys et aux stratèges du Pentagone. Dans la forme, l’opération est assurément une grande preuve de l’efficacité des services de renseignement et de l’armée américaine qui, en 2 heures 29 minutes chrono, ont réglé l’affaire à un ‘’parrain de trafiquants de drogue’’, pour rappeler les raisons officielles de cette intervention américaine au Vénézuéla.

 

Dans le fonds, il ne faut pas pleurer que le triste sort du désormais ex-président Maduro et de sa famille. Il faut aussi faire le deuil d’un principe fondateur de l’ONU et du droit international : ‘’La liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes’’, des Etats à s’autodéterminer en toute indépendance et souveraineté. En fait la violation de la souveraineté des peuples et des Etats n’est pas une première avec cette intervention militaire américaine au Vénézuéla. Au contraire, elle est une répétition de l’histoire et de ses leçons jamais apprises.

 

Et si l’Oncle Sam n’a pas le monopole d’aider à ces begaiements historiques, il ne peut refuser l’étoile du chérif, gendarme du monde, au gré de ses intérêts économiques et géostratégiques. Qu’importe le coût désastreux en image sur l’équilibre des relations internationales, la paix et la justice dans le monde. Il a bien existé la pax romana dans l’Antiquité, les conquistadors espagnols, durant la Renaissance, le mercantilisme, les expansions des empires coloniaux, les siècles suivants, selon la volonté des puissances dominatrices du moment. Alors, pourquoi pas la pax americana ou le America firth de Donald Trump. Et tant pis si les idéaux des droits de l’homme et des peuples passent à la trappe ou tout le moins régressent ici et là, ‘’rien de nouveau sous le soleil...’’.

 

En rappel en décembre 1989, les Etats-Unis avaient envahi le Panama pour mettre fin au régime du général Noriega ; en 1992-93, ils intervenaient en Somalie contre les islamistes Shebaba, en octobre 2001, ils attaquaient l’Afghanistan pour mettre fin au régime Taliban ; en mars 2003, ils lançaient l’opération ‘’liberté pour l’Irak’’, visant la chute de Saddam Hussein ; en mars 2011, dans une coalition des pays de l’OTAN, ils ont provoqué la chute et la mort de Mouammar Kadhafi.

 

Après Nicolas Maduro, à qui le tour ? Car Donald Trump avec sa politique de MAGA, Make America Great Again, n’a certainement pas dit son dernier mot. On peut comprendre ce zèle patriotique exprimé dans une politique migratoire contestable, un unilatéralisme dérangeant, mais on ne peut l’applaudir. On peut rêver d’un autre monde à la Martin Luther King, Frederik De Klert, Nelson Mandela ou Mikael Gorbatchev, ce d’autan plus que les interventions américaines dans les pays cités plus haut n’ont pas produit les résultats escomptés. Au contraire, l’instabilité institutionnelle qui s’est ensuivie n’ont jamais totalement été résorbée. Les cas les plus patents en Afrique sont ceux de la Somalie et de la Libye, tout en croissant les doigts que la situation de guerre civile et de crise humanitaire ne se détériore en RDC, où Donald Trump se montre diplomatiquement engagé, en attendant la solution militaire. Sait-on jamais ?

 

Par ailleurs, c’est connu, les raisons officielles mises en avant dans chacune des interventions américaines depuis la fin du siècle dernier, se sont révélées fallacieuses : Armes nucléaires de Saddam Hussein, restauration de la démocratie en Somalie et en Libye, lutte contre le trafic de drogue au Panama. Qu’en sera-t-il au Vénézuéla où le désormais célèbre prisonnier de Donald Trump, l’ex-président Nicolas Maduro, est présenté comme un parrain de narco-trafiquants ?

 

On attend de voir les preuves que Donald Trump ne manquera pas de présenter au Congrès qui a été mis devant le fait accompli par cette intervention militaire à l’extérieur sans que son avis ait été requis comme le dispose la Constitution américaine. Pour l’instant, plus d’un observateur a noté qu’en même temps que le président américain se réjoui de l’exil forcé de l’ex-président vénézuélien, il souligne que les investisseurs américains dans le domaine du pétrole auront désormais des coudées plus franches dans ce pays réputé disposer des meilleurs gisements de l’or noir au monde.

 

Et si c’était cela la vraie raison de la détermination de Donald Trump à mener à bien l’opération ‘’Absolute Resolve’’ ? Si oui, l’or noir du Vénézuéla aura construit des desseins sombres contre le régime de Nicolas Maduro, la souveraineté du pays et la liberté de son peuple à l’autodétermination.

 

 

 

La Rédaction

 

   

 

Dernière modification lemercredi, 07 janvier 2026 20:54

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