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Gouvernance au Cameroun : Monseigneur Kleda met les pieds dans le plat

 

Réquisitoire sans appel que celui lancé au peuple camerounais et surtout à ses dirigeants par Monseigneur Samuel Kleda, archevêque métropolitain de Douala. Dans une lettre pastorale rendue publique le 8 août dernier, l’homme d’Eglise n’est pas passé par quatre chemins pour dresser le diagnostic d’un pays «malade dans tous les domaines», avec des «signes avant-coureurs d’une mort lente».

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Présidentielle gabonaise : En route pour la régularisation de la situation du général Nguema

S’il y a une décision du dernier conseil des ministres du gouvernement gabonais qui a retenu l’attention au-delà des frontières du pays, c’est assurément la fixation de la date de l’élection présidentielle. Annoncée pour le 12 avril prochain, c’est la dernière pièce du puzzle de la nouvelle donne politique en cours au pays de Léon Ba depuis que l’armée, cornaquée par le général Brice Oligui Nguema a destitué Ali Bongo Odimba, le 29 août 2023.

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Manifestations au Nigeria: Le président Tinubu a-t-il prêché dans le désert ?

Après 3 jours de manifestations de rues qui ont fait 7 à 13 morts et se sont soldées par environ 700 arrestations, selon les sources, le président du Nigeria est sorti de son silence. Dimanche dernier, dans une allocution diffusée en direct par les radios et télévisions publiques, le ‘’faiseur de rois‘’ devenu ‘’roi’’ est monté au créneau contre les manifestants, mettant en avant les acquis et les bonnes perspectives de sa politique économique.

 

Parmi les mesures prises pour sortir de la crise économique, il a cité le plus que doublement du Smig, le programme de prêt aux étudiants, la compensation d’obligation de change en cours avec un soutien d’environ 5 milliards de dollars US, la mise en place de facilités pour les crédits à la consommation (consumer credit coorporation) avec un fonds de 200 milliards de nairas, les allocations de 570 milliards de nairas à chaque Etat pour accroître le soutien aux ménages les plus vulnérables, ainsi que les mesures de soutien aux micro, petites, moyennes et grandes entreprises par des crédits à faible taux (moins de 10%) d’1 million à 1 milliard de nairas, etc.

 

Ce discours présidentiel, si renseigné soit-il, n’a pas convaincu les leaders du mouvement de contestation, qui n’ont d’yeux que pour leurs ‘’Take it back’’ ou leur ‘’End bad governance’’, traduisez, « oui au retour à la subvention à l’électricité et aux hydrocarbures et non à la mal gouvernance ». Les mécontents mettent à l’index également la rareté des produits vivriers et demandent la diminution des taxes pour en faire baisser les coûts. Le principal leader du mouvement de protestation a donc soutenu que le président Tinubu n’avait pas entendu leur message et que les manifestations se poursuivraient, car il n’a annoncé aucune mesure contre la vie chère et la mal gouvernance.

 

Comme pour lui répondre, l’inspecteur général de la police nigériane a déclaré que le gouvernement pourrait faire appel à l’armée, non sans ajouter qu’‘’il ne doit plus y avoir de rassemblement… tout rassemblement de ce type (contestataire) est illégal et illicite… Nous allons appliquer toute la rigueur de la loi’’. La police est donc dans la logique du gouvernement et du président Tinubu qui a, dans son discours, réaffirmé son rôle de garant de la Constitution, du maintien de l’ordre, de la sécurité des personnes et des biens. Dans cette logique, il appelle à la fin des manifestations pour ‘’créer un espace de dialogue’’.

 

Sera-t-il entendu ? En tout cas hier lundi a été une journée relativement calme dans les principales villes du pays. Mais des analystes appellent à la prudence, car ce calme pourrait annoncer une autre vague de manifestations. Mais peut-être bien qu’à l’exemple de l’Ouganda, qui a su étouffer ses croquants en moins d’une semaine, les autorités nigérianes sont sur le point de calmer la colère de la rue. Tant mieux si c’est le cas, car la région ouest-africaine, durement éprouvée par les attaques terroristes au Sahel, n’a certainement pas besoin d’un autre pôle d’instabilité.

 

En montant au créneau, le président Bola Tinubu a-t-il repris la main et l’initiative de terrain aux contestataires ? On attend de voir.

 

Zéphirin Kpoda

 

 

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Sanctions de la CEDEAO contre le Niger: Quand des «hors-la-loi» réclament justice

On ne sait pas si elles y croient vraiment ou si c’est juste pour marquer le coup, mais les autorités nigériennes ont décidé d’attaquer la CEDEAO...devant la Cour de justice de la CEDEAO elle-même.

Mardi 21 novembre 2023 en effet, la juridiction sous-régionale a examiné une plainte de l’Etat du Niger contre les chefs d’Etat membres de l’institution.

Le casus belli ? La prise de sanctions commerciales et financières drastiques suite au coup de force du général Abdourahamane Tchani qui a renversé le 26 juillet dernier le président Mohamed Bazoum.

Les plaignants invoquent notamment les graves conséquences sociales et économiques pour les populations, avec notamment l’augmentation des prix des produits de première nécessité de 15% en moyenne, le ralentissement de l’activité bancaire, sans oublier la fourniture d’électricité que le Nigeria voisin a coupée dès le putsch, privant le pays de plus de 75% de ses besoins en électricité.

La société nigérienne d’électricité, Nigelec, a d’ailleurs évalué le préjudice à plus de 6 milliards de francs CFA. C’est donc pour toutes ces raisons que Niamey estime être en droit d’attaquer ceux qui ont pris la lourde responsabilité de mettre en branle cette batterie de mesures qui a asphyxié du jour au lendemain l’activité économique du pays. Mais si les effets de ces sanctions sont bien réels, on peut se demander qui sont les premiers responsables de la précarité dans laquelle baignent en ce moment les Nigériens, entre ceux qui ont poussé à la  prise de sanctions en entrant par effraction sur la scène politique et ceux qui les ont décidées.

Un autre question, plus pratique celle-là : le Niger étant suspendu des instances de la CEDEAO, ses autorités n’étant pas reconnues peuvent-elles ester en justice devant les instances de cette même CEDEAO?

Pour les avocats de l’organisation sous-régionale, cette question  ne mérite même pas d’être posée, du fait justement de l’illégitimité du nouvel homme fort de Niamey.

L’affaire est d’autant plus cocasse que devant cette même juridiction pend un autre dossier impliquant l’Etat du Niger, dossier qui vise le retour à l’ordre constitutionnel normal et la remise en selle du président Mohamed Bazoum. Cette éventualité, le général président s’y oppose depuis maintenant quatre mois.

Dans ces conditions, on voit mal sa requête prospérer. On imagine d’ailleurs difficilement les juges communautaires désavouer de la façon la plus criarde les chefs d’Etat membres, quand bien même la Cour de justice serait censée être indépendante. Mais indépendance pour indépendance, il y a certainement des limites politiques qu’ils se garderaient de franchir. Cela dit, ce n’est pas la première fois qu’un Etat intente une action en justice contre les sanctions de la CEDEAO. Ce fut  en effet le cas du Mali en février 2022. Pour dire vrai, tout cela ressemble plus à un gag judiciaire qu’à autre chose.

 

 

Hugues Richard Sama

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