Menu

Abdelaziz Bouteflika : Le moudjahidine s’en est allé dans l’indifférence générale

 

Il est parti presque dans l’indifférence générale. L’on a juste ordonné de mettre le drapeau en berne pour 72 heures. Pas plus. Pas de deuil national en vue. Le verdict est sans appel : l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika, puisque c’est de lui qu’il s’agit, décédé vendredi dernier (à 84 ans), est parti sans créer un grand émoi dans le pays.

En savoir plus...

Coup d’Etat en Guinée: Que peut bien faire la pauvre CEDEAO ?

72 heures après le putsch qui a renversé le Pr Alpha  Condé, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), après les condamnations de principe, bande les muscles.

Hier mercredi 8 septembre 2021, réunis en sommet extraordinaire en visioconférence, les chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale ont en effet exigé la libération du désormais ex-président, dont on est toujours sans nouvelles depuis dimanche, et le retour à l’ordre constitutionnel normal. Et comme il fallait s’y attendre, ils ont décidé de la suspension de la Guinée de toutes les instances communautaires.

Jusque-là, rien de nouveau, est-on tenté de dire, puisque c’est la même mesure qui a toujours été appliquée aux militaires qui ont osé descendre par effraction sur la scène politique. Un régime de sanctions dont on se doute de l’efficacité, car, sauf erreur ou omission de notre part, on n’a jamais vu des putschistes restituer le pouvoir sous la pression de ce qui est considéré à tort ou à raison comme un syndicat de chefs d’Etat.

La dernière preuve en date, c’est le cas malien, où la CEDEAO a payé au prix fort ses errements et son manque de fermeté. Ultime affront, les militaires, qui avaient renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020, n’ont pas hésité quelques mois après l’instauration d’une transition dirigée par des civils à renvoyer au champ, pour ne pas dire en prison, le président et le Premier ministre pour mieux accaparer le pouvoir. Et depuis, le colonel Assimi Goïta et ses frères d’armes se la coulent douce à la tête de l’Etat malien. Dans ces conditions, rien n’exclut qu’il ait pu inspirer, comme on l’a entendu ces derniers jours, l’ancien légionnaire qui a pris le pouvoir chez le voisin guinéen.

La CEDEAO réussira-t-elle à faire mieux avec la Guinée ? Rien n’est moins sûr. On craint fort qu’ici également les sanctions et les condamnations de l’organisation fassent l’effet d’un coup d’épée dans le château d’eau de l’Afrique. Cela est d’autant prévisible que le colonel Mahamady Doumbouya a certainement pris sa décision en connaissance de cause, c’est-à-dire convaincu de l’impuissance de l’organisation sous-régionale à lui faire lâcher prise.

L’envoi aujourd’hui d’une mission de haut niveau composée de la ministre ghanéenne des Affaires étrangères et du président en exercice de la Commission de la CEDEAO, l’Ivoirien Jean-Claude Brou, s’annonce comme une virée touristique.

Certes, les missi dominici du président en exercice, le Ghanéen Nana Akufo-Addo, seront accueillis à la hauteur de leur rang et écoutés, mais rien n’indique qu’ils seront entendus.

A moins que, face à un éventuel irrédentisme des putschistes, l’instance communautaire prenne de nouvelles mesures, de nature économique et financière. Mais l’expérience a montré que les premières victimes  de ce type de sanctions sont les populations et non les auteurs des coups de force.

 

Hugues Richard Sama

En savoir plus...

Procès reconstitution de viol en Côte d’Ivoire: Un verdict qui soulève des questions

48 heures après l’indécent buzz, comme nous l’avons titré dans notre édition d’hier mercredi 1er septembre 2021, signé de la Nouvelle chaîne ivoirienne (NCI), la vague d’indignations et de condamnations continue d’agiter les eaux de la lagune Ebrié. L’onde de choc s’est propagée même au-delà, comme au Burkina où des internautes ont ressuscité sur les réseaux sociaux un extrait du passage de miss Burkina 2018, Cynthia Sankara, à l’émission « Rien à cacher » sur radio Nostalgie. Le même Yves de Mbella y tenait à l’endroit de la miss des propos dont la légèreté le disputait à l’obscénité.

Cette fois, le célèbre présentateur d’origine camerounaise est allé encore plus loin. Il a reçu lundi soir dans son émission «La télé d’ici vacances» un homme présenté comme un ancien violeur repenti. L’invitant à reconstituer à l’aide d’un mannequin des scènes de viol, l’animateur n’y est pas allé par le dos de la cuillère: «Tu attaques par devant ou par derrière ?»; «Montre-nous comment tu fais»; «Comment les choisis-tu ?»; «Mince ou avec des fesses ?»; «Est-ce que les femmes à qui tu faisais l’amour en les violant prennent plaisir ?»

Des séquences qui ont horrifié toute la Côte d’Ivoire et qui ont poussé la direction de la NCI à présenter ses excuses et à suspendre l’animateur, lequel aussi a battu sa coulpe sur son compte Facebook. Mais aux yeux de l’opinion, ce n’était pas suffisant. A ces réactions au vitriol est venu s’ajouter le coup de glaive de la justice qui s’est tout de suite saisie de l’affaire.

Le sulfureux animateur et son invité ont comparu hier devant le Tribunal de première instance d’Abidjan pour «apologie de crime et atteinte aux mœurs».

Le premier a écopé de 12 mois de prison avec sursis et de 2 millions de francs CFA d’amende assortie d’une interdiction de paraître sur le reste du territoire ivoirien à l’exception d’Abidjan, son lieu de résidence. Le second, lui, est ressorti avec une peine de prison ferme de 24 mois et 500 000 franc CFA d’amende.

S’il faut se féliciter de l’intervention rapide de la justice et de la condamnation de ce duo par qui le scandale est arrivé, on peut s’interroger sur l’équité du verdict.

Pour bien de personnes, Yves de Mbella s’en tire plutôt à bon compte, surtout pour quelqu’un qui est coutumier du fait avec un comportement et un langage qui franchissent souvent la ligne rouge. Parce que c’est lui qui a eu la malheureuse idée d’inviter un prétendu violeur récidiviste pour en faire un show télé, qui a encouragé ce dernier à reconstituer devant un public et en mondovision l’abominable acte, on pourrait le considérer comme l’instigateur, le commanditaire de ce flagrant délit. A ce titre,  il aurait dû écoper si non de la même peine, d’une sanction plus lourde que son invité. Son statut de présentateur vedette a-t-il plaidé en sa faveur ? Son coaccusé paie-t-il de façon rétrospective pour les viols supposés ou réels qu’il aurait commis dans le passé? Impossible de le savoir.

Au-delà des deux mis en cause, c’est toute la direction de la NCI et de la production de l’émission qui ont une part de responsabilité dans cette affaire. On peut s’étonner qu’un sujet aussi sensible ne soit pas d’abord passé par un filtre avant sa diffusion pour prévenir les risques de dérapages.

Espérons que, pour l’ensemble des médias ivoiriens et même d’ailleurs, ce scandale sera ce qu’on peut qualifier de «faute heureuse» qui aura valeur d’exemple à ne plus reproduire.

 

Hugues Richard Sama

En savoir plus...

Présidentielle zambienne : Scrutin qui fait peur

 

Hier jeudi 12 août 2021, les 7 millions d’électeurs zambiens se sont rendus aux urnes pour départager une nouvelle fois les deux grosses pointures politiques du pays. D’un côté, le président sortant, Edgar Lungu, qui brigue un 3e mandat, et de l’autre son challenger et principal opposant, Hakainde Hichilema qui tente pour la 6e  fois d’installer ses pénates au palais présidentiel.

En savoir plus...

Soudan: Le glaive de la CPI se rapproche du turban d’El-Bechir

«Il y a loin de Khartoum à la Haye», avons-nous titré notre éditorial du 5 mars 2009 après le lancement du mandat d’arrêt international émis contre le président soudanais Omar el-Bechir.

Il aura fallu 12 longues années pour que le désormais ex-chef d’Etat sente véritablement le glaive de la Cour pénale internationale (CPI) se rapprocher de son turban.

Hier mercredi 11 août 2021, le gouvernement de transition a en effet annoncé sa décision de transférer l’homme de 77 ans à la Haye.

En plus du premier mandat émis à son encontre en 2009 pour «crimes de guerre et crimes contre l’humanité», il a fait l’objet d’un second pour «génocide». Celui qui était aux affaires depuis 1989 devenait ainsi le premier chef d’Etat en exercice visé par la CPI et le premier accusé de génocide.

Deux autres personnalités, à savoir un ex-gouverneur, Ahmed Haroun, et un ex-ministre de la Défense, Abdel Rahim Mohamed Hussein, sont également concernés par la décision de transfèrement. Tous les trois sont poursuivis dans le cadre de la guerre civile au Darfour, dans l’ouest du pays, qui aura fait près de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l’ONU.

Relation de cause à effet? L’annonce des nouvelles autorités soudanaises est intervenue au moment où l’actuel procureur de la CPI, le Britannique Karim Khan, est actuellement en visite à Khartoum.

Si le précieux colis venait à être effectivement expédié à la prison de scheveningen, ce serait une victoire emblématique pour celui qui vient de succéder à la Gambienne Fatou Bensouda, qui n’aura pas laissé un bon souvenir de son passage chez les Africains, tout comme son prédécesseur, l’Argentin  Luis Moreno Ocampo.

Au-delà de ces deux procureurs, c’est toute la Cour pénale internationale qui suscite la méfiance sur le continent noir.

On se rappelle en effet que l’émission des deux mandats de la CPI contre Omar el-Bechir avait suscité une vague de désapprobation aussi bien des chefs d’Etat pris individuellement que de l’Union africaine, qui ont fait un procès en tropisme africain contre cette juridiction internationale. Une défiance qui s’est manifestée par le refus d’exécuter les mandats d’arrêt. Ce qui a permis à l’ancien parachutiste de voyager librement sans risque d’être inquiété.

Mais le vent a tourné depuis le 11 avril 2019, date à laquelle un mouvement de protestation populaire a fini par emporter le célèbre enturbanné, victime à son tour d’un putsch militaire orchestré par certains de ses proches. Dès lors, ses ennuis judiciaires ont débuté : sur le plan national, il a été condamné en décembre 2019 à deux ans de prison pour corruption, et doit répondre également du coup d’Etat de 1989.

Si les nouveaux hommes forts de Khartoum avaient indiqué au lendemain de leur prise du pouvoir ne pas vouloir livrer le président déchu à la justice internationale, en 2020, un accord signé avec plusieurs groupes rebelles a insisté sur la nécessité d’une «coopération complète et illimitée» avec la CPI.

Et pas plus tard que la semaine dernière, le gouvernement a voté en faveur de la ratification du statut de Rome. Reste maintenant l’accord du Conseil souverain, puis celui de l’Assemblée de transition pour que l’ancien dirigeant prenne le chemin de la Hollande.

Reste à savoir quel temps prendront toutes ces procédures et si effectivement certaines personnalités, et non des moindres, sont favorables à cette extradition, elles qui ont été de proches collaborateurs de l’actuel pensionnaire de la prison de Kober à Khartoum, et donc d’une manière ou d’une autre comptables de tous les péchés dont on l’accuse.

Avec cette décision des autorités soudanaises, c’est un long marathon judiciaire qui vient d’être enclenché et aussi une occasion pour la CPI de redorer son blason en apportant des preuves irréfutables de la culpabilité des dirigeants gouvernementaux qu’elle poursuit. Car jusque-là, depuis sa création officielle en 2002, elle n’en a pas condamné un seul. On se rappelle le cas de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté le 31 mars 2021 après une décennie de procédure, et bien avant lui  ceux de l’ancien vice-président de la RDC, Jean-Pierre Bemba, blanchi en 2018, du président kenyan, Uhuru Kenyata, et de son vice-président, Willim Ruto contre qui les charges ont été très vite abandonnées.

 

Hugues Richard Sama

En savoir plus...

Conflit foncier au Zoundwéogo : Monsieur Réconciliation, voici un cas d’école pour vous

 

Burkinabè avec son histoire de terre ! Pour se convaincre de son attachement passionné, pour ne pas dire viscérale, à la croûte terrestre, pas besoin d’aller loin. Les zones non loties de la périphérie de Ouagadougou suffisent. Pour un millimètre carré réservé à la circulation et qu’il tient à phagocyter, il est capable de sortir tout son arsenal de guerre, question d’agrandir son lopin de terre.

En savoir plus...

Plan d’action de Choguel Maïga : C’est le temps et l’argent qui manqueront le plus

 

Retour à l’hémicycle pour Choguel Kokalla Maïga.

 

Après avoir décliné le vendredi 31 juillet dernier son Plan d’action gouvernementale (PAG), le Premier ministre malien était de nouveau hier lundi 2 août  devant le Conseil national de transition (CNT). Cette fois, c’était pour défendre son projet devant les membres de cette assemblée législative, qui ont eu le week-end pour éplucher et disséquer la feuille de route du PM  avant de le soumettre à une batterie de questions.

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS