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Affaire Ousmane Sonko: Secret d’alcôve, manifestations de rue

Après avoir d’abord annoncé qu’il ne répondrait pas à la convocation de cette justice sénégalaise en laquelle il n’a pas confiance, Ousmane Sonko s’était finalement ravisé mardi soir pour, disait-il, ne pas donner au juge un prétexte pour décerner un mandat d’amener, lui envoyer l’armée et éventuellement lui mettre sur le dos le délit supplémentaire de rébellion. Ce à quoi il n’aura finalement pas échappé. Alors qu’il se rendait hier matin au palais de justice de Dakar, l’opposant a été arrêté et gardé à vue pour trouble à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée. La journée de ce mercredi aura en effet tourné à l’affrontement entre les forces de l’ordre et les partisans du député, dispersés par les éléments du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Le casus belli n’était autre que le trajet que devait emprunter le président du parti des Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), non homologué par la préfecture de la capitale.

Voici donc une affaire qui vient s’ajouter à une autre sans qu’on sache si ce qui est reproché au député, dont l’immunité a été levée le vendredi 26 février, est vraiment établi ou relève du complot politique, comme il n’a cessé de le clamer depuis le début.

A l’origine de cette affaire, une plainte d’une employée d’un salon de massage dakarois pour viol et menaces de mort. Un crime pour lequel Ousmane Sonko risque une lourde peine et accessoirement la privation de ses droits civiques et politiques. Voici donc que ce qui devait relever du secret d’alcôve se retrouve sur la place publique et vire à l’affaire d’Etat. Or, on ne le sait que trop, dans ce genre de dossier, il est difficile de démêler le vrai du faux. Y a-t-il eu relation sexuelle et si oui, était-elle consentie ou non ? En tout cas l’opposant nie farouchement, affirmant s’être rendu dans cet établissement pour soulager son mal de dos. Pour le moment, le studio de massage garde son secret.

Mais quoi qu’il en soit, le quadra natif de Thiès est convaincu d’une chose, toute cette affaire relève d’une cabale politique pour empêcher celui qui, à la dernière présidentielle, était arrivé 3e   avec 15,67% derrière Macky Sall et l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, de tenter sa chance en 2024. « Si Macky Sall veut me liquider, il devra, pour une fois, accepter de se salir les mains », avait-il d’ailleurs déclaré lors d’une conférence de presse. Autant dire donc qu’on le tient par la braguette, même si, interrogé récemment sur la question, le président du Sénégal a balayé l’accusation d’un revers de main, disant qu’il avait mieux à faire que de comploter sur des choses aussi basses.

En attendant, la victime collatérale de ce feuilleton politico-judiciaire est bien le salon de massage, qui se serait bien passé de cette publicité gratuite.

 

H. Marie Ouédraogo

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