Tournées président RDC : Fatshi, dindon d’une farce diplomatique ?
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- Écrit par Webmaster Obs
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Qu’est-ce qui fait donc courir Félix Tshisekedi ? La recherche de la paix, évidemment, pour son immense et ingouvernable pays, en proie à des rébellions cycliques. Rien que depuis le début de l’année, il a effectué pas moins de six voyages à l’étranger, avalant les kilomètres dans une quête de la concorde sociopolitique qui, hélas, se dérobe telle la ligne d’horizon au fur et à mesure qu’on semble s’en approcher.
Dernier déplacement en date de ce globe-trotter de la paix, l'Angola où le président de la République démocratique du Congo s’est (de nouveau) rendu le lundi 9 février 2026 pour rencontrer son homologue Joao Lourenço, par ailleurs président en exercice de l’Union africaine. Etaient également présents le président du Conseil des ministres togolais, Faure Eyadéma, médiateur attitré de l’Organisation panafricaine dans cette crise congolaise et l’ancien chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, membre du Panel des Facilitateurs de l’UA.
A l’ordre du jour de ce nouveau conclave de Luanda, le dialogue national initié par Fatshi pour renouer le fil rompu avec ceux de ses compatriotes avec lesquels il est en délicatesse et qui sont même parfois en rupture de ban avec la République. Un ‘’dialogue inclusif’’ mais néanmoins sous certaines conditions : il doit se tenir sur le sol congolais, sous la conduite des institutions républicaines et ‘’ne saurait servir à relativiser une agression ni à diluer des responsabilités déjà établies’’. Suivez mon regard ! C’est à se demander donc si l’initiative n’est pas mort-née à moins que l’initiateur ne mette un peu d’eau dans son vin ou que les médecins de Luanda ne réalisent des miracles pour emmener tout le monde autour de la table. On peut certes comprendre la répulsion du premier magistrat congolais à discuter avec ceux qui ont pris les armes contre leur propre pays et souvent coupables de crimes de guerre mais, sauf à vouloir un entre-soi politique, pour trouver la paix, on ne discute qu’avec ses adversaires voire ses ennemis. De ce fait, posez des balises contraignantes qui excluent une partie du problème est le plus sûr moyen, si la rencontre a lieu un jour, de ne pas obtenir des résultats probants susceptibles de mener à une paix durable.
Cela d’autant plus que les arrangements politiques n’ont jusque-là, pas produit les effets escomptés, les immenses déceptions alternant invariablement avec les espoirs consécutifs aux signatures. Il en est ainsi de l’Accord de Doha signé le 15 novembre 2025 entre le gouvernement et la rébellion de l’AFC/M23 et des Accords de Washington du 4 décembre 2025 (entre Tshisekedi et Kagamé) qui étaient autant de coups d’épée dans le Fleuve Congo. Sans surprise en réalité. Entre la mauvaise foi et le cynisme de Paul Kagamé, le parrain rwandais de l’AFC/M23, qui a fini par avouer la guerre de rapines qu’il mène depuis des lustres dans l’Est du Congo et l’esprit vénal de Donald Trump, le négociateur américain, qui pense aux immenses richesses du Congo en se rasant tous les matins, Félix Tshisekedi est ainsi devenu le dindon d’une farce diplomatique et géostratégique qui ne fait plus rire personne. Sauf peut-être les marionnettistes qui tirent les ficelles dans l’ombre. Cela, pour le malheur de ce géant aux pieds d’argile, victime, depuis la colonisation belge, des trésors incommensurables de son sol et de son sous-sol qui attisent toutes les convoitises.
Ousseni Ilboudo
