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Bah N’Daw, président Transition malienne : Un Medvedev des sables

Bah N’Daw, président Transition malienne : Un Medvedev des sables

 

Le colonel Assimi Goïta a eu au moins son petit quart d’heure de gloire. C’est lui en effet, en tant que président du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP) qui a présidé hier mardi 22 septembre 2020 la sobre commémoration du soixantième anniversaire de l’indépendance malienne.

 

 

Il est vrai qu’entre insécurité endémique, pandémie de coronavirus  et instabilité politico-institutionnelle, il n’y avait pas de quoi pavoiser. Cet anniversaire un peu tristounet aura été marqué par la présence remarquée d’une guest star, en la personne du général  Amadou Sanogo, celui-là même qui a renversé Amadou Toumani Touré en 2012.

 

Vêtu de tenue militaire, l’ex-putschiste, qui est sorti par la petite porte, a dû savourer un parfum de réhabilitation en ce jour de fête nationale.

 

Une célébration, il faut le rappeler, qui intervient un mois après le coup d’Etat, le quatrième du genre en six décennies d’indépendance, qui a renversé le  président Ibrahim Boubacar Kéïta.

 

La veille, suite aux multiples pressions et aux sanctions de la CEDEAO, la junte avait désigné le colonel major  Bah N’Daw à la tête de la Transition. Celui qui fut éphémère ministre de la Défense et des Anciens combattants d’IBK devra en principe être installé dans ses nouvelles fonctions le vendredi prochain avec Assimi Goïta comme vice-président. Un vice-président  qui, d’ailleurs dans le projet de Charte de la Transition concocté par les militaires, devrait concentrer beaucoup de pouvoirs entre ses mains.  Ce qui ferait du pauvre chef de l’Etat un Medvedev des sables  avec le colonel Assimi Goïta dans le rôle de Poutine.

 

Les nombreux observateurs de la scène politique malienne ont beau voir dans ce ticket une subtile stratégie de contournement de l’oukase de la CEDEAO qui réclamait un président et un Premier ministre, tous civils, pour Assimi Goïta, le CNSP s’est bel et bien plié aux injonctions de l’organisation sous-régionale à travers le choix de l’officier supérieur de 70 ans qui coulait jusque-là une retraite paisible. Comme s’il suffisait de se draper dans un basin empesé pour cesser d’être le militaire qu’on a toujours été. En tout cas, le M-5 ne compte pas se laisser prendre par cette stratégie du camouflage.

 

Reste maintenant à savoir ce que la CEDEAO pense de ce tour de passe-passe.

 

Tout semble indiquer qu’elle attend la nomination du  nouveau PM pour se prononcer alors même que son médiateur attitré, l’ancien président nigérian  Goodluck Jonathan  est attendu ce soir dans la capitale malienne.

 

Que décideront in fine les chefs d’Etat membres ?

 

Il faut dire qu’ils doivent être piégés par le casting de la soldatesque.

 

A l’évidence, c’est loin des exigences formulées par l’institution ouest-africaine.

 

Mais ne pas accompagner le mouvement kaki en marche sur les bords du Djoliba donnerait l’impression de trop tirer sur la corde. Ce qui pourrait contribuer à agacer davantage les populations qui sont les premières victimes des sanctions de la CEDEAO et comptent en leur sein de nombreux soutiens au colonel Assimi Goïta et à ses frères d’armes.

 

Autant dire que c’est à un jeu de trapéziste politico-diplomatique que le Ghanéen Nana Akufo-Addo et ses pairs vont devoir se livrer pour sortir de ce bras de fer sans trop de dégâts. Et permettre à la Transition malienne de se mettre très rapidement en route.

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lemercredi, 23 septembre 2020 17:58

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