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Décès Hamed Bakayoko: Triste loi des séries sur les bords de la lagune Ebrié

Décès Hamed Bakayoko: Triste loi des séries sur les bords de la lagune Ebrié

Hamed Bakayoko est donc mort le 10 mars 2021,  à 56 ans, âge qu’il venait d’avoir le 8 mars, foudroyé, selon le message officiel du président Ouattara, par un cancer. Une disparition aussi brutale que son ascesion fulgurante.

Il faut dire que les rumeurs les plus catastrophistes sur son état de santé circulaient depuis un certain temps, depuis notamment son évacuation à hôpital américain de Paris le 18 février 2021 et encore davantage après son transfert le week-end dernier de l’Hexagone vers l’Allemagne voisine.

La nomination de Patrick Achi comme Premier ministre intérimaire et de Téné Birahima Ouattara, dit «Photocopie», à la Défense avait eu, pour beaucoup, valeur de confirmation de la gravité du mal qui   frappait «Hambak», comme on l’appelait.

«Il faut croire que ce n’est pas demain qu’il va retrouver son fauteuil premier-ministériel...», avions-nous d’ailleurs écrit dans notre édito d’hier. On ne pensait pas si bien dire.

Celui qui vient d’être emporté par la Faucheuse était l’un des plus proches et des plus fidèles «ADO’boys» dont la carrière politique et le statut social ont vraiment pris l’ascenseur avec l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara.

Il sera en effet tour à tour ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication dans le gouvernement d’union nationale sous Laurent Gbagbo,  ministre de l’Intérieur de 2011 à 2017 puis titulaire du maroquin de la Défense jusqu’à être bombardé chef du gouvernement par intérim après l’évacuation en France de son prédécesseur Amadou Gon Coulibay. Il sera confirmé à ce poste après le décès d’AGC le 8 juillet 2020.

Certains voyaient même ce bon vivant, parrain de plusieurs artistes ivoiriens et africains, être le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle d’octobre 2020, jusqu’à ce que le locataire de la résidence présidentielle de Cocody décide de remplacer au pied levé son «fils» Amadou Gon.

«Mon fils», c’est exactement les  mots que le chef de l’Etat a employés hier dans un message, lu à la télévision nationale et publié sur les réseaux sociaux, pour rendre hommage au défunt PM, qui venait d’être élu député de Séguéla depuis son lit d’hôpital, en plus de son poste de maire de la commune d’Abobo.

Triste loi des séries donc pour un pays et un président qui, en l’espace de 7 mois, enterrent 2 chefs du gouvernement. Chose suffisamment rare dans les annales politiques africaines et mêmes mondiales. Pour un peu, on croirait voir Cronos, dieu de la mythologie grecque, dévorant ses enfants au fur et à mesure qu’il les engendrait. Et on imagine que ça doit être terrible pour «le vieux», qui à 79 ans semble poursuivi par une certaine malédiction.

A ce rythme d’ailleurs, il faut craindre qu’il  ait désormais du mal à se trouver un nouveau Premier ministre, surtout que le fauteuil semble miné. Et dans cette Afrique où on ne décède pas de mort naturelle, ils sont nombreux qui veulent croire, malgré les explications officielles, qu’«Hambak» a été victime d’un empoisonnement.

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification ledimanche, 14 mars 2021 17:31

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