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15 cybercriminels sous les verrous Spécial

15 bandits, dont 4 femmes, qui sévissaient sur le net croupissent désormais dans les locaux du Service de la police judiciaire du Centre (SRPJ/Centre). Ils ont été  présentés à la presse le vendredi 11 janvier 2013. Ce réseau qui avait pour quartier général Katr-yaar, au secteur 14 de Ouagadougou, a été démantelé grâce à une action conjointe de la Brigade anticriminalité (BAC) Ouaga et du SRPJ/Centre.

 

Début janvier, un coup de téléphone anonyme signale la présence d’un groupe au quartier appelé communément Katr-yaar dans une villa et qui se livrerait à des activités suspectes. C’est ce qui a conduit à l’interpellation des locataires suspects par la BAC. Les investigations et l’expertise des ordinateurs permettront d’établir des faits de cyber criminalité, d’escroquerie et de chantage. En effet, ces malfrats du net procédaient par trois modes opératoires pour commettre leurs forfaits.

La première méthode consiste à identifier une personne déjà victime lors d’un transfert d’argent par Western Union sur internet. Ils entrent en contact avec la victime par le biais de Adama Koné qui se fait passer pour un agent du département des investigations et du contrôle des transactions de Western Union. Il lui envoie par mail un formulaire de la société qu’ils ont eux-mêmes confectionné. Il notifie à l’individu qu’il a pu intercepter la somme arnaquée mais que celui-ci doit verser au préalable une somme variable, selon le cas, avant de rentrer en possession de son argent.

La victime paye souvent à plusieurs reprises avant de se rendre compte de l’arnaque. Les deux derniers modes d’opération étaient l’affaire de Jonathan Touré : l’un consistait à passer des sites d’homosexuels pour apâter des clients avant de les faire chanter. Jonathan, via le net, se faisait passer pour un homosexuel, nouait des relations plus intimes, se montrait nu, échangeait des fantasmes avec le client et pendant ce temps l’un d’eux filmait la scène. Ces vidéos et ces photos ainsi constituées leur servaient plus tard à faire chanter leur victime en la menaçant de diffuser les images sur les réseaux sociaux comme facebook et you tube si celle-ci ne coopérait pas.  
Le dernier mode opératoire vise un certain nombre de personnes d’une certaine classe sociale : ce sont par exemple les chefs d’institutions ou d’entreprises vivant au Burkina et ailleurs. Jonathan et sa bande installent un logiciel malveillant appelé cheval de Troie sur l’ordinateur de la victime à son insu, qui leur donne accès à toutes les données. Ils filtrent les données à la recherche d’informations compromettantes. Mohamed Dosso, en fuite actuellement et qui se faisait passer pour un commissaire d’une Brigade de recherches cybercriminalité du Burkina Faso, élaborait un formulaire frappé des armoiries de l’Etat et de la police burkinabè qu’il envoyait à sa victime.

Un autre formulaire était envoyé quelques jours après à la victime, lui sommant de payer une amende de cinq mille euros, soit 3 250 000 F CFA dans les plus brefs délais, au titre des dommages et intérêts à l’Etat burkinabè. Ce sont au total 6 nationaux et 9 étrangers qui ont usurpé le titre de Brigade de recherches internet cybercriminalité du Burkina Faso, qui extorquaient les internautes.

Pour le commandant de la BAC, Patrice Yéyé, les premières victimes sont : l’Etat burkinabè dont les insignes ont été utilisés à des fins malsaines ; la police nationale dont la bande a usurpé le nom pour légitimer ses actes criminels et, bien entendu, des particuliers qui jusque-là ne se sont pas signalés. N’eût été la collaboration d’une personne de bonne volonté ces cybercriminels continueraient paisiblement à arnaquer les citoyens. C’est pourquoi  la commissaire Minata Traoré a invité une fois de plus l’ensemble de la population à plus de coopération afin de permettre de mettre hors d’état de nuire  ces brigands.

Lévi Constantin Konfé
(stagiaire)

Dernière modification ledimanche, 13 janvier 2013 22:40

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