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Crise en Libye : Kadhafi veut des élections ? On aura tout vu !

La crise libyenne, qui a débuté mi-février, apporte, chaque semaine qui passe, son lot de développements aussi spectaculaires qu’inattendus. Mais la dernière trouvaille de Séif, le fils aîné du Guide, est renversante, ahurissante et décidément rocambolesque. Dans un entretien à un média italien, le rejeton de Kadhafi a affirmé sans ciller que le clan Kadhafi est prêt à accepter des élections «dans les trois mois».

 

L’offre est cependant assortie de deux clauses d’importance : primo, l’adoption d’une nouvelle constitution, et secundo, la supervision desdites élections par des observateurs internationaux.A entendre le fils, le scrutin proposé constituerait le moyen le plus efficace d’affirmer la popularité de son père : nul doute, selon Séif, que le peuple choisisse le Guide et désavoue ces insurgés qu’il qualifie volontiers de  «fanatiques» et «d’intégristes islamistes». La même ritournelle, le même thème, le même champ lexical.

Mais spectaculaire, tout de même, ce retournement dans l’esprit de celui qui, il y a seulement quelques semaines, promettait une rivière de sang à ces mêmes insurgés que son père traitait d’excités ingurgitant de la drogue dissoute dans du lait à leur petit déjeuner. Un virage en épingle à cheveux, mais qui n’aura pas l’heur d'emporter l’adhésion de tous ; à commencer par le pays de L’oncle Sam qui, par la voix de Barack Obama, trouve que l’initiative arrive «trop tard».

Il n’est pas sûr non plus que les insurgés libyens, qui ont la ferme intention de faire rendre gorge à Kadhafi ainsi qu’à son clan, trouvent la proposition à leur goût. D’ailleurs, Séif est peut-être le premier persuadé que, dans ce vaste océan d’hostilité, sa bouteille jetée à la mer n’a aucune chance de trouver preneur. Et puis, l’initiative jure par son incongruité.

Comment et par qui faire adopter la nouvelle constitution dont lui jure qu’elle est le préalable audit scrutin ? Dans ce pays désormais divisé en deux camps  dont les irréductibles sont aussi tenaces les uns que les autres, qui s’aventurerait à parler aujourd’hui de l’adoption d’une quelconque loi fondamentale ?

Séif parle volontiers sans acception de nationalités dans le panel des «observateurs» internationaux qu’on inviterait, puisque même l’Otan, qui pourtant pilonne les installations de Kadhafi, y est la bienvenue. Dont acte. Mais visiblement, toute cette communauté internationale commence à trouver le temps passé en Libye trop long, et les dépenses de guerre trop coûteuses.

On la voit difficilement consentir à cette offre qui tient énormément d’un désir de gagner du temps et de faire dans le dilatoire.  Plus, on a comme l’impression, ici, que le fils travaille en solitaire et qu’il n’est pas vraiment en phase avec la philosophie du père.

Alors que Séif semble rechercher l’accalmie, Mouammar affirme avec plus de force que jamais sa volonté de rester au pouvoir et jure que la coalition de  l’Otan sera un jour «forcément vaincue». Y aurait-il des lézardes dans la forteresse de la famille Kadhafi ?

Fissures ou pas, le Guide et son clan devront trouver autre chose de bien mieux à proposer, si tant est que leur désir soit d’éviter le naufrage vers lequel ils s’acheminent, et qui s’annonce entier et collectif. Il y aurait bien sûr, la démission pure et simple, mais là, c’est promis, juré, foi de Guide, nenni, il n’en sera jamais question. Alors quoi ? En attendant, le conflit libyen enregistre à ce jour entre 10 et 15 000 morts et près d’un million de déplacés. Tout simplement horrible ; malheureusement on n’en est pas encore au début de la fin.

 

Jean Claude Kongo

Dernière modification ledimanche, 19 juin 2011 21:58

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