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Alpha Condé/Cellou Dalein Diallo : Monologue à Sékoutouréya

Alpha Condé/Cellou Dalein Diallo : Monologue à Sékoutouréya

« Que pourront-ils bien se dire ? » se demandait-on encore à la veille du très attendu tête-à-tête entre Alpha Condé et son principal opposant, Cellou Dalein Diallo. En effet, que pouvaient-ils encore se dire, eux qui depuis maintenant quelques années ne se parlent que par médias interposés ?

 

Que pouvaient-ils se dire alors qu’une semaine ne passe sans son cortège d’altercations quand il ne s’agit pas d’affrontements violents ? Pourtant, cette rencontre était attendue. Prévue pour se tenir le 8 mai dernier, elle avait avorté suite aux violences qui la veille encore opposaient la foule des contestataires aux forces de l’ordre. Un climat tendu qui avait poussé le chef de file de l’opposition à décliner l’invitation de son adversaire.

Reporté au 20 mai, le rendez-vous crucial a finalement eu lieu comme prévu à Sékoutouréya, le palais présidentiel niché sur la presqu’île de Khalou. Un coup d’épée dans l’eau, pour ne pas dire un flop qui, une fois n’est pas coutume, aura tenu toutes ses promesses. Car personne, que ce soit dans le camp présidentiel ou au sein de l’opposition, ne voyait dans cette « main tendue » le début de la fin de cette crise qui perdure. Tout au plus l’immense majorité des observateurs auraient parié sur un dialogue de sourds tandis que les plus optimistes n’osaient espérer mieux qu’une simple relance des négociations.

Alors, pour le coup, c’est raté. Car durant une heure, Alpha Condé, droit dans ses bottes, a patiemment écouté le chef de file de l'opposition et promis d'examiner avec ses alliés politiques les revendications de Cellou Dalein Diallo. Fin de la discussion, si discussion il y a eu, car ce jour-là, dans les salons feutrés de Sékoutouréya, il s’agissait plutôt d’un monologue face à… un mur d’indifférence.

Mais voyons le bon côté des choses. Car en attendant la fin de ces consultations au sein de la majorité présidentielle, la rue guinéenne pourra bénéficier d’un calme relatif avant les grandes tempêtes préélectorales dont elle est coutumière. Du calme, oui, mais pour combien de temps ? Quand on sait que pour le professeur Condé tout reste négociable sauf le calendrier qui, pourtant, cristallise l’hostilité et la défiance de son opposition…

Il y a de l’électricité dans l’air, et le ciel se gâte au-dessus de Conakry. A seulement quelques mois de la présidentielle du 11 octobre, on se demande par quel miracle la Guinée parviendra à exorciser ses vieux démons électoraux.

 

Marie Ouédraogo

Dernière modification levendredi, 22 mai 2015 08:31

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