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Attentats de Paris : La France dans l’o(EI)l du cyclone

Attentats de Paris : La France dans l’o(EI)l du cyclone

Annus horribilis ! Assurément, 2015 aura été en France une année horrible. Elle s’y achève comme elle a commencé : par une mare de sang. Le mercredi 7 janvier dernier, alors que les Français n’avaient pas encore fini de se présenter les traditionnels vœux de nouvel an, la rédaction du journal satirique, « Charlie Hebdo », a été la cible d’une attaque terroriste islamiste. Bilan de cette épouvantable journée : douze personnes froidement massacrées à l’arme automatique, dont des journalistes, des collaborateurs du canard et un policier. Deux jours après, le magasin Hyper Cacher de Porte de Vincennes est à son tour visité par un commando djihadiste qui laissera sur le carreau cinq corps de clients.

 

Après cette série d’attaques coordonnées, dont l’onde de choc a fait frémir le monde entier de consternation, on était loin, très loin, malgré la persistance de la menace, d’imaginer qu’une autre barbarie, autrement plus sanglante et sans précédent dans le répertoire des attaques terroristes en France, secouera de nouveau ce pays. Une indicible atrocité qui fera de ce vendredi 13 novembre 2015, l’an de disgrâce, l’une des pires dates de l’almanach des mordus de la paraskevidékatriaphobie (1).

En effet, ce jour-là, à Paris, entre le 10e et le 11e arrondissement, les prédicateurs de l’islam dévoyé et leurs nervis, intérieurs et extérieurs, ont signé ce qui demeurera comme l’une des pages les sombres de l’histoire de la « Ville Lumière ». En un intervalle de trente-trois minutes, le Stade de France où le président François Hollande assistait à un match amical entre son pays et l’Allemagne, les rue Alibert, de la Fontaine-au-Roi et de Charonne, le boulevard Voltaire et le Bataclan, où se déroulait un concert, basculent tour à tour dans l’horreur. Des attaques réglées comme le papier de la musique que jouait, cette nuit-là, ironie du sort, le groupe Eagles Of Death Metal, les Aigles de la mort. Faut-il voir dans le nom de cet orchestre quelque signe prémonitoire de cette nuit d’enfer au bilan effroyable : 129 tués, 352 blessés dont 99 dans un état d’urgence. Paris est touchée,  la France, « en guerre », le monde, en émoi.  

Comme tous le subodoraient, les six attaques portent la signature de DAESH, le groupe Etat islamique (EI). Dans un communiqué qui reste à authentifier, les commanditaires de cette tragédie s’en félicitent avec un cynisme qui trahit, comme on le sait depuis, la perversité de leur rapport à l’islam : « Dans une attaque bénie dont Allah a facilité les causes, un groupe de croyants des soldats du Califat, qu’Allah lui donne puissance et victoire, a pris pour cible la capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe, Paris ».

Plus que jamais donc, l’Hexagone est dans l’œil du cyclone. Sa participation à la coalition anti-Etat islamique, l’accentuation de ses frappes en Irak et sa décision de déployer le porte-avion Charles-de-Gaulle sont apparues aux yeux des salafistes de tout acabit   comme une offense à l’islam qui ne se lave que par le sang de pauvres innocents, fussent-ils musulmans ou non, d’accord ou pas avec la politique extérieure de leur pays.

« Face à cet acte de guerre », le pauvre Hollande, dont le mandat, déjà chaotique, s’annonce comme le plus ensanglanté de la cinquième République, a annoncé que son pays « agira avec tous les moyens, sur tous les terrains intérieurs comme extérieurs ». Le chef suprême des armées françaises pouvait-il en décider autrement face à une telle abomination ? Non. Mais dans la nécessaire réponse à cette agression que rien ne saurait justifier, il faut se garder de tomber dans le piège que DAESH voudrait voir tomber la France. En l’occurrence attiser le sentiment islamophobe, voire xénophobe, dans un Etat dont la relative grande ouverture aux valeurs humanistes n’est pas étrangère à ce qui lui arrive aujourd’hui.

Avec ce qui vient de se passer, il faut craindre qu’exaspérés, les Français, même les plus disposés à la diversité ne finissent par céder au repli identitaire, mère de toutes les formes d’intolérances. Cette tentation à l’entre-soi sera d’autant plus que le Front national, comme à son habitude, ne se privera pas de déployer grandement les voiles de son navire face à une telle poussée de vent de panique favorable. Pain bénit donc pour Marine Le Pen dont la chapelle ne manquera de servir de refuge pour toutes ses âmes en détresse qui ne savent plus sous quelle protection se placer.

Nous espérons qu’en recevant hier les principaux leaders politiques, dont l’infréquentable Le Pen-fille, François Hollande a dû les appeler à l’union sacrée, mais aussi et surtout à éviter tout amalgame politicien.  

Pour sûr, concernant le dossier de la crise migratoire, il y aura désormais un avant et un après-13 novembre. L’étonnant élan de solidarité européenne envers les réfugiés, particulièrement vis-à-vis de ceux du Proche-Orient, retombera tel un soufflet. Avec la découverte, sur le corps d’un des terroristes, d’un passeport syrien répertorié comme « réfugié », sans nul doute que l’un des moyens d’action contre le terrorisme consistera à renforcer les barrières aux frontières d’une Europe qui n’en peut plus d’être le martyr d’un islam dévoyé et ce, avec le silence coupable de ceux qui se réclament dépositaires légitimes des enseignements de Mahomet.

Alain Saint Robespierre    

 

  • La phobie du vendredi 13

 

Dernière modification lelundi, 16 novembre 2015 22:34

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