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Union africaine : Alors, on taxe ou on taxe pas ?

Union africaine : Alors, on taxe ou on taxe pas ?

Il n’est pas encore réélu pour un nouveau mandat, on ne sait même plus le combientième, à la tête du Rwanda, mais le voici déjà assuré d’être le prochain président en exercice de l’Union africaine au cours de son trentième sommet qui devrait avoir lieu en janvier 2018 à Abidjan. Preuve, si on en avait encore besoin, que la présidentielle d’août ne sera qu’une simple formalité dont il saura s’acquitter haut la main. En effet, on aura compris qu’il faudra bien que Paul Kagamé soit encore président de son propre pays pour prétendre être celui de tout un continent…

 

Voilà donc quelqu’un qui aurait pu se sentir morveux quand la problématique des troisièmes mandats a été évoquée par Mankeur Ndiaye, ministre sénégalais des Affaires étrangères, et qui lui a valu un recadrage de l’actuel président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé, à qui l’on prête des intentions de tripatouillage de la loi fondamentale de son pays pour jouer les prolongations en 2020.

En réalité, le respect des principes démocratiques et donc d’alternance au sommet des Etats n’a jamais figuré parmi les priorités de l’organisation continentale. Et si malgré cela elle devait décerner un certificat de bonne gouvernance politique, une bonne partie de ses membres auraient peu de chance de participer au moindre sommet, à commencer par le futur président en exercice qui au moins aura l’opportunité de mettre en œuvre son idée de créer une taxe de 0,2% sur tous les produits importés sur le continent, en vue de renflouer les caisses de l’Union africaine désespérément vides et qui, plus grave, sont surtout garnies par des contributions extra africaines comme celle de la Chine ou des Etats-Unis.

Une idée novatrice qui permettra à la vieille dame de ne plus tendre systématiquement la sébile non seulement pour sa propre survie, mais aussi et surtout pour trouver remède aux nombreux maux dont souffre l’Afrique, qu’il s’agisse des problèmes de développement, de la famine ou des nombreuses crises qui l’assaillent. Il faut vraiment espérer que pour une fois l’initiative sera menée à terme nonobstant les hésitations, voire la franche hostilité de certains pays et non des moindres, comme l’Afrique du Sud, l’Angola et l’Egypte, qui freinent des quatre fers sous toutes sortes de prétextes tels que l’incompatibilité avec leur constitution ou avec les traités de l’OMC ; heureusement qu’à côté de ces quelques récalcitrants on peut compter sur une grande majorité des chefs d’Etat et de gouvernement qui, à l’image de Paul Kagamé, porteurs du projet, ne cachent pas leur enthousiasme : parmi eux, le Guinéen, Alpha Condé, l’Ivoirien, Alassane Ouattara, et le vice-président nigérian, Yemi Osinbajo.

C’est à l’aune de la réussite d’un tel projet que l’on pourra jauger la réelle volonté des Africains, car c’est d’abord une question de volonté, à se prendre véritablement en charge au lieu de rester d’éternels assistés soixante ans après les indépendances.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 05 juillet 2017 21:33

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