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L’UA et la crise centrafricaine : Que pourront les médiateurs de la 25e heure ?

L’UA et la crise centrafricaine : Que pourront les médiateurs de la 25e heure ?

L'Union africaine se réveille. Enfin ! devrait-on dire, car depuis que la République centrafricaine est plongée dans une crise sans fin, l’organisation continentale semblait presque indifférente à la tragédie, qui a fait des milliers de morts et provoqué l’exode de centaines de milliers d’habitants. Elle prend enfin les choses en main.

 

C’est ce qui ressort de la rencontre qui s’est tenue ce lundi à Libreville pour tracer une feuille de route pour la paix et la réconciliation en Centrafrique. Embarqués avec l’UA, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), sans compter les gouvernements tchadien, angolais, gabonais, congolais et bien sûr centrafricain.

Cet accord-cadre intervient quelques semaines après la signature sous l’égide de la communauté Sant’Egidio d’un compromis entre les autorités de Bangui et 13 parmi la quinzaine de groupes armés qui ont mis le pays à feu et à sang. Un arrangement politique qui n’avait pas encore connu un début d’application puisque dès le lendemain du paraphe, de nouvelles violences éclataient à Bria et à Bangassou.

Il faut croire que l’accord de Sant’Egidio sitôt signé sera remisé au placard et les religieux renvoyés à leurs chères œuvres. En effet, si l’Union africaine dit prendre en compte toutes les résolutions antérieures notamment l’initiative de paix des parlementaires centrafricains rédigée en fin mai et les conclusions du forum de Bangui de 2015, le texte de Libreville se veut désormais l’unique référence pour la paix en RCA.

On ne sait pas si ces médiateurs de la 25e heure connaitront plus de succès que leurs devanciers, mais force est de reconnaitre que leur projet est on ne peut plus ambitieux : décentralisation, DDR, justice transitionnelle, statut des anciens chefs d’Etat. Voilà en effet quelques sillons qui ont été tracés et dont l’ensemencement s’annonce laborieux.

Et cela d’autant plus que le nœud gordien de l’amnistie générale que certains réclamaient et à laquelle Bangui s’opposait a fini par être tranché. Les facilitateurs ayant choisi la fermeté en affirmant que « l'impunité n'a jamais constitué de solution durable aux crises récurrentes en RCA ». Pas question donc de sacrifier la justice sur l’autel de la paix comme on l’a vu si souvent dans de nombreux pays meurtris.

Le hic, c’est que sans garantie sécuritaire et judiciaire, bon nombre de ces miliciens qui entretiennent une violence résiduelle pourraient rechigner à déposer les armes qui pour beaucoup représentent leur dernier argument et leur unique moyen de subsistance.

Autant dire que malgré le réveil subit de l’Union africaine, le chemin de croix de l’Archange Touadéra n’est pas près de s’achever, 15 mois après son ascension présidentielle qui avait fait naître tant d’espoir.

 

  1. Marie Ouédraogo
Dernière modification lemercredi, 19 juillet 2017 09:08

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