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Législatives du 30 juillet : Une incurie qui n’honore pas le Sénégal

Législatives du 30 juillet : Une incurie qui n’honore pas le Sénégal

« A titre exceptionnel, pour les élections législatives du 30 juillet, l’électeur, n’ayant pu retirer sa carte d’identité biométrique faisant office de carte d’électeur, peut voter sur présentation de son récépissé d’inscription avec sa carte d’identité ou carte d’électeur numérisée avec son passeport ».

 

Ainsi en a finalement décidé le Conseil constitutionnel sénégalais dans la nuit de mercredi à jeudi après avoir été saisi par le président Macky Sall quelques jours plus tôt.

Jusque-là en effet, seule la nouvelle carte d’identité qui tenait lieu également de celle d’électeur était l’unique document qui permettait aux Sénégalais d’exercer leur devoir civique.

Seulement voilà, la fabrication et la distribution de cette précieuse pièce ont accusé un retard fou si bien qu’à l’allure où vont les choses, quelque 700 000 cartes ne seront pas fabriquées. Ce qui aurait privé 10% des 6,2 millions d’électeurs inscrits sur le nouveau fichier de leur droit de vote, sans compter  ceux qui n’auraient pas pu retirer, à temps, le précieux sésame.

Avec cette décision des Sages, la légalité est donc sauve pour Macky Sall.  Mais en décidant de changer les règles du jeu en plein match, les autorités judiciaires jettent quelque peu le discrédit sur un scrutin qui sentait déjà le souffre, notamment à cause  de l’incarcération pour détournement de deniers publics du maire de Dakar Khalifa Sall et le retour de l’ancien président Abdoulaye Wade qui, du haut de ses 91 ans, conduit la liste de la « Coalition gagnante Wattu Sénégal ».

Pour avoir tenté mardi de tenir, au centre-ville, une manifestation interdite par les autorités pour protester contre cette mauvaise organisation du scrutin et le retard dans la distribution des nouvelles cartes, Wade et ses camarades ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène. 

A  deux jours du scrutin du 30 juillet, il faut reconnaître que ce « bordel » dans l’organisation décrié par les opposants n’est pas à l’honneur du Sénégal qui nous avait habitués à mieux que ça.

Cela aurait été en RDC, au Congo-Brazzaville, en Guinée Equatoriale, au Tchad, au Cameroun, au Gabon, et dans toutes ces démocratures où bonne organisation ou pas, les élections sont de simples formalités pour légitimer les monarques au pouvoir, ça n’aurait étonné personne. Mais que le pays de la Téranga, qui fut pendant longtemps un phare de la démocratie sur un continent longtemps plongé dans les ténèbres du monolithisme politique ou de la dictature plus ou moins éclairée et qui a connu l’alternance par deux fois depuis 2000,  s’illustre par ce micmac  autour des documents électoraux, on aurait pas parié  un rond dans la sébile d’un talibé.

Que les autorités invoquent pour leur défense avoir été surprises par le nombre d’inscrits est quelque peu risible, car, ne dit-on pas que gouverner, c’est prévoir ?

Dans un pays qui se respecte comme le Sénégal, cette incurie électorale aurait dû avoir pour conséquence la démission du ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, comme le réclame l’opposition et le mouvement Y’en a marre ; même si en rendant le tablier, il aurait sans doute ajouté du désordre au désordre.

En tout cas, avec le développement de ces derniers jours, plus que jamais la question se pose de savoir dans quelle ambiance vont se dérouler ces législatives ?

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification ledimanche, 30 juillet 2017 15:14

Commentaires   

0 #1 Kanzim 30-07-2017 13:06
Et voilà donc dénudés les maîtres de la transparence, les donneurs de leçons et ce Macky SALL négociateur international en mal de légitimité internationale. Un négociateur qui a toujours un parti pris, comme ce fut le cas au Burkina lors du putsch dit du RSP, et aussi en Gambie. Serait-ce ce mal ou la balance déséquilibrée du pouvoir qui a poussé à une manœuvre aussi ridicule et infantile pour de la fraude ? Qui a eu son document pour voter et qui ne l’a pas eu ? Quel est le profil ou l’appartenance politique de ceux qui ont eu et de ceux qui n’ont pas eu ? Quand on a des ambitions hégémoniques dans son pays et un désir de visibilité te de légitimité en international au point de se faire créer des prix tout aussi ridicules dits « Prix Macky SALL pour le dialogue en Afrique », on ne ose pas des actes anti démocratiques et discriminants dans son propre pays. Il faut espérer que cet épisode qui est consubstantiel à plusieurs chefs d’état africains interpellera la vigilance de la Cour du Moogho Naaba Baongho de Ouagadougou, pour apprécier plus profondément et avec détachement le soi-disant prix Macky SALL que le CIRID s’apprête à lui décerner. A qui profitera réellement un tel prix ?
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