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Reprise présidentielle kényane : Tout ça pour ça !

Reprise présidentielle kényane : Tout ça pour ça !

-Violents affrontements entre partisans de l’opposition et ceux de la majorité présidentielle, particulièrement dans les bidonvilles et les localités acquises à l’opposant Raila Odinga ;

 

- gaz lacrymogène contre jets de pierre, incendies de pneus, barricades et blocage de bureaux de vote, parfois avec des animaux morts ;

- 1 manifestant   tué à Kisumu, deux autres à Matharé et à Homa Bay ;

- une vingtaine de blessés dont dix par balles…

Le moins qu’on puisse dire est que la journée du jeudi 26 octobre 2017 a tenu toutes ses promesses de chienlit, tant les jours précédents les ingrédients d’un vrai foutoir électoral se réunissaient.  De ce point de vue, on n’aura pas été déçu.

 Uhuru Kenyatta et son adorable rival de la Coalition NASA peuvent être fiers, ils sont en train de plonger peu à peu dans la chienlit un pays où les contentieux électoraux se règlent bien souvent à coups de sagaie sur fond de clivages ethno-régionalistes et où les vieux démons, qui menacent toujours de revenir, ne sont jamais en réalité bien loin.

« Tout ça pour ça !» est-on tenté de s’exclamer.  Le scrutin d’hier était en effet censé corriger les nombreuses insuffisances, irrégularités et autres fraudes qui avaient conduit la Cour suprême à prendre la décision, courageuse et historique, s’il en fut, d’annuler l’élection du 8 août  dernier, au grand dam de celui qui voulait renouveler son bail et  que nombre de capitales avaient déjà félicité.

Finalement, les deux mois qui devaient être mis à profit pour rectifier le tir n’auront servi à rien si ce n’est   aux différents protagonistes pour aiguiser davantage leurs coutelas et s’enfoncer dans des querelles picrocholines qui ont occulté les indispensables réformes  devant conduire à un vote irréprochable. L’incurie et l’impréparation manifestes ne pouvaient que déboucher sur cette bouillabaisse électorale.

A quoi pouvait-on en effet s’attendre quand celui à qui devait profiter la reprise déclare forfait et appelle au boycott pendant que son vis-à-vis, lui, piaffe d’impatience de rempiler ? A quoi pouvait-on s’attendre quand Wafula Chebukati, le président de l’Independent electoral and boundaries commission (IEBC) en personne confesse son incapacité à organiser proprement cette présidentielle bis à seulement quatre jours de l’échéance ?   A quoi pouvait-on s’attendre quand, la veille, les grands  juges,  qui devaient vider un  recours introduit  par des citoyens,  préalable à la tenue de l’élection, ne parviennent pas à se réunir faute de quorum  comme si une main invisible s’était arrangée pour les en empêcher ? 

Le nouveau rendez-vous d’hier  aura donc été une élection au forceps  avec de surcroît une troisième mi-temps en vue  puisque cinq mille des quelque quarante mille bureaux de vote n’ont pu ouvrir, de sorte que quatre des quarante-sept comtés que compte le pays devront jouer les prolongations à une date encore indéterminée.   

Mais quel crédit pourra-t-on accorder dans de telles conditions aux résultats  qui seront proclamés par la Commission électorale ? Se pose aussi  la question de savoir le sort  que le juge David Maraga et ses collègues de la haute juridiction  vont, le moment venu, réserver à  un scrutin tenu dans de telles circonstances, eux qui , pour moins que ce bordel  ambiant, avaient refusé de donner leur blanc-seing au précédent verdict des urnes. Et quand bien même ils fermeraient les yeux pour avoir la paix, de quelle légitimité pourra se prévaloir le vainqueur tout désigné   ?

Quelles que soient les réponses à ces questions, une chose est sûre, le problème du Kenya reste entier avec cette probable victoire à la Pyrrhus qui se dessine pour Kenyatta qui n’aura peut-être pas d’autre choix que de régner par la terreur, car on voit mal ses contempteurs lui faciliter la tâche.  Et si c’était pour en arriver là, mieux aurait valu avaler la première couleuvre électorale de l’IEBC. Au moins l’indigestion n’aurait plus été qu’un vague souvenir actuellement.

 

Ousseni  Ilboudo

Dernière modification lesamedi, 28 octobre 2017 09:47

Commentaires   

0 #1 Kôrô Yamyélé 27-10-2017 11:50
- Djéééééhi !! Regardez le policier ! Sa tenue est délavée au niveau des fesses ! On dirait policier burkinabè de notre cow-boy Simon !

Par Kôrô Yamyélé
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