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Les élucubrations de Toégui : Adieu Max !

Les élucubrations de Toégui : Adieu Max !

Les élucubrations me tiennent. Tant qu’il y a de la vie il y aura les élucubrations. Mais mardi passé il n’y a pas eu les élucubrations. S’il n’y a pas eu les élucubrations c’est qu’il y avait une raison majeure. Voilà… Max est mort. Max m’a quitté.

 

Vous connaissez bien Max, Maxime pour les autres. Vous le connaissez, oh que si ! Max… Ted…et moi. Nous écumâmes le secteur. Le « K ya K » vous vous souvenez ? « L’Académie »…Le « Kienka Yika »… et j’en passe. Lorsque nous avions de bonnes raisons nous traversions Ouaga pour nous retrouver à l’autre bout de la ville. Parfois c’est au nord, tout au nord, à la pointe nord du nord de Ouaga : Tampouy. Parfois c’est au sud, tout au sud, à la pointe sud du sud de Ouaga : Tinganogo.

Max, ainsi tu es parti, me laissant seul. Pourtant je te croyais fermement lorsque tu me disais que jamais nous ne partirions. Ni toi ni moi. Tu me disais que jamais nous ne partirions laisser les loms loms. Tu me disais que jamais nous ne partirions laisser le gnontoro. Et je te croyais, tu sais.

Les loms loms, Max, les loms loms ! Tu les aimais très loms loms. Je les aimais très loms loms. Nous les aimions très loms loms. Et le gnontoro alors !? Max, je m’en souviens très bien. Ton premier gnontoro ! Hihihi ! Tu es tombé à la renverse les quatre fers en l’air après seulement deux calebassées. Hihihi ! Tu as foutu notre plat de porc au four par terre et tout le reste de gnontoro avec. Et depuis ce jour, malin comme tu étais, chaque fois que tu devais boire du gnontoro tu prenais soin d’y ajouter de l’eau. Moi je fermais alors les yeux pour ne pas être témoin de ce sacrilège. De l’eau dans du gnontoro ! Mon Dieu !

Tu te souviens ? La première fois où tu m’as accompagné au village…Lorsque tu as mis de l’eau dans ton gnontoro ( !!!) l’oncle Tougolo te regarda tout ébahi et me dit :

- Toégui, Toégui…regarde ton Mossi là…il a mis de l’eau dans le gnontoro ( !!!) Kiorr ! La Mossiterie des Mochichis là ne finira jamais.

Max, tu sais à qui je pense ? Au vieux Tindago, qui était gardien dans un entrepôt situé près de l’aéroport. Il est décédé il y a environ 5 ans. Voilà ce qu’il nous disait d’un ton triste et presqu’en pleurs :

- Ces Blancs là, moi je les connais. Ce sont des barbares, méchants. Je le sais, ils ont découvert le médicament contre la mort mais ils n’en disent rien. Ils attendent que nous autres là on meurt pour qu’ils le fassent savoir.

Max n’est plus. Je me prépare à me rendre à Zorgho pour les obsèques. En attendant mon compagnon de voyage, j’allume la radio.

Luc Marius Ibriga est au rapport. Les 31 milliards ! Je change de FM. Luc Marius Ibriga est encore au rapport. Les 31 milliards. Je vais sur Omega. Luc Marius Ibriga toujours. Les 31 milliards toujours. Je vais sur Watt.FM ! Luc Marius Ibriga et les 31 milliards encore et encore.

Décidément, dans la cité, il n’y a plus que ça : Luc Marius Ibriga et les 31 milliards. Il est question de deniers publics qui auraient disparu. En réalité c’est un non-événement qui ne donne pas lieu à fouetter un chat. Sauf que, sauf que pour ce cas, il y a une présomption de culpabilité qui pèse sur un de nos Présidents de la République. Lequel Président de la République, puisqu’ils sont trois dans le viseur de l’ASCE-LC ? That is the question. Mystère et boule de gomme… de gomme arabique.

Monsieur le Président de l’ASCE, vous n’allez pas nous faire ça ! Donnez-nous un nom, rien qu’un nom. Sinon, c’est très compliqué avec ces années de 2000 X à 2000 X.

Trêve d’élucubration. Quoi ? Un Président de la République soupçonné de malversations de deniers publics ? Le gardien du temple pris dans les filets de l’ASCE ? A quand donc le tour du Président de la Cour des Comptes ? Et pourquoi pas, à quand donc le tour du Président de l’ASCE lui-même en personne ?

Allons, allons, votre histoire de 31 milliards je n’y crois pas un iota. C’est comme si on me disait qu’on a aperçu la femme de César longer la rue menant à une « chambre noire ».

Bof ! Vous savez ? On veut nous distraire, nous du peuple mouton. Ne nous laissons pas faire. En réalité, 31 milliards c’est quoi ? C’est rien du tout. Par conséquent sachons raison garder et allons par étape et dans l’ordre qu’il faut. Oublions donc ces 31 milliards et parlons plutôt de nos Pouytenga Papers : les 86 ou 96 milliards d’il y a 5 ans, quelles sont les nouvelles ? Les a-t-on récupérés ou en a-t-on fait des Fasoleaks ? On veut savoir. Et nos 57 voitures 4X4 qui sont toujours dans la nature ?

J’espère avoir été compris. Faisons table rase sur ces 31 milliards. Pourquoi en effet, ameuter toute la terre pour 31 milliards par ces temps de PNDES ? 31 petits milliards. Il manque 31 milliards ? Quelqu’un les a pris et on ne sait pas qui ? Où est le problème ? Y a qu’à puiser dans le PNDES pour combler et avançons comme dirait Emmanuel Macron. C’est simple comme bonjour. Eureka ! Puisque le PNDES est là, et puisque nous ne sommes pas à l’abri de malversations haut de gamme et de malversations bas de gamme, il faut que la ministre Rosine Coulibaly constitue une caisse de réserve, pas une caisse de dépôt et consignation une caisse de réserve à l’aide des fonds du PNDES. Ainsi, l’année prochaine et les autres années à venir dès qu’il y aura des milliards de malversations quelque part, on puisera dans le PNDES pour combler. Le PNDES est fait pour ça. Et ainsi la ministre des Finances ne va plus dormir la nuit avec la hantise de voir des milliards disparaître le lendemain.

D’ailleurs je ne suis pas loin d’être d’accord avec ce Mochichi de Mochichi FM qui n’est pas si peuple mouton que cela. Voilà ce qu’il a dit et que je vous répète sous le contrôle de mon interprète-traducteur :

  • Chaque jour on nous rebat les oreilles avec la lutte contre la corruption. Chaque jour, lutte contre la corruption. Chaque jour, lutte contre la corruption. Nous sommes fatigués. Ils n’ont qu’à faire pardon. Qu’ils abandonnent la lutte contre la corruption là maintenant. Nous en avons ras-le-bol. Ce sont des paroles qui ne servent à rien. Ils luttent, ils luttent et ils n’ont jamais attrapé personne. Depuis 27 ans qui ils ont attrapé ? Ils ne peuvent pas attraper quelqu’un puisqu’ils sont pareils. Ils se connaissent. Vraiment nous sommes fatigués, ils n’ont qu’à laisser comme ça. Celui qui a gagné sans qu’on l’attrape il n’a qu’à bouffer son argent ! Kiorr ! Ce que nous voulons seulement c’est qu’ils trouvent du travail pour nos enfants et qu’ils diminuent les prix du riz et de l’huile. Ya ya boin ?! La vie est de plus en plus dure et on ne sait pas où on va entrer. Et puis regardez la SONABEL qui a commencé un nouveau système de délestage. Avant, lorsque la SONABEL coupe le courant on sait que le courant est coupé. Alors on attend jusqu’à ce que le courant revienne. Maintenant, ça coupe 10 minutes, ça vient 10 minutes. Hein ! Ça coupe, ça vient, ça coupe, ça vient, c’est quoi ça ?! Kiorr ! Ils n’ont qu’à faire pardon à cause de Dieu. D’ailleurs même ils n’ont qu’à vendre la SONABEL comme ils ont vendu l’autre là à TELMOB. Oui, ils n’ont qu’à vendre la SONABEL à Abdoul Services. Ou à Inoussa Kanazoé. Ou à Will Telecom. Et puis, moi je veux savoir pourquoi y a-t-il un ministre des femmes et il n’y a pas un ministre des hommes ?

Je vous regarde lire les élucubrations. Tranquillement comme chaque mardi. Comme si de rien n’était. Si vous saviez ! Vous avez failli ne plus lire des élucubrations. Pourquoi ? Parce que les parents de Max voulaient me mettre sous terre avec leurs fils figurez-vous. Il s’en est même fallu de peu pour qu’ils me jettent dans le trou avant lui.

En effet, dès que je suis arrivé dans le village de Max, un de ses frères qui me connaît bien me présenta à la famille en disant : « C’est l’ami intime de Maxime. C’est un Samo… ».

Aussitôt j’entendis crier :

  • C’est un ami de Maxime. C’est un Samo. Attrapez le… attrapez le… Il doit accompagner Maxime…

On m’empoigna par le bras droit. On m’empoigna par le bras gauche. Par la jambe gauche. Par la jambe droite. On voulait me jeter dans le trou. J’hurlai de toutes mes forces en pensant à ce qu’avait dit l’oncle Tougolo :

  • La Mossiterie des Mochichi là ça ne finira jamais.

Hein ?! Et si j’étais cardiaque !?

Que dis-tu Max ? Tu me dis de ne pas laisser nos RSP-maison lire les présentes élucubrations ? A cause de l’histoire des loms loms ? Parce que s’ils lisent ces élucubrations ça pourrait arriver à notre argent ? T’inquiète Max, t’inquiète. Nos RSP-maison savent faire la différence entre élucubrations et élucubrations. Les RSP-maison te font plutôt bisou bisou. Ils t’aiment bien, pour dire qu’ils t’aiment beaucoup beaucoup. Mais t’inquiète je te dis… Si jamais ça chauffe, si jamais il y a des coups, je paierai pour deux.

Mardi prochain, il n’y aura pas d’élucubrations. Du calme. J’ai dit qu’il n’y aura pas d’élucubrations je n’ai pas dit qu’il n’y aura pas d’écrit.

Max m’a sauvé la vie. Oui, sans Max il y a plus de 20 ans que j’étais mort. Je vous dirai comment. J’ai un devoir de redevabilité envers Max et je tiens à vous le faire savoir.

Mardi prochain. Des les premières lignes.

 

Charles Guibo

Commentaires   

0 #5 LoiseauDeMinerve 06-06-2017 13:15
A mon ami TOEGUI, sans risque de te faire fatwaisé je le souhaite !
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0 #4 LoiseauDeMinerve 06-06-2017 11:39
Dis TOEGUI ! toi qui peux élucubrer librement sur tout et sur rien. En fait........ C'est à dire....... euh euh ..... en cette matinée matinale... une question me taraude :
Pourrais-tu dénicher un Ouléma, Ulema ou ulama pour m'enseigner ? Le jeûne est-il pour DIEU ou pour l'homme. Dans un milieu où je job, c'est tout le temps carême par ci carême par là dans les couloirs. Que recherche-ton in fine ?
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0 #3 Kanzim 06-06-2017 10:35
Bon retour M TOEGUI. Je suis content et rassuré de vous lire à nouveau même si ma joie est quelque peu tempérée par votre annonce relative à Mardi prochain, lequel laisse sourdre un doute quant à la possibilité de savourer des élucubrations, avec pour consolation un écrit quand même. Que Max où il est, invoque et inspire les mânes des ancêtres pour que vous nous serviez des élucubrations pendant des dizaines et des dizaines d’années encore. Ceci dit, l’insistance quasi pathologique de l’ASCE-LC à occuper les espaces médiatiques pour parler de son fameux rapport 2015 commence à rendre fous même ceux qui ont la capacité de discerner le vrai du flou. Moi je renvoyais ceux qui me questionnaient sur le sujet, à la page 10 de la version du rapport que j’ai, où le « MESSAGE DE MONSIEUR LE CONTROLEUR GENERAL D’ETAT » dit bien ceci : « Le présent RGAA 2015, bien que retraçant les activités menées en 2014 sous l’égide de l’ASCE, est porté par l’ASCE-LC en vertu du principe de continuité et de succession des institutions publiques ». Beaucoup de commentateurs et d’organes de presse ne se sont pas donné la peine de lire ne serait-ce que les 10 premières pages du rapport lui-même fait de 386 pages, tombant donc à bras raccourcis sur l’ASCE-LC, ce qui m’a amené à conclure sur le constat que ces derniers boivent l’eau avant d’arriver au puits. Mais vers 2 H du matin, en rangeant le rapport quelque chose attira mon attention au niveau de l’intitulé qui porte comme suit : Rapport Général annuel d’activités 2015 : vous voyez M TOEGUI, ce langage est fait dans le barbarisme, en même temps qu’il est amphibologique, c’est-à-dire ambigu mais surtout ambivalent. On peut donc par son ambivalence, dire et dans la logique parfaite que les activités sont de 2015, ou que le rapport est de 2015 et décrit des activités sans référence temporelle. Alors voilà ce qu’il eut fallu écrire par exemple: Rapport Général des activités 2014 (Année de rédaction, 2015). Ce langage aurait été moins « gourmantchémant ique » ou « fulfuldématique », offrant ainsi de la logique et de la clarté susceptibles de motiver les citoyens à le savourer, plutôt qu’à l’interpréter diversement, comme c’est le cas en ce moment. Heureusement que le Pr IBRIGA ne fait pas partie de ces enseignants chercheurs en « Droit » qui nous ennuient dans un charivari cacophonique sur leurs compétences, leurs écrits et leurs missions à l’étranger. Autrement on lui aurait dit deux mots sur la dangerosité de l’amphibologie en droit.
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0 #2 Sidzabda 06-06-2017 08:36
Mais Toégui ton nez est vraiment long, sinon tu allais accompagner Max pour son dernier voyage. Mais heureusement que les mossis ont été clément pour te permettre de nous livrer encore des élucubrations
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+1 #1 Anta 06-06-2017 08:08
Toégui, vieux filou, tu pleures Max ou bien tu pleures les lom-lom ? Dans tes lamentations il y a plus de lom lom que de Max. Qui a été enterré, les lom-lom ou bien Max? Si j'étais madame Max, rapidement après ces révélations d'infidélité caractérisée, j'allais chercher madame Toégui. Et chacune munie d'une spatule, on irait régler le compte du macchabée à Toudweogo avant d'aller faire un scandale au sein même des bureaux du vénérable Nakibeogo. On allait en même temps venger Adja Divine en te trainant nu comme un ver pour faire le tour de Rodwooko! Tchrrrr....des infidèles comme ça!!
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