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Lutte contre le VIH-SIDA : Le virus se multiplie chez les marginalisés

Lutte contre le VIH-SIDA : Le virus se multiplie chez les marginalisés

Le taux de prévalence du VIH-SIDA au niveau national est de 1%. Cependant, cette faible prévalence dans la proportion générale cache des niveaux de prévalence considérablement plus élevée au sein des populations clés ;  d’où la tenue du 2e forum à l’intention des hommes de médias sur les leçons apprises en termes de bonnes pratiques au Burkina et de l’expérience au Togo et au Sénégal. C’était le mardi 14 février à Ouagadougou.

 

 

Populations clés et VIH. Vous connaissez ? Il s’agit des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, des orpailleurs, des routiers, des personnes infectées, des jeunes, des orphelins et autres enfants vulnérables. A travers cette définition de Guillaume Sanon, chef de département chargé de la communication du SP/CNLS-IST, il faut savoir que les acteurs de la lutte ont intégré ces cibles afin de mieux contrôler la maladie : «Au Burkina, nous avons élargi les populations clés, car si nous n’y intervenons pas, notre combat sera vain dans la mesure où la plupart du temps, ce sont des personnes marginalisées qui n’ont pas accès aux services de prévention, de prise en charge. Pourtant quand un homme se sent marginalisé la volonté de revanche sur l’autre peut l’amener à commettre certains actes sur des personnes qui ne sont pas porteurs ». Cela paraît d’autant plus vrai au regard des chiffres actuels : taux de prévalence au niveau de la population générale 1% ; taux de prévalence chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes en 2013  est de 4,7% à Ouaga et 4,9% à Bobo-Dioulasso. Les chiffres sont plus alarmants chez les travailleuses du sexe : 8,9% et 32,9% respectivement dans ces deux principales villes du Burkina.

Ce forum, deuxième du genre, avait donc pour objectifs d’analyser avec les hommes de médias les leçons acquises du processus en cours au Burkina en termes de bonnes pratiques, de contraintes, de défis et de perspectives. «L’objectif était de se donner des idées sur ce qu’on est en train de faire et comment on le fait. Notre préoccupation est donc de trouver la solution au VIH-Sida principalement en  ce qui concerne la prise en compte des questions liées aux populations clés sans pour autant faire leur promotion.»

Egalement, les expériences de travail collaboratif entre acteurs de la réponse au VIH et ceux médiatiques en cours au Togo et au Sénégal, relativement à la problématique des populations clés, ont été abordées avec une vingtaine de journalistes burkinabè. Les participants burkinabè ont retenu qu’au Sénégal, les reporters ont été formés sur le traitement de l’information non stigmatisante  et non discriminatoire à l’égard des hommes entretenant des relations avec d’autres hommes et des professionnels du sexe, un programme d’intégration du VIH dans les écoles de formation de journalistes. Au Togo, les connaissances des journalistes ont été renforcées sur les questions en rapport avec l’homosexualité, le VIH et sur les impacts de violence à l’endroit des populations clés…

 

 «Les gens ont tendance à baisser la garde»

 

De l’avis du responsable de la communication du SP/CNLS-SIDA, les journalistes ont une grande part de responsabilité dans la situation de la baisse de garde. «Dans la population globale, lorsqu’on se réveille, notre premier réflexe est d’écouter les informations à la radio, de les lire dans un journal ou de les suivre à la télévision. Tout ce qui découle de ces organes comme information est considéré comme vrai. Les journalistes vont donc susciter au sein des populations une nouvelle prise de conscience parce que les gens ont tendance à baisser la garde et à oublier que le VIH-Sida existe peut-être parce que nous avons passé le temps à dire dans nos discours que nous sommes passés d’une prévalence de 7,17% à 0,9% de nos jours. Certes, cela est vrai mais la réalité est toute autre : tous les jours, des milliers de personnes s’exposent au VIH-Sida», a confié M. Sanon en précisant que le traitement existe mais on ne guérit pas toujours du Sida et  quoi qu’on dise, la maladie a  toujours un poids économique assez important.

 

Ebou Mireille Bayala

Commentaires   

0 #1 Kanzim 16-02-2017 15:40
Je ne crois pas que tout ce que les journaux disent est pris pour argent comptant par les populations. Ceci reste une bataille à gagner, parce que la ligne éditoriale d’un certain nombre d’organes de presse, ajoutés à la médiocrité de plusieurs journalistes qui sacrifient le subjectif aux faits objectifs et à une formation de peu de qualité quand elle existe, font donc que acheter un journal ne veut pas dire qu’on le lit en exhaustivité, ou que ouvrir la radio ne veut pas dire qu’on fait attention à ce qui s’y dit. Quant aux télés, par souci de politesse, je préfère m’abstenir d’en dire quelque chose. En outre ce n’est pas «la volonté de revanche sur l’autre » que les marginalisés commettent des actes de contamination sur « des personnes qui ne sont pas porteurs ». Le SP/CNLS devrait revoir sa copie sur cette question. Tout comme il devrait faire attention à sa communication en désignant des gens qui en ont la culture et le savoir-faire: est-ce que M Sanon sait tout le danger qu’il y a à déclarer que « le traitement existe mais on ne guérit pas toujours du Sida » ? Depuis quand existe-t-il un traitement qui guérit même quelque fois du SIDA ? Il y a risque de faire croire à la véracité d’une telle hérésie, ce qui multiplierait les actions imprudentes et surtout les rapports non protégés.
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