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Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso : «Le Burkina ne peut se construire dans l’incivisme et le désordre»

Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso : «Le Burkina ne peut se construire dans l’incivisme et le désordre»

A l’occasion de l’an II de la résistance contre le putsch manqué du 16 septembre 2015, le chef de l’Etat s’est adressé à la Nation. Voici l’intégralité de son message que nous vous proposons à titre documentaire.

 

Chers compatriotes ;

Démocrates et patriotes du Burkina Faso
La journée du 16 septembre qui marque le deuxième anniversaire de l’héroïque résistance de notre peuple au putsch de 2015, m’offre l’occasion de saluer la mémoire de nos martyrs tombés sur le champ d’honneur pour préserver notre dignité et promouvoir les idéaux de notre patrie commune, le Burkina Faso.

La Nation reconnaissante les a logés au Panthéon de notre histoire commune et j’adresse à leurs parents et proches, ainsi qu’à tous les blessés, l’expression de notre solidarité et de notre proximité.
Grâce à leur audace et à leur engagement, notre pays a réaffirmé aux yeux du monde son attachement profond à la liberté, à la justice, à la démocratie et à l’Etat de droit.

Par la même occasion, notre Peuple a montré à souhait son aversion pour les coups d’Etat et les dictatures déguisées en régimes démocratiques.

La participation active de la jeunesse, des organisations politiques, de la société civile, des syndicats, des Forces de Défense et de Sécurité, et la contribution des autorités coutumières et religieuses à cette résistance populaire face à l’imposture nous imposent désormais un devoir, celui de la fidélité aux aspirations profondes de notre peuple.

Peuple du Burkina Faso

C’est un bel exemple d’unité, de solidarité et de courage face au danger qui mérite de faire école. Cette mobilisation exceptionnelle qui a permis de défendre les institutions de la République doit continuer à inspirer notre combat actuel contre le terrorisme, le grand banditisme et les trafics transfrontaliers de tous ordres qui sapent nos efforts de développement.

C’est la preuve aussi que nous sommes capables de compter d’abord sur nous-mêmes, sur les ressorts internes de notre peuple pour faire face aussi bien aux menaces internes qu’externes.
Car, seul un peuple mobilisé et conscient de son destin peut se montrer aussi intransigeant comme vous l’avez démontré tout au long de la résistance au coup d’Etat du 16 septembre 2015.

C’est pourquoi la réconciliation nationale, tout en restant une priorité doit être fondée sur la vérité et la justice pour qu’enfin, dans un même élan, tous les fils et filles du Burkina Faso tournent définitivement les pages sombres de notre histoire. J’en suis profondément attaché.
Nous avons un devoir de fidélité aux valeurs d’intégrité, de bravoure et de témérité qui forment le socle de notre Burkindlim. Burkinabè et fiers de l’être, nous nous devons donc de rester attachés à la source et au sens de ce qui nous lie à notre patrie. Servir la patrie, c’est prendre en main notre destin, renforcer l’Etat de droit et consolider le « vivre ensemble ».

La grandeur d’un peuple, c’est aussi d’avoir fait de grandes choses dans le passé. J’ai l’intime conviction que le Burkina Faso ne peut se construire qu’avec l’engagement patriotique de chacun et de tous, aujourd’hui et demain.

Je tiens à rappeler que le Burkina Faso de l’aspiration profonde de notre peuple ne saurait se construire dans l’incivisme, le désordre et le délitement des valeurs morales et sociales.
Au-delà de nos colères parfois sincères, de notre impatience compréhensible, voire de nos craintes, sommes toutes légitimes, nous ne devons pas perdre de vue l’essentiel qui est de préserver la foi en nous-même et à la capacité de notre peuple à unir ses forces pour accomplir notre destin commun.
Ensemble, nous devons retrouver la sérénité pour affronter les nombreux défis, notamment sécuritaires et de développement qui sont les nôtres.

C’est pourquoi, je veillerai avec toute la rigueur qui sied, au respect des valeurs républicaines qui fondent notre « communauté de destin ».
J’invite donc les populations des villes et des campagnes, les agents de l’Etat, les travailleurs du public et du privé à renouer avec les valeurs de probité, d’efficacité, de responsabilité et de dialogue.

Peuple du Burkina Faso

Les nombreuses épreuves que notre pays a vécues ces dernières années doivent contribuer à raffermir notre foi en l’unité nationale. C’est le lieu de saluer toutes les initiatives notamment les marches silencieuses, la chaîne de lumière, que des Burkinabè, sans calcul quelconque et guidés par le patriotisme ont régulièrement organisées pour montrer que nous restons debout et demeurons des résistants face à la volonté de déstabilisation de notre pays.

Ces épreuves doivent nous permettre de retrouver la maîtrise de notre destin, la fierté de notre attachement individuel et collectif aux valeurs qui font la grandeur de notre Nation.

Chers compatriotes

La commémoration du deuxième anniversaire de la résistance au coup d’Etat du 16 septembre 2015 nous rappelle que la liberté et le renouveau démocratique que nous vivons aujourd’hui ont été sauvegardés au prix du sang de nos martyrs. C’est la preuve qu’il n’y a pas d’avenir pour un peuple qui ne consent pas de sacrifices.

Pour ce qui me concerne, je continuerai à travailler pour garantir les libertés fondamentales à chacune et à chacun de nos compatriotes.
C’est le lieu pour moi de réitérer mes encouragements à notre Armée nationale et aux forces de sécurité pour leur loyalisme, leur abnégation et leur professionnalisme dans l’exécution de leurs missions.

Je les invite à continuer, dans le respect de la Constitution et des lois de la République, à défendre l’intégrité de notre territoire, à assurer la sécurité des personnes et des biens et celle des institutions de la République.

A vous tous, Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur, nourris à la sève du devoir de mémoire qui nous incombe, j’en appelle à plus d’engagement et de veille citoyenne pour relever tous les défis qui se dressent et qui se dresseront sur notre marche déterminée pour la liberté, la démocratie, la justice, la réconciliation nationale et la prospérité partagée.

Peuple du Burkina Faso

Sans distinction d’opinions politiques, de religions, de croyances ou de conditions sociales, nous avons la responsabilité, individuellement et collectivement, de consolider la paix, de promouvoir par le travail le développement économique et social au profit de tous.
C’est à ce prix que nous serons à la hauteur des attentes de notre peuple dont nous ne devons jamais trahir la lutte et les aspirations.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

 

Commentaires   

0 #4 Télespectateur 18-09-2017 16:02
Citoyens, citoyennes ! La bonne foi exige que l’on reconnaisse les faits dans leur réalité. Nombreux sont les téléspectateurs qui ont suivi le 15 septembre 2017, le rapporteur de l’Assemblée générale des Etablissements Publics de l’Etat(EPE), citer les mauvais exemples d’EPE qui ont été incapables de présenter des bilans de gestion. Parmi ces EPE inopérants, on peut citer entre autres, le SIAO, le FAIJ. Le cas du Fonds d’appui aux initiatives des jeunes(FAIJ), démontre à quel point il y a eu une gestion opaque du ministère de la jeunesse et de la formation professionnelle .
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0 #3 Zangoté 18-09-2017 14:56
A l'allure où vont les choses je ne suis pas certains que l'incivisme puisse s'arrêter de si bon chemin. Au fait, de quel incivisme parle le président du Faso? C'est trop facile d'indexer nos pauvres jeunes qui n'ont même pas eu la chance d'être éduqués au respect du bien commun et de tout ce qui est ordre social conventionnel. On envoie des jeunes narguer pères et grands parents quand ça nous profite et quand ces jeunes s'en trouvent ragaillardis et deviennent irrévérencieux, on crie à l'incivisme. D'ailleurs je souhaite que les causes de l'incivisme soient abordées à chaque fois qu'on évoque ce mot. Faites un tour dans les commissariats et brigades et vous verrez comment certaines des préoccupations pourtant légitimes des populations sont traitées avec légerté tout simplement parce que policiers et gendarmes sont fatigués de l'inconduite de ceux qui devraient donner le bon exemple. Où en sommes nous avec les dossiers de crimes économiques? Dites-moi bonne gens! Entre un élève qui casse un feu et un opérateur économique qui détourne 500 millions d'impôt, qui est plus incivique? A mon humble avis, le président gagnerait à prêcher la bonne parole autour de lui et avec ses interlocuteurs directs que sont les chefs de grandes entreprises, la douane, les impôts, la sécurité, la justice et surtout la justice. Tout compte fait, ceux qui nous empêchent de vivre dignement ne valent même pas 5% de la population. Alors que celui qui a notre destin en main s'exécutent franchement et sans état d'âme. Pour cela il peut compter sur notre bénédiction et sur la protection des ancêtres. Si en 2020, on nous parle encore d'incivisme et de manque de moyens pendant que des opérateurs économiques pillent nos ressources, alors là que chacun répondre de ses actes devant l'Histoire. En attendant, gérez bien le pays, tonton Président.
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0 #2 Pierre 18-09-2017 08:53
Le Président Roch Marc Christian rendra un grand service à la nation s’il entreprend des mesures fortes pour rétablir l’autorité de l’Etat. En effet, depuis la transition en 2015, une banalisation de la fonction ministérielle a été actée. Des jeunes et certains adultes ont été parachutés ministres sans avoir assumé au préalable des fonctions de direction dans l’administratio n publique. On ne vient pas dans un gouvernement pour apprendre à diriger. On y va plutôt pour implémenter des actions de conception et de décision, parce qu’on en a déjà les atouts et l’expérience. Les ministres qui n’ont pas assumé au préalable des fonctions de direction, de chefs de service, éprouvent souvent des difficultés pour la gestion rationnelle des ressources humaines et matérielles de leurs départements. Ils ont tendance à vouloir s’imposer par chantages, transforment les ministères en des lieux d’affaires pour promotionnaires et amis au détriment des normes règlementaires qui régissent l’administratio n publique. Ainsi, ils créent des crises permanentes dans leurs ministères et font du pilotage à vue sans résultat satisfaisant. Par conséquent, il faut rétablir l’autorité de l’Etat, qui passe aussi par les nominations de ministres et chefs de services en fonction de leurs compétences, talents et expériences professionnelle s et qui pourront diriger efficacement par leurs personnalités respectables. Les autorités gouvernementale s, institutionnell es et locales dans un Etat, doivent être des sources d’inspiration pour les administrés, en raison de leur probité et de leur ardeur au travail. Monsieur le Président, veillez sur ces valeurs pour mieux réussir votre gouvernance. Le message du Chef de l’Etat à la nation prononcé le 15 septembre 2017, à l’occasion de l’an II du putsch du 16 septembre 2015, laisse croire que le Président du Faso a compris cette impérieuse nécessité.
Ibrahim
Je persiste et signe. La valeur n’attend pas certes le nombre des années, mais cette valeur est fonction de la capacité à assumer des responsabilités , à concevoir, à diriger. Quand les gens crient que Macron est parvenu au pouvoir jeune, cela n’est pas un motif pour ouvrir un boulevard à la responsabilisat ion d’incompétents dans les affaires publiques, seulement sur la base du critère de jeunesse. Le président Macron a assumé des fonctions de responsabilités bancaires et de conseiller à la présidence auprès du président Hollande. Donc, il n’a pas surgi au sommet de l’Etat, comme un lièvre qui sort directement de la brousse en courant, suite à une partie de chasse au gibier. Au Burkina, des jeunes d’environ 35 et 40 ans ont assumé des fonctions de conseillers dans des institutions par le passé comme actuellement. Un conseiller, est un décideur indirect quand ses conseils sont pris en compte. C’est donc un atout pour la carrière de personnalités en charge des affaires publiques.
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0 #1 Kôrô Yamyélé 18-09-2017 08:27
- Oui c'est vrai, mais il ne peut pas non plus se construire avec le mouta-mouta.

Par Kôrô Yamyélé
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