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11e critérium féminin de cyclisme : Des larmes au bout de la course

Le Groupe de travail CONFEJES pour la promotion de la participation des jeunes filles et des femmes aux activités de jeunesse et sport/Burkina Faso (GTCF) a organisé le 24 septembre 2017 la 11e édition du critérium féminin de cyclisme. Les bicyclettes ordinaires ont parcouru 2 X 5 km et les vélos de course 2 X 10 km sur l’avenue de l’Entente, à Gounghin. La dernière course s’est achevée dans un torrent de larmes. En effet, certaines participantes ont été contraintes à l’abandon à cause du mauvais état de leur monture.

 

 

Il est rare de voir au Burkina des femmes enfourcher un vélo par simple plaisir. Pourtant, c’était le cas le 24 septembre. 26 femmes des douze arrondissements de Ouagadougou, à vélo ordinaire, se sont défiées ce jour-là sur un trajet de 2 X 5 km. C’est Awa Bamogo qui a remporté le sprint face à ses concurrentes. Elle dit être à sa sixième participation et très contente d’avoir surclassé les autres.

Après les bicyclettes ordinaires, des femmes venues des quatre coins du Burkina se sont également affrontées sur des vélos de course. Toutes les régions étaient représentées, sauf trois, faute de vélos adaptés à la compétition. Cette seconde compétition ne s’est donc pas déroulée sans anicroche.

 

«Si cette situation n’est pas réglée, je ne viendrai plus»

 

Sur 19 coureuses au départ, 10 ont franchi la ligne d’arrivée. Les neuf autres ont abandonné à cause de la mauvaise qualité de leurs montures. C’est le cas de la candidate de Tenkodogo qui a été obligée d’abandonner ses concurrentes après deux tours. Elle n’a pu contenir ses larmes et a éclaté en sanglots. «On a assez parlé des problèmes de vélos. A chaque fois, nous sommes invitées à des compétitions, mais ils sont incapables de nous trouver des vélos en bon état. Si l’an prochain on ne nous trouve pas des bicyclettes en bon état, je ne viendrai pas. Je ne pourrai plus supporter cette honte-là», a dit entre deux sanglots Nadine Sorgho. A ses côtés se trouvaient les candidates de Gaoua et de Banfora qui pleuraient également à chaudes larmes pour les mêmes raisons. Irma Coulibaly de la boucle du Mouhoun impute cette responsabilité à la direction provinciale : «Les problèmes de vélos relèvent de chaque direction provinciale. Il y a des dirigeants qui accompagnent chaque athlète et sa région. Il revient à la direction de trouver de bons vélos aux participantes. On ne peut pas se permettre de venir présenter des participantes avec des vélos défectueux. Si l’on doit présenter une athlète, il faut que toutes les conditions soient réunies.»

Le président de la Fédération burkinabè de cyclisme, Yasnémanégré Sawadogo, affirme être étranger au problème de vélos. Pour lui, cela relève de la responsabilité des directions régionales. «Depuis 11 ans, le GTCF organise cette compétition et demande l’appui de la Fédération. Ce sont les directions régionales qui sont invitées, mais ce sont les différents clubs dans ces régions qui préparent leurs coureuses. Je ne peux pas vous dire pourquoi il y a des régions qui ne sont pas représentées parce que moi-même je suis invité. Je discutais avec la présidente du GTCF, elle m’a fait part de leur problème de vélos. Je puis lui assurer que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd», a-t-il soutenu.

Mais toutes ces difficultés n’ont pas empêché Emilienne Sawadogo de remporter le trophée haut la main. Elle est à sa 8e participation, enregistre sa première victoire et exhorte ses «sœurs» à ne pas abandonner la compétition et à toujours se battre, quels que soient les défis auxquels elles seront confrontées.

Clarisse Sanfo, présidente du GTCF, au terme de la compétition, a demandé le concours de la Fédération burkinabè de cyclisme en matériel roulant pour que la 12e édition soit meilleure que la précédente.

 

Rabiatou Congo (Stagiaire)

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