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Affaire Karim Wade : Procès ou consultation médicale ?

Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a de quoi confondre, ces derniers temps, la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) de Dakar avec une clinique : en effet, il n’y est plus question que de diagnostic médical depuis que la Cour a refusé, le 2 septembre dernier, de renvoyer le procès de Karim Wade afin que l’un des coaccusés, Bibo Bourgi, puisse aller se soigner en France.

 

Un rejet qui «inquiète» une partie des médecins, pardon des avocats du «malade», qui estiment que leur client est aujourd’hui «un homme très diminué, très malade, qui a une infection urinaire, qui a de graves pathologies cardiaques, une infection nosocomiale contractée dans les hôpitaux sénégalais parce que, depuis deux ans, on lui refuse de se soigner en France» ; d’où celle indignation face au refus de la CREI d’autoriser le valétudinaire, dont «le pronostic vital est engagé», à aller se soigner dans l’Hexagone.

Mais du côté de l’Etat sénégalais, partie civile, on n’est pas du même avis médical, et on estime que la Cour a pris la bonne décision, car «tout ce qui a été dit est faux, du cinéma. Il [NDLR : Bibo Bourgi] n’a aucune complication cardiaque depuis une année, il n’est pas diabétique. Il n’a qu’une simple infection urinaire qu’on peut soigner à Dakar». Et ces avocats redoutent quelque manœuvre alarmiste visant une fuite du coaccusé de Karim Wade, dont l’absence risque de «plomber le dossier et de porter un coup dur à la manifestation de la vérité».

Ainsi donc, après le feuilleton pénitentiaire de Rebeuss, le mélodrame de l’intervention de papa Wade et la saga médiatique, le procès du fils de l’ex-président sénégalais est-il en train de tourner en remake du «malade imaginaire» de Molière ? Et il y a lieu de se demander aussi s’il s’agit bel et bien d’un jugement ou d’une consultation médicale. Force est de reconnaître que le procès de Karim Wade est désormais malade de cette interminable passe d’armes au sujet du bulletin de santé de Bourgi. Une maladie réelle ou imaginaire qui risque d’affecter et d’infecter encore pour longtemps le déroulement du jugement. Déjà, par solidarité avec son coaccusé «malade», Karim Wade a décidé de la fermer : «Je ne répondrai à aucune de vos questions tant que Bibo Bourgi ne sera pas soigné et en état de comparaître», s’est-il contenté de marteler, arguant qu’il ne pouvait pas se défendre en l’absence de celui «qui revendique 90% du patrimoine qu’on lui attribue». Non sans avoir crié auparavant à un procès politique : «Je suis un prisonnier politique… Le pouvoir cherche à me condamner afin de m’empêcher de me présenter à la prochaine présidentielle. Ma candidature hante le sommeil de Macky Sall.»

C’est dire toute la complexité de cette affaire qui peine à voir le bout du tunnel judiciaire depuis maintenant trop longtemps. Et bien malin est qui saura dire quand est-ce qu’on démêlera cet écheveau médico-judiciaire qui n’en finit pas de tenir le Sénégal en haleine.

Hyacinthe Sanou

 

 

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