Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

Présidentielle tunisienne : Historique, quel qu’en soit le résultat

En Tunisie, c’est hier que quelque 5 millions d’électeurs ont voté pour désigner leur nouveau président ; une journée toute particulière, car pour la première fois de leur histoire, les Tunisiens ont été appelés à élire un chef d’Etat au suffrage universel direct libre et transparent après presque 60 ans de pseudo démocratie :il y a eu d’abord l’ère du grand Bourguiba, père de l’indépendance, qui, après des décennies de pouvoir sans partage, a fini par être mis de côté pour cause de sénilité.

 

Mais celui qui s’installera au palais de Carthage, et qu’on croyait venu installer une nouvelle ère ne trouvera pas mieux que d’instaurer une véritable dictature cleptocrate qui finira de la façon la plus pitoyable ; Zine el-Abidine Ben Ali, puisque c’est de lui qu’il s’agit, sera chassé par la révolution de la dignité, une suite de manifestations et de sit-in qui en l’espace de quatre semaines pousseront le tyran et sa clique vers la sortie.

Depuis lors, la Tunisie est à la recherche de ses marques, même si tout le monde est unanime à reconnaître qu’elle a mieux résisté aux bourrasques du printemps arabe que d’autres pays comme l’Egypte et, pire, la Libye : en effet, quatre années de transition auront permis de stabiliser tant bien que mal les choses, suffisamment en tout cas pour que les Tunisiens puissent enfin refermer le chapitre de la transition.

Ils ont voté à l’occasion des législatives le 26 octobre, puis, du premier tour de la présidentielle le 23 novembre avec pas moins d’une vingtaine de candidats en lice dont Beji Caïd Essebsi a caracolé en tête avec 39, 46% des voix, talonné par le président sortant, Moncef Marzouki, crédité quant à lui de 33,43% des suffrages exprimés. La finale de cette compétition, très disputée, s’est jouée hier dimanche ; un second tour  sur lequel planaient pourtant quelques menaces et pas des moindres : en effet, depuis la Syrie, des jihadistes tunisiens du groupe Etat islamique ont appelé leurs compatriotes au boycott du scrutin et à faire le jihad dans leur pays, d’où le renforcement des mesures de sécurité.

Et si hier les résultats n’étaient pas encore tout à fait connus, au vu du parcours de sa formation, Nidaa Tounes, majoritaire au Parlement, nombreux sont ceux qui pensaient trouver dans la personne du nonagénaire Béji Caïd Essebsi le prochain président.

Mais en réalité, bien au-delà de la personnalité de chacun des deux prétendants, le destourien laïc, qui a une certaine idée de l’Etat, et le gauchiste, qui, à l’occasion, pactise avec le diable islamiste, incarnent deux conceptions de la Tunisie qui se sont affrontées dans les urnes.

Et si, comme de nombreux observateurs étaient enclins à le croire, c’est l’ancien disciple de Bourguiba qui devait l’emporter, ce serait quelque part une transition-bis, car, avec un âge aussi canonique, on voit mal comment il pourrait prétendre à un second mandat. Mais quel que soit le vainqueur, c’est la Tunisie qui devrait sortir grande gagnante de ce test électoral grandeur nature.

  1. Marie Ouédraogo
Dernière modification lelundi, 22 décembre 2014 21:18

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut