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Révision constitutionnelle : Sassou veut franchir un double obstacle

Que nous réserve le Parti congolais du travail ? C’est la grande question qui taraude les compatriotes de Denis Sassou Nguesso ces derniers jours. C’est en effet hier que le parti majoritaire a clôturé la quatrième session de son comité central dont les travaux ont démarré ce dimanche. Au moment où nous tracions ses lignes, même si les conclusions de ce conclave n’étaient pas encore connues, parmi les grandes figurait le projet de révision de la Constitution de 2002  pour permettre à l’actuel président de briguer un énième mandat en 2016. En réalité, c’est une vraie fausse question qui ne mérite pas d’être posée, dans la mesure où depuis de longs mois au Congo, comme partout ailleurs où, les monarques ont un désir irrépressible d’éternité, de nombreux gourous du régime supplient DSN de ne pas les abandonner en si bon chemin.

 

Seulement les choses ne sont plus comme avant depuis  «la belle démonstration du peuple burkinabè», (François Hollande dixit), qui à l’issue des quatre glorieuses de fin octobre a contraint Blaise Compaoré à la démission. Et depuis, dans les capitales où sévit la «tripatouillite» aigüe, les dirigeants revoient leur stratégie. C’est le cas notamment de Dénis Sassou Nguesso qui souffle le chaud et le froid. Mais en réalité l’histoire des autres n’a jamais servi à quelque chose, et tous répètent à l’envi que Brazzaville, Libreville, Kinshasa ne sont pas Ouagadougou. Exactement comme Blaise qui a passé le temps à dire que Ouagadougou n’est pas Niamey après le coup d’Etat qui a emporté l’homme du «Tazarché».

La suite on la connaît. Quand bien même les situations ne seraient pas les mêmes, ces monarques qui nous gouvernent auraient tort de négliger l’avis de tempête qui peut très vite tourner au Tsunami politique s’ils n’y prennent garde. Le cas de Denis Sassou est même plus grave, car c’est un double obstacle qu’il veut passer au risque de se casser les dents : il y a d’abord l’article 57 : «Le Président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois» ; ensuite article 58 : «Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il n’est âgé de quarante ans au moins et soixante-dix ans au plus à la date du dépôt de sa candidature.»

Comme on le voit, aujourd’hui âgé de 70 ans, le général, qui en aura 72 en 2016, ne devrait plus être autorisé à concourir à la présidentielle, même si on veut faire de petits arrangements avec l’état civil. Par prudence, Sassou devrait se garder de suivre ceux qui chantent ses louanges, mais sont prêts à s’allier s’aligner à son pire ennemi au cas où il perdrait son fauteuil. A ce sujet, l’exemple Burkina est édifiant : à peine Blaise parti que ses laudateurs s’en vont avec armes et bagages au MPP que le président déchu ne voulait pas voir même en peinture. Alors ceux dont il doit se méfier aujourd’hui ce sont ses amis politiques et des médias, qui n’ont que leur panse pour boussole et qui n’hésiteront pas à tourner casaque dès que le pouvoir changera de camp.

 

Abdou Karim Sawadogo

Dernière modification ledimanche, 04 janvier 2015 21:51

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