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Crise malienne : Tabankort, un nouveau Kidal ?

Pour commencer, cette inquiétante interrogation : Tabankort est-il devenu ce nouveau chaudron qui menace la voie, déjà tortueuse vers une solution négociée dans cette crise malienne ?

 

Il y a à peine une année, c’était Kidal « la rebelle » qui se posait en véritable casse-tête malien pour les autorités de Bamako. Aujourd’hui, il y a visiblement la question Tabankort. Jusque-là peu connue, cette bourgade, située à 200 kilomètres de Gao, est, depuis quelques jours, au cœur d’une actualité sanglante.

En effet, en l’espace de quarante-huit heures, on y a enregistré coup sur coup deux accès de violence meurtrière.

Mardi 27 janvier à Gao, une tentative de prise d’assaut du siège de la MINUSMA par la population locale a fait trois morts par balles et plusieurs blessés dans les rangs des manifestants. A l’origine de cette déflagration, la future « zone temporaire de sécurité » à Tabankort. Un projet considéré ici comme une manière pour la force onusienne d’ «affaiblir les groupes armés proches de Bamako».

Alors que les enquêtes ont à peine commencé pour situer d’où sont partis les tirs, les responsables de la force internationale ayant indiqué qu’aucun ordre n’a été donné de faire usage d’armes à feu, voilà que ça s’est embrasé de nouveau.

Hier mercredi 28 janvier 2015, entre Tabankort et Tabrichat, une position rebelle pro-MNLA a été la cible d’une attaque revendiquée par le Gatia, un mouvement armé allié aux troupes loyalistes. Alors que le Gatia fait état de huit rebelles tués, du côté des combattants de l’Azawad, il est plutôt question d’un attentat-suicide qui a fait six morts dans leurs rangs contre dix chez les assaillants dont les trois kamikazes.

Ce regain de tension va-t-il sonner l’arrêt de mort des pourparlers d’Alger entamés en juillet et dont le projet d’Accord devrait être signé cette mi-janvier ?

En tout cas, le moins qu’on puisse dire c’est que ces derniers événements viennent renforcer le climat de méfiance qui a toujours prévalu dans les négociations entre le gouvernement malien et les groupes indépendantistes.

Pourtant, que d’espoir suscité par ledit projet d’Accord qui prévoit, entre autres, au Nord la mise en place d’une Assemblée régionale élue avec un président désigné par vote en remplacement du gouverneur nommé par Bamako, la création d’instances consacrées à la promotion économique et sociale, et la rétrocession à partir de 2018   de 30% des recettes budgétaires aux collectivités territoriales.  

Certes on n’en est pas encore à un retour à la confrontation armée, mais si paix subsiste toujours, ce serait une paix très fragile. Il faut maintenant redouter que cette brèche ouverte sur la feuille de route vers un règlement pacifique de la crise ne serve de porte d’entrée aux extrémistes tapis des deux côtés des protagonistes.

Il est grand temps de travailler à circonscrire l’incendie qui commence à se propager dans la région pour que Tabankort ne devienne pas un nouveau Kidal.

 

Alain Saint Robespierre  

Dernière modification lejeudi, 29 janvier 2015 10:36

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