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Procès Karim Wade : Le doute va-t-il profiter à l’accusé ?

Le procès Karim Wade tire à sa fin, mais comme ce fut le cas tout au long du jugement, c’est une fin marquée par la polémique, puisqu’à la différence d’une audience classique, celle-ci devrait se caractériser par des plaidoiries à sens unique. C’est en tout cas le scénario qui se dessinait hier lundi devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).

 

On se souviendra en effet de l’incident d’audience qui, en janvier dernier, a provoqué l’expulsion d’un avocat de l’ancien superministre. Le défenseur a été immédiatement suivi par ses confrères en signe de solidarité.

Ils expliqueront plus tard que dans de telles conditions ils ne pouvaient pas assurer la défense de leur client. A la reprise, Karim Wade, qui dès lors refusait de rejoindre le box des accusés, y a été contraint manu militari.

Depuis lors, les avocats de la défense boudent le prétoire, tout comme leur illustre client qui n’aura fait que des apparitions épisodiques, allant même jusqu’à entamer une grève de la faim pour protester contre ce qu’il a toujours considéré comme une parodie de justice.

Restent les coaccusés, défendus par le même collectif, et qui pour la plupart n’ont pas eu d’autres choix que de comparaître dans ce procès aux allures de marathon judiciaire.

Cette audience se tient en effet depuis le 31 juillet 2014, alors que Karim Wade est incarcéré à la prison civile de Rebeuss depuis avril 2013. Il est accusé d’avoir acquis illégalement 178 millions d'euros, soit plus de 115 milliards de CFA, par le biais de montages financiers complexes au temps où il était conseiller puis ministre de son père, Abdoulaye Wade.

Une fortune colossale qui, selon l’accusation, se trouverait aujourd'hui dans des paradis fiscaux via des sociétés écran et des hommes de paille, au premier rang desquels l’homme d’affaires franco-libanais Bibo Bourgui.

Avec les multiples coups d’arrêt et rebondissements, tantôt pour l’évacuation sanitaire d’un prévenu, en l’occurrence Bibo Bourgi, tantôt pour des incidents d’audience, on aura assisté là à un véritable procès spectacle plein d’imprévus.

Paradoxalement, c’est en dehors du prétoire que la plupart des joutes auront eu lieu, avec des marches de soutien et des débats houleux.

Le dénouement approche, mais force est de reconnaître que les observateurs, de quel que bord qu’ils soient, risquent fort de rester sur leur faim, car il faut bien le reconnaître, la CREI se sera montrée incapable de progresser de manière décisive dans ce dossier aussi complexe que volumineux.

Des sommes qui donnent le tournis, et un long fleuve tortueux et tumultueux dont les nombreuses pérégrinations auraient servi la cause du prévenu s’il n’avait pas eu à supporter depuis bientôt deux ans les affres de l’incarcération à Rebeuss.

Et malgré les quelque 40 000 pages du dossier d’accusation et les mois d’audience, le doute subsistera toujours, ce qui, en bon droit, devrait profiter à l’accusé. Mais on doute fort que ce soit le cas ici, sauf ultime rebondissement spectaculaire !

Puisqu’en traînant Karim Wade devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite, Macky Sall a voulu faire un exemple. Même si au bout du compte il aura érigé une statue de martyr à l’effigie de celui qui se proclame désormais prisonnier politique.

 

Marie Ouédraogo

Dernière modification lemardi, 17 février 2015 09:44

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