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Boko Haram : Alors, vous voulez être décapité en arabe ou en français ?

Depuis qu’a sonné la mobilisation générale et l’entrée en guerre ouverte du Niger, du Tchad et du Cameroun, sans oublier les soutiens aussi bien en logistique qu’en moyens de renseignement déployés contre Boko Haram, la Nébuleuse semblait se chercher, perdant du terrain face à une armée tchadienne des plus aguerries. Gambaru, Dikwa, pour ne citer que ces deux localités reprises par les forces gouvernementales, illustrent les défaites infligées au groupe djihadiste nigérian. Semblait se chercher et semblait seulement, car contre une telle pieuvre aux multiples tentacules, il faut surtout se garder de tout triomphalisme. Mais savoir que Boko Haram commence à perdre du terrain, c’est déjà bon pour le moral.

Est-ce pour cela que, déterminée à survivre coûte que coûte dans ce milieu hostile, la pieuvre a choisi d’élargir son horizon linguistique ? En effet, à la surprise générale, la secte islamiste a fait une entrée remarquable dans la société moderne de l’information et de la communication, sans pour autant se départir de ses pratiques moyenâgeuses et barbares. Ce lundi, le groupe terroriste a publié une vidéo montrant la décapitation de deux hommes présentés comme des espions à la solde de l’ennemi. Jusque-là, rien de bien nouveau, sauf que cette fois-ci, à l’instar de l’Etat islamique, le groupe terroriste nigérian a utilisé les réseaux sociaux pour diffuser sa propagande. Effets sonores inspirés des films d’action, logo animé, la vidéo sous titrée en français, en arabe et en anglais est l’œuvre de sa toute nouvelle cellule de communication dénommée « Urwatu al-Wuqta » (littéralement « l’anse la plus solide »).

Pour les spécialistes des questions terroristes, l’explication est claire. Il s’agit, d’un côté, de parler à l’ennemi, autrement dit, la France et ses alliés de la sous-région dans la langue qu’ils pratiquent et, de l’autre, d’appâter des candidats au djihad en utilisant tantôt la langue de Shakespeare, tantôt celle de Molière parlées en Afrique de l’Ouest, du Centre et sur le vieux Continent.

Certes, comme on le dit couramment, « la fin justifie les moyens ». Mais force est de reconnaître que la démarche est plutôt étrange pour une nébuleuse dont le nom, faut-il le rappeler, signifie « l’éducation occidentale est un péché ». On se serait alors attendu à ce que leur funeste propagande soit diffusée en haoussa, à la rigueur en arabe, mais certainement pas dans ces langues des « impies » accessibles via les écoles de la république. Mais cela dit, Boko Haram n’en est pas à une contradiction près, puisque les mêmes qui professent un islam rigoriste, pour ne pas dire moyenâgeux, même s’ils ne croient ni à Dieu ni à diable, sont les mêmes qui utilisent tout l’éventail de possibilités que peuvent offrir les technologies de l’information et de la communication. Tout ça, pour servir les besoins de leurs sombres desseins. Reste à espérer que l’usage des TIC comme nouvelle arme s’avérera un couteau à double tranchant avec la traçabilité qu’offrent ces outils modernes de communication.

 Marie Ouédraogo

Dernière modification lejeudi, 05 mars 2015 10:13

Commentaires   

0 #1 BILL 05-03-2015 10:55
Je m'adresse à vous dans l'espoir d'obtenir des précisions sur une information lancée sur des sites camerounais.,Il s'agit de la capture de 70 bandits de Boko Haram par l'armée camerounaise et parmi lesquels se trouveraient 8 soldats blancs que l'on dit être français. Je ne trouve aucune trace de ce fait dans la presse tant française que burkinabé....Me rci pour votre réponse, quelle qu'elle soit.
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