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Attaque au Kenya : Somalie, la racine du mal

« Je suis Charlie » « je suis le Bardo » et depuis quelques jours « Je suis Kényan ».

 

Après les attaques de Paris et de Tunis, c’est à Garissa dans l’est du Kenya que la pieuvre terroriste a frappé jeudi dernier.

Son tentacule Shebab a frappé l’université de la ville faisant près de 150 morts et des dizaines de blessés.

Trois jours de deuil national. Ainsi en ont décidé les autorités kényanes qui, malgré le choc provoqué au sein de la population par cette affreuse tuerie, n’ont pas l’intention de se « laisser intimider par ces terroristes qui ont choisi de tuer des innocents  pour humilier le gouvernement».

Ainsi le ton est donné, et il sera belliqueux. Et dès samedi on annonçait l’interpellation de cinq suspects sérieux soupçonnés de s’être rendus complices des assaillants tandis que le présumé commanditaire Mohamed Kuno un ancien professeur en poste à Garissa était, quant à lui, activement recherché et sa tête mise à prix.

La riposte s’organise donc et Nairobi sait désormais pouvoir compter sur l’appui non négligeable d’un voisin somalien qui, malgré l’état de déliquescence de ses institutions, en appelle au renforcement de la coopération sécuritaire face au danger commun que représentent les groupes désormais affiliés à la nébuleuse al-Qaïda.

Autre soutien et pas des moindres, celui d’Israël pétri d’expérience dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, qui, par la voix de son Premier ministre, Benyamin Netanyahou s’est dit prêt à offrir toute l’aide nécessaire à ce pays devenu l’une des cibles récurrentes de l’internationale terroriste.

Il y a eu l’attaque spectaculaire du centre commercial Westgate en plein cœur de la capitale en 2013, mais bien avant cela, l’attentat contre l’ambassade américaine en 1998 revendiquée, quant à elle, par al-Qaïda et tant d’autres encore.

Il faut dire que les Shebabs ont juré de se venger de la participation des contingents kényans à la Mission de l’Union africaine engagée dans la lutte contre leurs « frères d’armes » en Somalie.

Malgré un certain nombre de succès sur le terrain, les milices demeurent une menace persistante pour la région ; elles l’ont encore démontré ce jeudi en frappant un foyer de la jeunesse kényane, le campus de Garissa.

Et c’est donc sur le modèle israélien que le parlement de Nairobi vient d’autoriser la construction d’une muraille le long de la frontière somalienne dans le but d’endiguer les attaques de plus en plus fréquentes dans le nord du pays. Voilà donc le prototype d’une fausse bonne idée.

Une véritable ligne Maginot censée protéger le Kenya de ces assaillants venus d’un pays qui d’Etat n’en a plus que le nom. Car la source du problème se trouve en Somalie voisine.

En effet, depuis le départ de Siyaad Barre au début des années 90, la nation somalienne a volé en éclats, aux prises avec une guerre civile qui n’a pas encore dit son dernier mot. Alors comment se protéger d’un tel magma incandescent ?

Certainement pas caché derrière un mur. Alors, tant que cet Etat-là restera défaillant et livré aux affres de la guerre civile et de l’anarchie, ses voisins comme le Kenya devront faire face à cette menace de plus en plus prégnante.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemardi, 07 avril 2015 08:07

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