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Mandats à durée indéterminée : Burkina, Burundi…

 

C’est une chanson ivoirienne qui résume à merveille le prix de l’entêtement. « Si tu empruntes le chemin de ‘‘je m’en fous’’, tu te retrouveras au village de ‘‘si je savais’’ ».

Kampala, où l’avion du président Pierre Nkurunziza se serait posé en provenance de Dar es-Salaam, sera-t-il le lieu d’exil de celui qui, contre vents de contestations de l’opinion nationale et marées de désapprobations de la communauté internationale, s’est obstiné à poursuivre une folle course d’obstacles vers un troisième mandat ?

 

En effet, alors que Pierre Nkurunziza se trouvait, hier mercredi 13 mai 2015 à Dar es-Salaam, en Tanzanie, pour un Sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Est sur la crise dans son pays, les événements se sont précipités à Bujumbura. Dans la matinée, alors que les opposants contre un troisième tour de piste présidentiel du professeur d’EPS étaient à nouveau dans la rue, des militaires ont encerclé la Radio télévision nationale. Puis dans une déclaration faite sur une chaîne privée, le général Godefroid Nyombaré, annonçait la déposition de l’ex-rebelle du FDD, la dissolution du gouvernement et la fermeture de l’aéroport.

La messe est-elle pour autant dite pour ce pasteur évangélique dont les ouailles politiques parlent plutôt d’une tentative avortée de coup d’Etat ?

Trop tôt pour le dire. Au moment où nous tracions les dernières lignes de cet article, les tractations se poursuivaient encore entre putschistes, qui ont annoncé la destitution du chef de l’Etat burundais, et des militaires restés fidèles au pouvoir.

Voilà donc l’avenir politique du Burundi suspendu aux discussions entre les hommes du général Nyombaré, ex-patron des services de Renseignements, limogé en février pour avoir critiqué les velléités monarchiques de son ancien compagnon d’armes, et les officiers loyalistes d’un régime désormais aux abois.

De quoi vont accoucher ces conciliabules menés le doigt sur la gâchette ?

Va-t-on évoluer vers une transition militaire avec ce que cela comporte comme dangers dans une armée qui quoique équilibrée entre Hutus et Tutsis, n’est pas pour autant à l’abri des démons des clivages ethniques ?  

S’acheminera-t-on vers une solution constitutionnelle avec une présidence intérimaire aux mains d’un président de l’Assemblée nationale après constat de la vacance de pouvoir ?  

Difficile de lire dans cette mare à café. Mais une chose est sûre : sauf retournement spectaculaire de situation, la page de Nkurunziza est définitivement tournée.

C’est que plus que la carrière, c’est la vie tout court des militaires insurgés qui est ici en jeu. Bénéficiant d’une relative faveur du rapport de forces, les croquants vont-ils se laisser aller à un compromis suicidaire comme la remise en selle d’un vindicatif potentat contraint de mettre genou à terre ? Ils n’ont d’autre choix que de mener à terme une œuvre, disons-le courageusement, salvatrice. N’en déplaise à tous ceux qui, par hypocrisie ou par solidarité entre tripatouilleurs de Constitutions, condamnent la récente évolution intervenue dans la crise burundaise.

Certes en démocratie, la vraie, le principe sacro-saint du mode de dévolution du pouvoir reste le vote.

Mais quand des chefs d’Etat rusent d’artifices politico-judiciaires, usent et abusent de la répression sanglante pour s’assurer un règne ad vitam aeternam, la rue ou l’armée, même la plus républicaine, finissent par siffler la fin d’une telle répugnante mascarade. Et l’histoire récente vient de le prouver de manière édifiante.

Ce fut le cas au Burkina au Faso avec l’ex-président Blaise Compaoré. Le prix de son obstination pour un cinquième mandat a été ce mouvement insurrectionnel des 30 et 31 octobre 2014 qui a subitement mis fin à son régime de 27 ans.

Au Burundi, pour avoir été aveugle aux signaux d’alerte, pour avoir été sourd aux appels l’invitant à éviter la compétition de trop, pour avoir refusé de tirer leçons du sort qui est aujourd’hui celui son ancien homologue burkinabé, Nkurunziza, l’infatigable athlète de course d’obstacles, a fini lui aussi par être rattrapé par ses propres turpitudes.

Après B comme le Burkina, et B comme le Burundi, deux pays qui se suivent dans l’ordre alphabétique, à quel Etat le tour de connaître les affres dues à l’appétence maladive de nos dirigeants pour le pouvoir ?

Le C… sera-t-il le prochain sur la liste ?

Alain Saint Robespierre              

 

Dernière modification ledimanche, 17 mai 2015 12:42

Commentaires   

0 #3 Bellefamille 14-05-2015 14:25
On a l'impression qu'en Afrique le pouvoir a une malédiction qui empêche les tyrans de voir la réalité. Il y a pas longtemps Blaise qui disait à Tandja qu'il fonçait droit dans le mur a fini lui aussi droit dans le mur mais cela n'a pas permis à N'Kourouziza de voir le mur et il fonça lui aussi. Même ceux qui sont sur la liste d'attente ne peuvent pas voir le mur, ils y fonceront tous. ce qui est dommage c'est le prix que nous devons payer.
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0 #2 Mafoi 14-05-2015 11:56
J'approuve ce genre de coup d'état en Afrique mais quand il faut y aller,le travail doit être vite fait et bien fait afin d'éviter trop de massacres.C'est bien ce genre de bouleversements en Afrique et c'est ce que les physiciens appellent le phénomène de la dynamique ou le chaos déterministe et à la fin le système y gagne.Nous avions donné l'exemple récemment en expédiant le voyou chez ses beaux parents en Cote d'Ivoire.Aujour d'hui c'est l'autre B,le Burundi et vivement que ce coup d'état réussisse,ce qui fera réfléchir la longue liste des tyrans africains(bongo fils,eyadema fils,kabila fils,paul biya,sassou nguesso,teodoro obiang etc etc etc)
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+1 #1 neilson 14-05-2015 09:07
Fasse que Dieu te "lise" Saint Robespièrre, si vraiment après le "B", le tour des "C" pouvait arriver, peu importe l'ordre, que ça commence par le pays de Lumumba, où de Fulbert Youlou! Inutile d'emprisonner les activistes de la société civile, les mêmes causes produiront tôt ou tard les mêmes effets!
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