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Alpha Condé/Cellou Dalein Diallo : Que peuvent-ils bien encore se dire ?

Ce nouveau rendez-vous sera-t-il le bon, celui qui restera dans l’histoire ? C’est l’une des questions que l’on ne pouvait s’empêcher de poser encore hier ; car c’est en principe aujourd’hui que le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, et son principal opposant, Cellou Dalein Diallo, doivent renouer le fil, longtemps coupé, du dialogue pour, on l’espère, parvenir à désamorcer la nouvelle crise qui se profile à l’horizon.

 

Et le pari est loin d’être gagné quand on sait que la précédente « main tendue », prévue pour se tenir le 8 mai dernier, n’avait pas trouvé preneur suite aux violentes manifestations qui, la veille encore, opposaient la foule des contestataires aux forces de l’ordre. Un climat tendu qui avait poussé le candidat malheureux à la présidentielle 2010 à décliner l’invitation de son adversaire.

Aujourd’hui, si un calme relatif semble revenu dans les rues guinéennes, au sein des états-majors politiques par contre, c’est toujours l’effervescence, car sous cette mer d’huile, les positions, elles, n’ont pas bougé, les deux camps antagoniques se regardant en chiens de faïence. A l’origine de cette nouvelle poussée de fièvre politique, le calendrier électoral, qui prévoit l’organisation de la présidentielle en octobre 2015 et les locales au premier trimestre 2016. Une chronologie que rejette l’opposition, convaincue que derrière un tel ordonnancement des scrutins se cachent des visées électoralistes : primo, les élus locaux, dont le mandat officiel a pris fin en 2010, sont, depuis, sous le contrôle du pouvoir, lequel les mettra à contribution pour un second mandat d’Alpha Condé ;

secundo, avec un tel calendrier, le RPG compte, en cas de victoire en octobre, bénéficier de ce qu’on appelle la prime du vainqueur lors des municipales de 2016.

De surcroît la CENI estime qu’il est impossible de tenir les locales avant mars 2016. Et le nouveau code électoral exclut toute participation des maires au processus.

Et ce n’est pas tout. Car entre le président et ses opposants, les pommes de discorde sont nombreuses. En cause, de nombreux aspects du processus, comme le fichier et le découpage électoraux, la composition et le fonctionnement de la CENI et de la Cour constitutionnelle, les conditions du vote de la diaspora, la neutralité des préfets et des gouverneurs, etc.

Et comme si cette pléthore de pierres d’achoppement ne suffisait pas, les positions entre les deux parties restent tellement tranchées qu’on se demande ce que Condé et Dalein Diallo pourraient bien se dire, quand on sait que, pour le premier, tout est négociable sauf le calendrier qui, pourtant, cristallise l’hostilité et la défiance de son opposition.

En effet, que pourraient-ils se dire quand derrière chacun des protagonistes de ce dialogue de sourds se profile tout un écheveau de calculs politiciens ? Le camp présidentiel pense sans doute, en s’adjugeant le fauteuil, surfer sur la vague qui lui permettra de remporter au passage les communales. A l’opposé, les adversaires du professeur comptent peut-être sur le tremplin que représenterait un scrutin de proximité avant de se lancer à l’assaut de Sékhoutoureya. Les calculs vont donc bon train… et voici la Guinée qui renoue peu à peu avec ses vieux démons de la crise électorale.

 

Hermione Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 20 mai 2015 08:16

Commentaires   

0 #1 Megd 20-05-2015 07:29
A mon avis, rien ne sortira de leur rencontre car chacun reste cantonné sur sa décision. C'est quand même fou de constater qu'un président élu depuis longtemps n'arrive pas à mettre en place toutes les institutions du pays. Pourquoi il traîne tant les pieds? Qu'en pense la Cedeao ou l'UA? Il y a quelle différence dans la répression des manifestations entre Bujumbura et Conakry? Aucune, car les forces de l'ordre tirent à balles réelles. Mais que dit Paris surtout les socialistes puisque c'est leur ami Alpha Condé?
Il faut que l'Afrique arrive à se débarrasser de sa vieille classe dirigeante. Tant que ces potentats seront toujours en place, la jeunesse se mourra et nos richesses seront largement exploitées.
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