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Affaire El Béchir en Afrique du Sud : La raison d’Etat est toujours la meilleure

Partira, partira pas ? C’était la question que nombre d’observateurs du sommet de l’Union africaine (UA) à Johannesburg se posaient toujours hier lundi dans la matinée. Mais la réponse n’a pas tardé à venir puisqu’aux environs de midi (heure locale), le président soudanais, Omar el Béchir, a fendu les airs à bord de son avion présidentiel à partir d’un aéroport militaire de Johannesburg. Et ce, sans attendre la décision du tribunal de Pretoria concernant son arrestation et son transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI).

 

En effet, sur demande d’une ONG sud-africaine, les autorités judiciaires devaient statuer sur la requête de la CPI portant sur l’extradition de l’homme fort de Khartoum, wanted, comme on le sait, depuis 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et depuis 2010 pour génocide.

Cette affaire el-Béchir, sans pour autant être inscrite à l’ordre du jour du sommet, a éclipsé les questions retenues au menu des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA. Mais comme nous l’avions écrit dans notre éditorial du lundi 15 juin portant sur le sujet, de Johannesburg à la Haye, il y a loin pour dire ainsi que le chef d’Etat soudanais n’avait pas grand-chose à craindre, car la plupart de ses pairs africains ont depuis longtemps exprimé leur refus de coopérer avec cette juridiction internationale qu’ils accusent de n’avoir affaire qu’aux Africains. C’est là un paradoxe bien africain, car les pays du continent noir sont des Etats parties au Traité de Rome et les premiers à se soumettre aux textes qu’ils ont ratifiés parfois devant les caméras du monde entier.

Si le «boucher du Darfour» sort finalement victorieux de ce bras de fer avec l’ONG et par la petite porte, par contre l’image de l’Afrique du Sud, le pays de Nelson Mandela, sort entaché. En refusant d’accéder à la requête de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, les autorités de la Nation-arc-en-ciel ont violé leur propre constitution et par conséquent méritent le bonnet d’âne pour certains.

Mais il faut le reconnaître, c’est à véritable dilemme que Jacob Zuma et son gouvernement ont été confrontés : fallait-il sacrifier au droit stricto sensu quitte à se mettre à dos tous les chefs d’Etat présents au sommet ou faire prévaloir la raison d’Etat ? Ce qui vient de se passer en Afrique du Sud pose un autre grand problème : celui de nos chefs d’Etat prompts à signer les traités et autres conventions internationales mais qui rechignent à les appliquer. Et si on est en mesure de violer un texte supranational, lequel se situe au sommet de la hiérarchie des lois, ce n’est pas une loi nationale, soit-elle la constitution, qu’on ne bafouerait pas.

 

Adama Ouédraogo

Damiss

Dernière modification lemardi, 16 juin 2015 08:20

Commentaires   

0 #1 Megd 16-06-2015 08:24
Je ne cautionne pas ce président Soudanais, mais la méthode de la CPI doit être dénoncée. C'était pendant un sommet officiel et donc la loi sud-africaine ne primait pas. Dans la même veine, c'est comme pendant l'Assemblée générale des Etats à l'ONU, bien que cela se tienne sur le sol américain, certains présidents hostiles aux USA, s'y rendent sans être inquiétés par la justice américaine.

Le reproche fait au président soudanais, pourquoi n'est-il pas appliqué à Israël?

Est-ce que dans une guerre, les droits de l'homme existent? Combien de morts, les bombardements américains ont-ils occasionné en Afghanistan, en Irak et en Syrie?

Pourquoi la CPI ne poursuit-elle pas la Belgique dans ce qui s'est passée au Rwanda?

Bensouda, la patronne de la CPI est originaire de la Gambie et elle a été ministre de la justice de ce pays. Pourquoi ne lance-t-elle jamais un mandat contre son président Yayah Jammeh?
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