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Mutineries en Côte d’Ivoire : La voix d’ADO aura-t-elle été entendue ?

Il est des aventures qu’il vaut mieux ne pas entamer. Quand le 19 septembre 2002 Guillaume Soro, soutenu financièrement et militairement par qui on sait, lançait sa rébellion, il était bien loin d’imaginer que 15 ans après lui et les siens seraient rattrapés par leurs propres turpitudes.

 

Certes, leur but qui était de chasser Laurent Gbagbo du pouvoir a été atteint. Mais voilà que les nouveaux maîtres du pays se trouvent confrontés à ce qui, bien que n’étant pas ou du moins pas encore une rébellion, leur donne des insomnies.

En début d’année, une série de mutineries perlées avait déjà secoué la Côte d’Ivoire, obligeant les autorités à opérer une valses des bérets et surtout à promettre aux quelque 8400 mutins une prime de 12 millions de francs CFA chacun dont une partie, soit 5 millions, leur sera effectivement versée. Depuis, plus rien.

L’Etat, prétextant les difficultés économiques du moment, avait proposé une autre formule faite de promotions répétées, formations professionnelle et acquisition d’équipement, ce dont les insurgés ne veulent pas entendre parler. C’est donc le reliquat de la cagnotte promise qui est l’objet de cette nouvelle poussée de fièvre kaki qui dure depuis maintenant cinq jours.

Comme c’est souvent le cas, c’est parti de Bouaké et tel un cancer, la contestation a gagné d’autres localités et casernes à travers le pays, car après la deuxième ville, c’est Daloa, San Pedro, Gagnoa, Korhogo et Ferkessédougou, le fief de Guillaume Soro, et même la capitale économique, Abidjan, avec le camp d’Acuedo. Partout les mêmes scènes : des soldats paradant l’arme au poing et tirant des rafales en l’air, paralysant l’activité économique.

On se croirait plongé dans l’intrigue d’un western en pleine savane arborée où des desperados s’étripent pour le partage du butin. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans cette affaire. Ainsi, pendant que le gros de la troupe qui a été reversé dans l’armée régulière se contente de manger de la vache enragée, leurs chefs civils ont cueilli le pouvoir pour la conquête duquel tous s’étaient battus, l’avoir en sus.

Et tandis que les sous-offs bénéficiaient de promotions TGV comme les lieutenants- colonels Cherif Ousmame, Koné Issiaka et Wattao qui se sont retrouvés propulsés à la tête d’unités d’élite, roulant carrosse et menant grand train à Abidjan, les autres, quant à eux, ont continué à manger leur «garba», vivant de découverts. Tout cela cristallise une colère qui se manifeste de manière sporadique.

Et le plus grave, c’est que jusqu’à hier le chef suprême des armées, qui avait pourtant appelé à la plus grande fermeté, semblait prêcher dans le désert. On craignait alors un affrontement direct entre loyalistes et mutins au détriment de la stabilité du pays et de ses voisins de la sous-région.

A en croire les dernières nouvelles venues d’Abidjan, les autorités ivoiriennes et leurs interlocuteurs du moment auraient trouvé un nouveau terrain d’entente, éloignant le spectre d’une nouvelle convulsion au grand soulagement des Ivoiriens et de leurs voisins qui, décidemment, n’ont pas besoin d’une nouvelle crise alors que la première est loin d’avoir fini de solder ses comptes. Croisons les doigts.

 

H. Marie Ouédraogo

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