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Ramadan 2014 : L’imam Sana ou la pédagogie de l’horreur

 

 

Comme à chaque grande prière de fin de Ramadan ou de l’Aïd el-Kébir (Tabaski), on attendait toujours d’entendre ce que le grand Imam va bien pouvoir dire en rapport avec la situation nationale. Si la teneur spirituelle est toujours dense, la plupart du temps, ce sont souvent des propos convenus et des bénédictions urbi et orbi, pardon au pouvoir et à la nation, qui ont parfois le don d’agacer certains fidèles, car, bon an mal an, les gouvernants, la patrie et les hommes intègres dans tout leur ensemble auront leur lot de baraka.

 

Certains ont beau expliquer qu’ont bénit nos dirigeants pour que la sagesse les inspire dans la conduite des hommes, d’autres y voient une espèce d’allégeance qui ne dit pas son nom.

 

 

Mais pour ce Ramadan 2014, on a assisté de la part du grand imam de Ouagadougou, Aboubacar Sana, à un message d’une toute autre nature. A situation exceptionnelle, prêche exceptionnel. Et pour cause. En effet,  à l’occasion de la prière de l’Aïd el-Fitr, le lundi 28 juillet 2014 à la place de la Nation, le chef spirituel y est allé de sa prédication, conforme à l’air du temps politique, et franco : «J’ai vu le président du Faso, le président de l’Assemblée nationale et certains de nos ministres visiter au Rwanda la maison où sont entreposés les crânes des victimes du génocide. Je les exhorte à faire en sorte que des gens ne viennent pas visiter une telle maison au Burkina… Evitez-nous un Rwanda ou une Centrafrique…Ayez la crainte de Dieu.» Amyn !!!

 

On connaît le contexte dans lequel cette prière est intervenue : une crise larvée avec pour origine le projet du CDP de faire sauter le verrou constitutionnel qui empêche Blaise Compaoré de briguer un autre mandat au terme de l’échéance de 2015.

 

Qu’une autorité morale et spirituelle s’en émeuve et sonne le tocsin, quoi de plus normal, dans la mesure où c’est souvent aux leaders religieux que les hommes politiques ont recours pour éteindre l’incendie social.

 

Mais si les propos d’Aboubacar Sana sont d’abord adressés aux gouvernants burkinabè parce qu’après tout, ce sont eux qui ont le pouvoir d’Etat et donc le destin de 16 millions d’âmes, l’opposition , la société civile, la presse auraient tort de rire sous cape, en croyant ne pas être concernées par cette pédagogie de l’horreur.

 

Autant la guerre se fait à deux ou à plusieurs, autant la paix a besoin de plusieurs mains pour se façonner et se consolider. La preuve, l’exemple rwandais, que l’Imam a pris, a opposé de la façon la plus tragique deux camps.

 

Si l’imam est allé jusqu’à faire allusion à l’une des pires abominations du XXe siècle pour prévenir toute menace à la paix,  c’est que la situation est critique. Et les différentes parties prenantes, qu’elles aient déjà effectué le pèlerinage au musée de l’horreur rwandais ou pas, doivent se fixer des lignes rouge-sang à ne pas franchir.

 

Même si on le répète, c’est d’abord à ceux qui nous gouvernent de savoir raison garder. Faut-il leur rappeler le proverbe cher à l’ambassadeur français au Burkina, Gilles Thibault, «an tara panga, en tar sougri»?(1)

 

Hyacinthe Sanou

 

 

 

(1) Celui qui est fort doit avoir l’initiative du dialogue et du compromis en français

 

 

 

Dernière modification lemercredi, 30 juillet 2014 21:57

Commentaires   

0 #6 Tindaogo 01-08-2014 19:01
Bien avant cette sortie de la communauté musulmane nous savions bien que le grand Imam pour qui le connait mérite respect et considération
Mais le moment n'était venu pour qu'il s'exprime. Là il a exprimé les vœux et les ambitions d'une communauté, d'un peuple, d'une nation avec clairvoyance. Je souhaite longue vie et meilleur santé au grand Imam.
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0 #5 Tôgs-sida 30-07-2014 18:11
Enfin une voix de la communauté musulmane qui crache la vérité au pouvoir,il y a si longtemps que nous attendions cette prise de conscience.L'es sentiel c'est que l'alerte soit donnée.Nous attendons des autres communautés religieuses qu'elles brisent le silence,et ......ne se contente pas d'inviter à la prière après l'horreur et l'irréparable!
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+1 #4 BORONGA 30-07-2014 12:28
Enfin la communauté musulmane commence à réaliser la gravité de la situation Merci Imam SANA pour avoir eu ce courage d'avertir Au moins l'histoire ne vous condamnera pas de n'avoir rien fait
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+1 #3 neilson 30-07-2014 09:48
Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des 116 victimes du crash du vol AH 5017, reposent en paix !
Imam Sana, “ wend na ki ti’b wûmê, la’b tûû” (fasse Dieu qu’ils entendent votre prêche et qu’ils reviennent à la raison). Ne changez pas Iman Sana, dites toujours la vérité même si cela va frustrer ou blesser certains de vos coreligionnaire s ou ceux d’autres religions ! L’intérêt supérieur du Burkina Faso vous le recommande en tant que guide spirituel. Puisse Allah Le Miséricordieux vous accorder toujours la santé et ce courage !
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+2 #2 Koumbem Tipousga 30-07-2014 08:13
Bonjour à tous. Merci à l'Obs pour efforts faits dans l'information du public. Je voudrais revenir sur la traduction faite sur le proverbe en Mooré. Sans défendre la traduction litterale, je pense que le procédé de traduction utilisé qui est l'étoffement et la transposition ne sied pas. Il faut dire les choses comme c'est véhiculé. Sin tara pangan, n tar sugri. Littéralement: Celui qui a la force, est celui qui a le pardon. Ya sin tara pangan, n toguin tal sugr. C'est celui qui a la force qui doit avoir/ou initier si vous voulez le pardon. Mais le mot compromis que le connais pas en Mooré n'apparait pas.

Juste pour apporter une vue qui n'est pas forcement partager car dans la langue, on parle d'idiolecte, de dialecte ou de régiolecte. Pour dire que la langue est variable en fonction de la personne, de la région ou du groupe.

Merci à l'Imam Sana. Sans faire de a divination, je pense que bien qu'un conflit oppose deux parties, il y a toujours une partie qui a tort; et cette partie c'est le pouvoir.
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+1 #1 Moumouni 30-07-2014 07:50
Imam, qu’Allah te donne longue vie et bénisse ta famille et toi et le peuple burkinabè.nous voulons la paix rien que la paix et la religion appartient a tout le monde opposition ou majorité.faison s de telle sorte que chaque année nous prions dans les places publics sans craindre qui ou quoi que ce sois.Qu’Allah inonde le Burkina Faso de sa miséricorde et de sa clémence intarissable.AM IIIIINA.
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