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AQMI – Mauritanie : Escalade ou simple baroud d’honneur ? Spécial

On l’avait subodoré, ils l’ont fait : des combattants d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont attaqué, mardi 5 juillet, une base militaire mauritanienne au sud-est du pays avant de replier vers le Mali, pourchassés qu’ils étaient par les forces mauritaniennes qui, visiblement, s’attendaient à l’offensive des barbus d’Allah.

 

Côté bilan, comme cela est de bonne guerre, les communiqués diffusés par les deux camps divergent : du côté d’Aqmi, on parle volontiers de cuisante défaite infligée à l’armée mauritanienne, avec à la clé «19 militaires tués», des dizaines de soldats  blessés, sans oublier un trésor de guerre qui se chiffre à «cinq véhicules en bon état» ; l’armée mauritanienne, elle, fait état de 12 combattants tués dans le camp des assaillants d’Aqmi.

Au-delà de cette guerre de communiqués, on retiendra que l’offensive des fous d’Allah était quasiment prévisible. Elle arrive en représailles à l’attaque menée par l’armée mauritanienne, le 24 juin 2011, contre le camp de Wagadou dans l’ouest-malien et qui avait causé la mort d’une quinzaine de combattants d’Al Qaïda.

Cette offensive de la branche maghrébine de la nébuleuse islamique pose cependant une question d’importance : serait-elle le fruit d’un simple désir de vengeance passagère ou doit-on la prendre comme le début d’une escalade annonçant la survenue de futurs combats féroces ?

On se trouve dans l’obligation de faire un bien amer constat : des pays se trouvant géographiquement à l’intérieur de la bande sahélo-saharienne, où sévissent sans rémission les barbus d’AQMI, la position attentiste du Mali détonne et dérange : bien que se trouvant au cœur de la zone d'activités de la nébuleuse, ce pays ne donne pas l’impression de faire tout ce qui devrait l’être en vue de l’éradication de ces dangereux pirates du désert. Pourquoi ? Incapacité militaire ou simple manque de conviction ?

Prêter son territoire pour que d’autres Etats pourchassent les barbus est déjà généreux, il faut le concéder, mais ce ne sera pas vraiment suffisant.

Il y a alors lieu de saluer la position de la Mauritanie qui, résolument, a décidé de se mettre en première ligne dans la guerre sans merci qui oppose les pays de la bande sus-mentionnée à la pieuvre d’AQMI. Ce pays semble avoir opté de rendre coup pour coup. C’est bien la raison pour laquelle ce combat qu’il mène, tous les Etats de la zone devront se l’approprier ; car il serait illusoire de penser qu’un seul Etat sera en mesure de mener à bien la tâche d’éradication d’une pieuvre aussi dangereuse qu'AQMI, qui se terre dans les sables du désert, frappe fort et à l’improviste, où et quand elle veut.

Cette lutte sans merci sera collective ou ne sera pas.

Tout comme les Occidentaux seraient bien inspirés, eux aussi, de s’y impliquer et de manière plus concrète que ce qu’ils ont, jusqu’à présent, donné de voir. De tous les pays géographiquement à l’intérieur de la zone de mire d'AQMI, seule l’Algérie peut affirmer qu’il a les moyens de sa politique. Les autres, indigents, ont déjà fort à faire avec les innombrables problèmes internes liés à leur statut de pauvres  de surcroît très endettés. A supposer que les Occidentaux se sentent interpellés, le secours qu’ils pourraient apporter en logistique, en renseignements ainsi qu’en armement serait sans doute déterminant dans la lutte contre cette pieuvre du désert aux tentacules nombreux autant que mortels ; car, après tout, ils sont nombreux, les ressortissants occidentaux, américains, français, anglais, italiens qui ont connu les affres de la captivité dans quelque repaire secret situé en plein Ténéré. Certains d’entre eux ont même été froidement exécutés, d’autres sont, à ce jour retenus prisonniers de gardiens fanatiques qui ne désespèrent pas d’en tirer un jour de substantielles rançons qu’ils s’empresseront de convertir en armes, histoire de mener plus sereinement leur brigandage malsain, qui vise à  mettre toute la région en coupe réglée.

On le voit, la lutte contre AQMI dans cette partie de l’ouest-africain nécessite coordination et synergie d’actions. Reste à savoir si les Etats concernés l’entendront de la bonne oreille. Et pourtant, c’est bien leur intérêt qu’on la débusque, cette nébuleuse, pour la combatte jusque dans ses derniers retranchements. Sinon, le jour vient, et peut-être est-il plus proche qu’on n’ose le croire,  où, dans cette partie du continent noir, il serait quasiment impossible de mettre le nez dehors sans se faire menacer de quelque baïonnette tenue par un barbu à la solde d’Al Qaïda. Et lesdits barbus ne feraient pas vraiment de différence de traitements entre Noirs et Blancs, Africains et Occidentaux, ou entre autochtones et étrangers.

 

Jean Claude Kongo

Dernière modification lemercredi, 06 juillet 2011 22:08

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